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Le président malgache annonce la découverte d'un remède traditionnel contre le coronavirus

Le président malgache Andry Rajoelina à Antananarivo, Madagascar, le 3 novembre 2018. (Photo: REUTERS/Malin Palm)

Le président de Madagascar Andry Rajoelina a annoncé dimanche que la Grande île a trouvé un remède contre le coronavirus à base de plantes médicinales.

Dénommé « Covid-Organics », il s’agit d’un « remède traditionnel amélioré à la fois préventif et curatif », lit-on sur le compte Twitter du chef de l’État malgache.

Le président malgache avait fait allusion à ce remède pour la première fois par tweet le 8 avril, sans donner de détails.

Selon le président Rajoelina, les recherches sont menées par des scientifiques de l'Institut malgache de recherches appliquées (IMRA), un centre de recherche médicale et pharmaceutique fondé en 1957 à Antananarivo.

« Les résultats des premiers essais cliniques du Covid-Organics sur des patients sont encourageants. Les essais thérapeutiques se poursuivront la semaine du 20 avril », précise le président Rajoelina.

Selon le président, le remède est composé d’Artemisia et d’autres plantes médicinales.

« Il existe environ 400 espèces de cette plante dans la nature en Afrique et en Asie. Certaines de ces espèces sont comestibles, d'autres sont toxiques et d'autres encore sont utilisées comme médicaments pour combattre le paludisme », souligne le Dr Yanga Dijiba, expert en industrie pharmaceutique et ancien chef de service à United States Pharmacopeia, un institut de référence basé aux Etats-Unis.

En 2015 la chercheuse chinoise Tu Youyou avait obtenu le Prix Nobel de médecine pour ses travaux sur l’usage des extraits de l’Artemisia dans la thérapie contre le paludisme.

« L’IMRA a une notoriété internationale reconnue pour avoir produit des médicaments ayant des références internationales comme le Madeglucyl pour traiter le diabète ou le Madecassol. Le Covid-Organics est donc un médicament produit dans les normes scientifiques et médicales requises », souligne le quotidien L'Express de Madagascar.

« Des négociations sont actuellement en cours en vue de réaliser des essais cliniques sur le plan international. Il convient de noter que pour le moment, le 'Covid Organics' est présenté dans une bouteille, en solution buvable », précise le journal Midi Madagasikara.

Levée progressive du confinement

Le président malgache a également annoncé une série de mesures visant à lever progressivement le confinement qui étrangle l’activité économique.

Ainsi, les écoles rouvriront à partir du 22 avril, avec port de masque obligatoire.

Le secteur informel, grâce auquel des millions de personnes survivent, bénéficie également de mesures d'assouplissement progressif. Les activités économiques reprennent le 22 avril, avec injonction de suivre les mesures d’hygiène et de distanciation sociale.

Les transports publics sont autorisés à condition que les taxis ne transportent pas plus de 3 passagers, 18 pour les bus.

Madagascar compte à ce jour 121 cas confirmés de coronavirus. Aucun décès lié à la maladie n’a été enregistré dans l’île.

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La capitale malgache Antananarivo sous confinement à nouveau

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Le confinement de retour dans la capitale malgache

Le président malgache Andry Rajoelina à Antananarivo, Madagascar, le 7 novembre 2018. (Photo REUTERS/Malin Palm)

Deux mois après son déconfinement, Antananarivo, la capitale de Madagascar a été de nouveau placée en confinement en raison d'un regain de propagation du coronavirus, a annoncé dimanche la présidence malgache.

"La région d'Analamanga (dont fait partie la capitale) retourne au confinement total" a indiqué un communiqué de la présidence de la République malgache au lendemain du conseil des ministres.

Ces mesures ont été prises "pour cause de propagation de l'épidémie et l'accroissement des cas de Covid-19" explique le communiqué.

"La région d'Analamanga est fermée à toute circulation, l'entrée comme la sortie, à partir de lundi jusqu'au 20 juillet".

"Seule une personne par foyer a le droit de sortir dans la rue de 6h00 du matin à 12h00", contre 17h00 auparavant, ajoute le texte.

