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Le pape, en route pour le Chili, de retour en Amérique latine


Le Pape sera au Chili du 15 au 18 janvier et au Perou du 18 au 21 janvier

Le pape François débute lundi au Chili sa sixième visite en Amérique latine pour soutenir les peuples indigènes et revigorer des Eglises locales en perte de vitesse, frappées par des scandales de pédophilie.

Le souverain pontife est attendu à Santiago à 20H10 locales (23H10 GMT). Avant de poser le pieds sur le sol chilien, il devrait survoler son Argentine natale, pays où il ne s'est pas encore rendu depuis le début de son pontificat, il y a près de cinq ans, un choix qui suscite toutes les interrogations.

Ses compatriotes ne lui en tiennent pas rigueur, comme le prouvent les embouteillages monstres de ces derniers jours à la frontière entre l'Argentine et le Chili pour voir le pape.

Les autorités chiliennes attendent un million d'Argentins, de Boliviens et de Péruviens.

Ce voyage d'une semaine dans la catholique Amérique latine restera très spirituel, mais le premier pape latinoaméricain, Jorge Bergoglio, rencontrera aussi les autorités gouvernementales de deux pays en période de turbulences politiques.

Le Chili est en pleine transition, après la victoire à la présidentielle de décembre du milliardaire conservateur Sebastian Piñera, qui entrera en fonction en mars, suscitant des interrogations sur les réformes sociétales de la socialiste sortante Michelle Bachelet, dont l'avortement thérapeutique.

Le Pérou s'enfonce de son côté dans une profonde crise, depuis la grâce accordée à Noël à l'ex-président péruvien Alberto Fujimori, condamné pour corruption et crimes. Très critiqué pour cette décision, le chef de l'Etat Pedro Pablo Kuczynski, ex-banquier de Wall Street, a lui-même échappé à une destitution pour ses liens avec le géant du BTP brésilien Odebrecht.

Les temps forts du 22ème voyage de son pontificat - du 15 au 18 janvier au Chili, puis du 18 au 21 janvier au Pérou - seront indubitablement ses rencontres avec des peuples indigènes. Dans les deux pays, le pape déjeunera avec eux en petit comité pour s'enquérir de leur sort.

A Temuco, à plus de 600 km au sud de Santiago du Chili, il s'adressera aux indigènes Mapuche (7% de la population chilienne), qui occupaient un vaste territoire à l'arrivée des conquistadors espagnols au Chili en 1541. Cette région, Auracania, est toutefois rythmée par des actions d'une minorité radicalisée, qui incendie des entreprises forestières mais aussi des églises. Le pape n'y est donc pas le bienvenu pour tous.

'Piété populaire'

A Puerto Maldonado, au cœur de l'Amazonie dans le sud-est du Pérou, il sera accueilli par quelque 3.500 indigènes, dont certains de Bolivie et du Brésil.

Preuve de l'intérêt qu'il porte aux menaces environnementales pesant sur ce poumon vert et ses habitants, parfois réduits à l'esclavage par des trafiquants, le pape a convoqué pour 2019 un synode (réunion mondiale d'évêques) consacré aux peuples d'Amazonie.

Au Pérou, François renouera aussi avec "la piété populaire" latino-américaine, dont il apprécie la simplicité et la chaleur, selon le cardinal et archevêque de Lima, Juan Luis Cipriani. Il arrivera dans ce pays quelques jours à peine après un séisme de magnitude 7,3 qui a frappé dimanche matin le sud du Pérou, faisant au moins un mort et 55 blessés, selon le dernier bilan.

Les conservatrices Eglises du Chili et du Pérou, discréditées par des scandales d'abus sexuels, "ont besoin d'un choc" pour être plus attentives aux problèmes de la population, souligne un proche du pape, notant que François voyage toujours dans des pays "à problèmes".

Selon la base de données de l'ONG américaine Bishop Accountability, des dénonciations pour abus sexuels ont concerné près de 80 religieux au Chili, où le pourcentage d'athées est passé de 12% à 22% entre 2006 et 2014.

Le Vatican a annoncé mercredi avoir mis sous tutelle un mouvement catholique péruvien, Sodalitium Christianae Vitae, dont le fondateur Luis Fernando Figari, réfugié à Rome, est au coeur d'une enquête pour pédophilie.

Des rencontres avec des victimes ne figurent pas au programme officiel, mais pourraient avoir lieu très discrètement. A Iquique, à 1.450 km au nord de la capitale chilienne, le pape aura en tout cas une rencontre privée avec deux victimes de la dictature d'Augusto Pinochet.

Ce voyage tambour battant --plus de 30.000 km parcouru sur dix vols-- sera aussi une machine à remonter le temps pour Jorge Bergoglio, 81 ans, qui étudia au Chili lors de son noviciat jésuite et retrouvera l'un de ses anciens camarades.

Vendredi, quatre églises de Santiago du Chili ont été la cible d'attaques, parfois avec des engins incendiaires, l'oeuvre possible de groupes anarchistes.

Avec AFP

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