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États-Unis

Le pétrole américain à l'assaut du marché mondial

Des plateformes pétrolières près du Texas, le 24 août 2017.

Grâce à une production de pétrole en plein boom, les Etats-Unis exportent désormais sans complexe leur or noir dans le monde, entraînant une refonte des infrastructures sur leur territoire et rebattant les cartes sur le marché mondial.

En pompant actuellement plus de 10 millions de barils par jour, le pays est devenu le deuxième producteur de brut au monde, derrière la Russie et devant l'Arabie saoudite. Un essor lié aux nouvelles techniques permettant d'extraire à moindre coût du pétrole de schiste.

Face à cette explosion, les Etats-Unis ont levé fin 2015 l'interdiction d'exporter du brut en place depuis 1975. Une opportunité saisie immédiatement par les entreprises américaines: en 2017, elles ont exporté en moyenne 1,1 million de barils par jour dans 37 pays.

Même si le Canada reste la première destination, les Etats-Unis ont grignoté des parts de marché en Asie, une région habituellement considérée comme le pré carré de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) ou de la Russie, qui ont volontairement décidé depuis l'an dernier de limiter leur production pour redresser les prix.

>> Lire aussi : L'avenir du « fracking », compromis par la chute des prix du pétrole

La Chine est devenue leur deuxième client.

Les importations ont parallèlement fortement baissé, reculant en 10 ans de 10 à 8 millions de barils par jour.

Mais même si la production américaine continuait de s'envoler, le pays ne cessera pas de sitôt d'acheter du brut à l'étranger.

Les raffineries américaines, dans leur grande majorité, ne sont en effet pas conçues pour transformer le pétrole de schiste considéré comme léger.

Elles ont été construites pour raffiner le pétrole lourd venant par exemple du Canada, du Venezuela ou du Mexique, qu'elles achètent peu cher, et revendent en se faisant au passage une marge importante.

"Comme il faut cinq à sept ans pour construire une raffinerie, on ne peut pas changer du jour au lendemain", remarque Harry Tchilinguirian, spécialiste des marchés pétroliers à BNP Paribas.

De plus, rappelle-t-il, les entreprises américaines pensaient, jusqu'à l'envol du schiste vers 2010, que le pétrole viendrait surtout des sables bitumineux du Canada et ont entamé la construction d'oléoducs entre les deux pays. "Pour faire de nouveaux investissements, elles doivent être sûres que leur choix sera toujours bon dans sept ans."

Pourquoi par ailleurs faire grossir les capacités de raffinage aux Etats-Unis, où la demande en énergie va probablement se tasser dans les prochaines années ?

Age d'or

"Les Etats-Unis ne peuvent pas devenir complètement indépendants du pétrole étranger", observe M. Tchilinguirian. "L'idée d'un +âge d'or de l'énergie américaine+ défendue par Donald Trump n'est pas seulement de devenir moins dépendant. C'est aussi de pousser l'industrie de l'énergie à se projeter à l'étranger", ajoute-t-il.

Les entreprises américaines construisent donc à tout va oléoducs et terminaux pour envoyer au monde l'or noir américain.

Le projet le plus emblématique est celui mené actuellement au Port pétrolier au large de la Louisiane (Loop), le seul terminal aux Etats-Unis capable d'accueillir ces super-cargos transportant jusqu'à 2 millions de barils. Il a pour la première fois été utilisé en février pour exporter, et non pas importer, du brut.

Plus à l'ouest, sur la côte du Golfe du Mexique, le port de Corpus Christi prévoit de draguer ses fonds pour accommoder de plus gros navires.

Selon plusieurs estimations, les Etats-Unis pourraient théoriquement être capables à moyen terme d'exporter 4 à 5 millions de barils par jour.

La question est ensuite de savoir quels marchés peuvent absorber tout ce brut.

Pour John Coleman du cabinet Wood Mackenzie, l'Europe est la destination la plus logique, au moins jusqu'en 2022. "Les raffineries européennes sont plus compatibles avec le brut léger américain et les coûts de transport sont moins importants".

Toutefois la demande risque aussi de s'y tarir dans les années à venir.

Les Etats-Unis, s'ils parviennent à garder un prix suffisamment compétitif pour compenser le temps et le coût de transport supplémentaires, pourraient se tourner vers l'Asie.

D'autant plus que l'Afrique de l'Ouest et les pays du Moyen-Orient devraient construire eux-mêmes plus de raffineries sur leur territoire et ainsi limiter leurs propres exportations.

Mais, remarque M. Coleman, "la question des infrastructures pétrolières aux Etats-Unis reste encore en suspens, c'est le sujet du moment. Même si de nombreux investissements ont été annoncés, il en faudra sans doute plus."

Avec AFP

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Le chef du Pentagone disculpé de toute faute dans ses liens avec Boeing

Le ministre de la Défense par intérim, Patrick Shanahan, au centre, accompagné du Chef d'état- major, le général Joseph Dunford, à gauche, et du secrétaire en charg de l'armée de l'Air (Air Force), Heather Wilson, devant le Comité des services armés du Sénat.

Le ministre américain de la Défense par intérim Patrick Shanahan a été disculpé jeudi de toute violation des règles d'éthiques du Pentagone à l'issue d'une enquête interne sur ses liens avec son ancien employeur Boeing, chez qui il a passé 30 ans.

M. Shanahan "a pleinement respecté ses engagements et ses obligations éthiques en ce qui concerne Boeing et ses concurrents", a indiqué dans un communiqué l'Inspecteur général du ministère de la Défense, un organisme indépendant chargé des enquêtes internes sur cette administration tentaculaire.

Cette annonce ouvre la voie à une éventuelle nomination par le président Donald Trump de M. Shanahan au poste de ministre de la Défense, qui devra être confirmée par le Sénat.

Dans une plainte déposée en mars, l'organisation Citoyens pour la responsabilité et l'éthique à Washington (CREW) avait demandé à l'Inspecteur général d'ouvrir une enquête à la suite d'informations rapportées par le site d'informations Politico sur des propos que M. Shanahan aurait tenus en privé en faveur de Boeing et au détriment de son concurrent Lockheed Martin.

"Par sa conduite et ses commentaires, le ministre par intérim pourrait avoir violé les règles d'éthique du Pentagone", indiquait le groupe.

A son arrivée en juin 2017 en tant que numéro deux du ministre de la Défense Jim Mattis, M. Shanahan avait signé un accord avec le Pentagone par lequel il s'engageait à ne participer à aucune discussion concernant Boeing.

Outre M. Shanahan lui-même, l'inspecteur général a précisé avoir entendu 33 témoins, consulté 5.600 pages de documents publics et 1.700 pages de documents classés secret-défense.

"Nous n'avons confirmé aucune des allégations", précise le rapport. "Nous avons déterminé que M. Shanahan n'a pas fait les commentaires qui lui étaient attribués, n'a pas fait la promotion de Boeing, et n'a pas dénigré ses concurrents".

"Le bureau de l'inspecteur général a pris ces accusations au sérieux", a souligné l'inspecteur général Glenn Fine. "Les témoignages démontrent que M. Shanahan a pleinement respecté ses obligations et ses engagements éthiques à l'égard de Boeing et ses concurrents."

M. Shanahan a été propulsé à la tête du Pentagone lorsque M. Mattis a démissionné avec fracas en décembre pour protester contre le retrait de Syrie décidé unilatéralement par le président Donald Trump.

M. Trump n'a toujours pas nommé de candidat pour succéder à Jim Mattis.

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