Habitué à recenser des dizaines de cas de coronavirus par jour, l'autorité sanitaire malgache a rapporté des centaines de cas au quotidien depuis trois jours, dont 216 pour samedi, un record pour le pays.

Les 216 cas de coronavirus de samedi ont été recensés sur 675 personnes testées.

De nouveaux dispositifs de restriction de circulation ont été instaurés au ministère de l'Économie et des finances où aucun usager extérieur ne sera autorisé à entrer et à circuler pour une durée indéterminée.

Le retour à la normale des activités du tribunal d'Antananarivo a été reporté sine die, selon un communiqué du ministère de la Justice.

Les réunions du gouvernement se font par visioconférence, selon le communiqué de la présidence.

Dans la capitale, les habituels défilés nuptiaux du weekend ont fait place à des cortèges mortuaires et dans les journaux, les rubriques nécrologiques multiplient les annonces de décès de personnalités de toutes catégories.

Sur les réseaux sociaux, des médecins ont exprimé leur solidarité pour des collègues décédés et l'Organisation mondiale de la santé (OMS) à Madagascar a déploré la perte d'un de ses médecins.

Parmi les 23.000 personnes testées depuis le début de l'épidémie, Madagascar a enregistré 2.728 cas confirmés de coronavirus dont 29 morts et 1.078 rétablissements.

Madagascar fête les 60 ans de son indépendance en grande pompe

Le président Andry Rajoelina à Analakely, à Madagascar, le 8 janvier 2019.

Des militaires en tenue d'apparat, une belle Américaine décapotée mais pas de public... Le président malgache Andry Rajoelina a célébré vendredi le 60e anniversaire de l'indépendance de son pays en grande pompe et à huis clos, pandémie oblige.

Pendant deux heures, plus de 3.000 soldats, policiers et gendarmes ont défilé dans les rues du centre de la capitale Antananarivo devant M. Rajoelina et quelque 200 privilégiés, ministres, diplomates ou chefs traditionnels.

En tenue blanche d'inspiration très... coloniale, le chef de l'Etat a bouleversé les habitudes en passant ses troupes en revue, non pas à bord d'un véhicule militaire mais de la voiture officielle du premier président de la Grande Ile, un rutilant cabriolet Cadillac des années 1960.

Après la parade militaire, des jeunes ont reconstitué l'histoire de la colonisation française de 1896 à 1960.

"Le feu du patriotisme en chacun de nous donne de la chaleur à tous les Malgaches", s'est amusé Andry Rajoelina en référence au froid - tout relatif - qui enveloppait "Tana" en ce début d'hiver austral.

Dans son discours, il a appelé ses compatriotes à l'union "pour donner un réel développement à notre chère patrie" qui, avec neuf habitants sur dix vivant avec moins de 2 dollars par jour, reste l'un des plus pauvres de la planète.

"On va vaincre la division, les épidémies et surtout la pauvreté", a insisté le chef de l'Etat, promoteur d'une tisane controversée contre le Covid-19 dont aucune étude n'a confirmé les prétendues vertus thérapeutiques.

Son appel à l'union n'a pas été entendu par ses deux prédécesseurs, Marc Ravalomanana (2002-2009) et Hery Rajaonarimampianina (2014-2018), qui ont boudé les cérémonies.

Interdits de rassemblement, les habitants du centre de la capitale, dûment vidée de ses milliers de vendeurs informels, ont dû se contenter de suivre le défilé à la télévision et... par intermittence, en raison de nombreuses coupures de retransmission.

Minute Eco: vente bientôt des GasyCar, des voitures Made in Madagascar

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A Tana, cet étrange "Colisée" qui ne passe pas chez les Malgaches

Un ouvrier travaille sur le chantier de construction d'une «arène» en béton sur le site historique du Palais de la Reine (Rova de Manjakamiadana) à Antananarivo, Madagascar, le 22 mai 2020.

Il a poussé à l'ombre du palais d'une reine, sur la piscine sacrée d'un roi, au sommet de la plus haute colline d'Antananarivo. Dédié à l'histoire de Madagascar, le "Colisée" du président Andry Rajoelina sème la discorde.

