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Le président exige de l'ex-rébellion qu'elle désarme tout de suite au Mozambique


Le président mozambicain Filipe Nyusi assiste au service commémoratif du leader de la Résistance nationale mozambicaine (Renamo), Afonso Dhlakama, à Beira, le 9 mai 2018

Le président du Mozambique Filipe Nyusi a exigé lundi le désarmement de l'ex-rébellion devenue opposition, la Renamo, avant les élections locales d'octobre, révélant de nouvelles difficultés dans les discussions de paix entre les deux camps.

"Il n'y a pas d'alternative au désarmement et à la démobilisation et elles doivent commencer maintenant", a déclaré M. Nyusi à la presse à l'occasion des fêtes de l'indépendance.

De son côté, la Renamo s'est engagée à désarmer, mais pas avant le mois d'octobre.

Ancienne guérilla transformée en parti politique à la fin de la guerre civile (1976-1992), la Renamo a repris les armes en 2013 pour dénoncer la mainmise sur le pays du parti au pouvoir, le Front de libération du Mozambique (Frelimo).

Son chef historique, Afonso Dhlakama, avait toutefois récemment renoué le dialogue avec le président Nyusi.

>> Lire aussi : La Renamo annonce poursuivre le dialogue avec le pouvoir

Les deux hommes s'étaient accordés sur une réforme constitutionnelle, récemment adoptée, qui devrait permettre à la Renamo de diriger plusieurs des dix provinces du pays.

Leurs discussions semblaient proches d'aboutir sur la démilitarisation des "combattants" de l'ex-rébellion et leur réintégration dans l'armée et la police mais la mort inattendue d'Afonso Dhlakama le mois dernier a changé la donne.

M. Nyusi a reproché lundi à mots couverts à la nouvelle direction du parti de traîner les pieds.

"Avec feu le chef de la Renamo (...) nous avions abouti à un accord, à un calendrier de mise en œuvre", a-t-il rappelé.

"Nous comprenons qu'il faut un peu de temps à la nouvelle direction de la Renamo pour intégrer les mesures prises avec Dhlakama", a ajouté Filipe Nyusi, "mais j'en appelle à cette nouvelle direction pour qu'elle permette une paix définitive et une véritable réconciliation aussi vite que possible".

>> Lire aussi : L'ex-guérillero mozambicain Dhlakama enterré dans son village natal

Ces tensions ont provoqué le report sine die la semaine dernière, à l'initiative des élus du Frelimo, du vote au Parlement de la nouvelle loi électorale nécessaire à la tenue des prochaines élections locales, prévues en octobre.

Cette décision "trahit la volonté (du pouvoir) d'interférer avec une question qui a été réglée par ailleurs", a déclaré la cheffe du groupe parlementaire de la Renamo, Ivone Soares.

Le désarmement sera engagé "d'ici à octobre", a-t-elle répété.

Les prochaines élections générales doivent avoir lieu au Mozambique en octobre 2019.

Avec AFP

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