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Le parti au pouvoir au Soudan repousse "indéfiniment" son assemblée générale


Omar Hassan Ahmed El Bechir, président du Soudan, lors de l'ouverture du sommet France-Afrique, le 15 février 2007.

Le parti du président soudanais Omar el-Béchir a annoncé samedi "suspendre indéfiniment" la tenue de son assemblée générale au cours de laquelle devait être élu son nouveau chef.

Régnant sans partage sur le Soudan depuis trois décennies, M. Béchir a remis le 1er mars les rênes du Parti du Congrès National (PCN), qu'il dirigeait depuis sa création, à Ahmed Haroun.

M. Haroun est ainsi devenu "chef par intérim du PCN jusqu'à la prochaine réunion générale du parti lors de laquelle un nouveau président sera élu", avait annoncé la formation dans un communiqué, sans préciser la date de son assemblée.

Samedi, le PCN a "décidé de suspendre indéfiniment la tenue d'une assemblée générale en raison de la situation actuelle dans le pays", a déclaré à des journalistes l'un de ses dirigeants, Mohamed al-Hassan al-Amien.

L'annonce le 19 décembre du triplement du prix du pain par le gouvernement a provoqué des manifestations à travers le pays, en proie à une grave crise économique.

La contestation s'est ensuite transformée en un mouvement réclamant le départ du président Béchir, âgé de 75 ans et au pouvoir depuis 1989.

Pour tenter de le juguler, M. Béchir a décrété l'état d'urgence dans tout le pays et limogé le gouvernement aux niveaux fédéral et provinciaux, plaçant à la tête des régions des officiers de l'armée et des responsables de la sécurité.

Selon la charte du Parti du Congrès National, qui possède une majorité écrasante de sièges au Parlement, le chef du PCN devient automatiquement son candidat pour l'élection présidentielle.

Le prochain scrutin présidentiel est prévu en 2020, d'après la Constitution.

Ahmed Haroun est visé par un mandat d'arrêt pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité de la Cour pénale internationale (CPI) pour son rôle présumé dans le conflit au Darfour, une région de l'ouest du Soudan meurtrie par les violences.

M. Béchir est lui aussi visé par un mandat d'arrêt de la CPI, accusé de crimes de guerre et contre l'humanité au Darfour, mais aussi de génocide.

Selon un bilan officiel, 31 personnes sont mortes depuis le début des manifestations. L'ONG Human Rights Watch (HRW) évoque le chiffre de 51 morts.

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