Lorsque ce projet d'arène en béton largement inspirée de la Rome antique a été dévoilé il y a plus d'un an, personne n'y a vraiment prêté attention.

Il s'agissait alors, en vue du 60e anniversaire de l'indépendance de l'ex-colonie française cette année, de bâtir une enceinte destinée à "accueillir un spectacle pour traiter l'histoire de notre pays de manière éducative, populaire et culturelle", selon la ministre de la Culture, Lalatiana Rakotondrazafy.

Mais au fur et à mesure qu'il sortait de terre, ce bâtiment nommé "Masoandro" - soleil en malgache - a fait froncer de nombreux sourcils. Et à la veille des célébrations du 26 juin, il est devenu l'objet de toutes les critiques.

A commencer par celles des descendants des souverains malgaches qui ont trôné sur le site historique du palais de la reine de Manjakamiadana, du XVIIe siècle jusqu'à l'annexion de la Grande île en 1896.

"On pensait qu'il ne s'agirait que de simples décorations accessoires", note Christian Raoelina, un des petits-fils du frère de la reine Ranavalona III.

"Notre étonnement en voyant la hauteur de la construction n'en a été que plus grand", ajoute-t-il, "on n'avait pas compris que ces travaux allaient apporter de grands changements dans le paysage du palais".

L'association des Amis du patrimoine de Madagascar (APM) s'est elle aussi émue de la forme du "Colisée".

"Il apparaît de façon évidente que, outre son incongruité, cette structure n'a rien à voir avec l'architecture initiale du site, ni avec l'histoire de Madagascar, encore moins avec sa culture", s'est-elle indignée.

La construction est d'autant plus malvenue, a ajouté l'APM, qu'elle menace le classement de la haute-ville d'Antananarivo au patrimoine mondial de l'Unesco.

- "Sauvegarder, pas défigurer" -

Dans un courrier, l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco) s'était émue en février de l'impact du projet sur "la valeur universelle exceptionnelle" de la capitale.

L'opposition elle aussi a tiré à boulets rouges contre l'arène présidentielle, en dénonçant le "massacre" d'une "place sacrée" et d'un "symbole historique" du pays.

Mis en cause de toutes parts, le président Rajoelina a riposté en accusant les détracteurs de son arène - il réfute le terme de "Colisée" - d'être "de mauvaise foi".

"L'appel d'offres a été lancé des mois d'août à septembre l'année dernière et est paru dans les journaux les plus lus du pays (...) pendant toute une semaine", a-t-il lancé fin mai à la télévision à tous les "surpris".

"Les descendants des monarques à Madagascar n'ont plus aucun pouvoir", lui a rétorqué aussi sec Christian Raoelina, "mais en tant qu'héritiers propriétaires des tombeaux royaux, nous méritions d'être consultés".

D'autant plus, insiste-t-il,que le "Colisée" a été érigé "dans un emplacement sacré".

"Le rôle de l‘Etat est de sauvegarder, de réhabiliter, d'entretenir le patrimoine du passé, mais non pas de le défigurer ou de le piétiner par de nouvelles constructions", a renchéri l'artiste plasticien Jean Andrianaivo Ravelona.

Président de l'Académie malgache, le Pr Raymond Ranjeva a proposé une concertation nationale sur le sujet. "On doit admettre que cette construction, en l'état actuel des choses, divise la nation", a-t-il regretté.

Pas question, a répondu le chef de l'Etat, déterminé à imposer son projet quoi qu'il en coûte.

"Est-ce qu'on veut restaurer nos fiertés nationales oui ou non ?", a plaidé Andry Rajoelina, dont l'arène doit permettre d'offrir à tous les visiteurs du palais royal des spectacles retraçant l'histoire et le quotidien des anciens souverains de la Grande île.

Son projet - d'un coût estimé à 1,4 million d'euros "financé par le seul budget de l'Etat", insiste le gouvernement - doit drainer 300.000 à 500 000 visiteurs vers le palais de la reine de Manjakamiadana, a-t-il assuré.

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