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Le président mozambicain veut poursuivre les négociations avec le successeur de Dhlakama


Le président mozambicain Filipe Nyusi, à droiute, serre la main du leader de l'opposition Afonso Dhlakama, à gauche, à Maputo, Mozambique, 7 février 2015

Le président mozambicain Filipe Nyusi s'est dit mercredi "prêt" à poursuivre les négociations de paix avec le successeur du chef historique de l'opposition Afonso Dhlakama, un ancien guérillero décédé la semaine dernière.

Dirigeant historique de la Résistance nationale du Mozambique (Renamo) depuis trente-neuf ans, Afonso Dhlakama est mort le 3 mai à l'âge de 65 ans des suites d'une maladie dans son camp retranché des montagnes de Gorongosa (centre).

Son décès inattendu a plongé le pays dans l'incertitude alors qu'il négociait depuis plusieurs mois un accord de paix avec le président Nyusi, son éternel rival.

Mercredi, le chef de l'Etat a voulu rassurer la population mozambicaine, meurtrie par une très longue et meurtrière guerre civile (1976-1992) et la reprise de combats sporadiques en 2013. La Renamo avait alors repris le maquis pour dénoncer la mainmise du parti au pouvoir (Frelimo) sur le pays.

"Je continuerai sur le chemin que nous avons entamé ensemble, celui qui conduit à la paix", a assuré M. Nyusi à Beira (centre-est), en prononçant l'éloge funèbre de M. Dhlakama.

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"Nous serons satisfaits de pouvoir continuer le projet de paix que nous avions engagé ensemble", a-t-il insisté, appelant la Renamo "à continuer avec sérénité sur ce chemin".

De leur côté, les dirigeants de l'ancienne rébellion ont profité des obsèques nationales offertes à leur "lider" pour promettre à leurs partisans de continuer la lutte contre le pouvoir.

"Toi, le père, tu nous as appris à nous sacrifier pour le pays", a rappelé le chef par intérim de la Renamo, Ossufo Momade. "Le temps est venu pour nous de faire avancer ta lutte", a-t-il ajouté devant la foule réunie sous un soleil de plomb.

"L'homme qui nous a protégés de la tyrannie, de la dictature, de ceux qui utilisent la richesse du pays à leur fin est parti", a renchéri la chef des députés de la Renamo, Ivone Soares. "Vous les jeunes, soyez inspirés par Dhlakama. Soyons tous des Dhlakama, partout", a-t-elle lancé sous les applaudissements.

"Guide suprême"

Sur un ton ferme, Mme Soares aussi rappelé la principale revendication de la Renamo dans les discussions avec le régime. MM. Dhlakama et Nuysi ont toutefois engagé récemment des discussions directes en vue d'un accord de paix.

Son aile armée "doit être intégrée dans l'armée nationale", a-t-elle insisté, avant d'accuser le gouvernement d'avoir indirectement tué son oncle. "La violence indirecte tue plus que la violence directe", a lâché Ivone Soares.

Des milliers de partisans de la Renamo sont venus saluer leur "guide suprême" mercredi à Beira, la capitale de la province de Sofala d'où il était originaire.

Son cercueil, enveloppé dans un drapeau du Mozambique et gardé par des soldats de l'armée régulière, a été exposé sur une estrade sur la place centrale de la ville noire de monde.

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"C'est une perte irréparable. Afonso Dhlakama est le fondateur de la démocratie au Mozambique", a estimé dans la foule un partisan de la Renamo, Eufrasia Jordao. "Mais on ne va pas céder. Le parti est mature. Les gens sont déterminés à ne pas battre en retraite dans la bataille pour la démocratie", a-t-il assuré à l'AFP.

"Viva Afonso Dhlakama”, “Viva Renamo”, a crié un homme torse nu avant le début de la cérémonie. La police a bien tenté de le faire taire, mais sous la pression de la foule, y a renoncé.

"Il n'y a rien de plus à faire en ce moment que de rendre hommage au fondateur de la démocratie", a jugé José Chitula, un ancien de la Renamo passé dans un autre parti d'opposition, le Mouvement démocratique du Mozambique (MDM).

"La mort d'Afonso Dhlakama ne peut pas être une excuse pour revenir au système de parti unique" en vigueur de l'indépendance en 1975 à 1990, a-t-il prévenu.

Le chef de l'opposition doit être enterré jeudi dans son village natal de Mangunde, à plus de 200 km au sud-ouest de Beira.

Avec AFP

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