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Le président confronté à une motion de censure en Somalie


Le président de la Somalie, Mohamed Abdullahi Mohamed, à Addis-Abeba en Éthiopie, le 28 janvier 2018.

Le président somalien Mohamed Abdullahi Mohamed, dit "Farmajo", est depuis dimanche soir confronté à une motion de censure déposée par 92 des 275 députés somaliens, indiquent des parlementaires.

"Le président a violé la constitution en s'engageant dans un protocole d'accord secret avec des pays étrangers", en l'occurrence l'Ethiopie et l'Erythrée, portant notamment sur la "gestion des ports" et sur "l'unification du pays avec l'Erythrée et l'Ethiopie", selon le texte de la motion de censure.

Début novembre, le président Farmajo avait retrouvé ses homologues érythréen Issaias Afeworki et éthiopien, le Premier ministre Abiy Ahmed, lors d'une rare rencontre dans le nord de l'Ethiopie destinée à renforcer l'intégration économique régionale entre leurs pays par le passé rivaux.

Pour être adoptée, la motion de défiance doit être votée par deux tiers des 275 députés somaliens, soit au moins 184, un nombre difficilement atteignable selon les observateurs somaliens.

Elle avait été déposée et acceptée dimanche soir par le président de l'Assemblée nationale, Mohamed Mursal Sheik Abdirahman, mais lundi, les deux vice-présidents du parlement ont critiqué cette décision lors d'une conférence de presse commune.

"Le président de l'assemblée s'est empressé d'accuser réception du document, ce qui nous laisse à penser qu'il est en colère pour d'autres raisons", a ainsi déclaré Abdiweli Ibrahim Mudey, premier vice-président du parlement.

De récentes décisions de l'exécutif concernant une élection à venir dans un des Etats fédérés de la Somalie, dont le président de l'Assemblée nationale est originaire, auraient alimenté la colère de ce dernier.

Le deuxième vice-président de l'assemblée a ajouté que la motion de censure devrait, au regard de la Constitution, être visée par une Cour Constitutionnelle mais le pays n'en dispose pas en l'état.

Le parlement devrait se pencher sur la motion à une date qui doit encore être annoncée par son président.

Depuis son élection par le parlement en février 2017, au terme d'un processus électoral largement considéré comme une avancée démocratique pour le pays, le président Farmajo avait en partie échappé aux crises dont la vie politique somalienne est coutumière.

En avril, le précédent président du Parlement avait toutefois démissionné après plusieurs semaines de bras de fer avec l'exécutif.

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