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Le Nigeria manque de financements pour lutter contre sa crise alimentaire

  • VOA Afrique

Dans un camp des Nations unies à Maiduguri, au Nigeria, le 1er décembre 2016.

Le manque de financement contraint les agences humanitaires à interrompre certains programmes dans le nord-est du Nigeria, région dévastée par l'insurrection de Boko Haram.

Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires (Ocha) de l'ONU, 5,2 millions de personnes auront besoin d'assistance alimentaire dans les trois Etats du nord-est du Nigeria (Yobe, Borno et Adamawa), jusqu'au mois d'août.

L'agence onusienne s'inquiète des coupes de budgets qui ont "forcé certaines organisations à revoir leurs plans et leurs objectifs et, dans certains cas, à réduire leurs distribution de nourriture".

"Cela va affecter tous les efforts qui ont été déployés jusqu'à présent", ajoute le dernier rapport de l'Ocha, d'autant "que les derniers indicateurs montrent une détérioration des niveaux de nutrition".

En début d'année, les Nations Unies avaient annoncé avoir besoin d'un milliard de dollars pour financer leurs programmes d'aide humanitaire et alimentaire, alors que près de deux millions de personnes risquent toujours la famine, selon le Programme alimentaire mondial (PAM).

Pourtant, le plan de lutte contre la faim n'a pour l'instant reçu que 24 millions de dollars. "Nous devons faire plus, nous devons agir plus vite", a expliqué Peter Lundberg, coordinateur de l'Ocha pour le Nigeria, d'autant qu'avec l'arrivée de la saison des pluies, l'accès aux zones affectées par le conflit se complique et les risques sanitaires (typhoïde, choléra,...) augmentent.

Le conflit contre Boko Haram a fait plus de 20.000 morts et 2,6 millions de personnes ont été contraintes de fuir leurs foyers. Beaucoup d'entre elles vivent dans des camps de déplacés et les autorités de l'Etat du Borno souhaitaient pouvoir fermer ces camps à la fin du mois de mai.

Bien que la situation sécuritaire et humanitaire ne le permette pas pour l'instant, les déplacés sont sous pression constante de rentrer chez eux. Quelque 6.000 réfugiés au Cameroun ont été forcés de rentrer au Nigeria depuis avril, et 1.500 sont attendus dans les semaines qui arrivent, aggravant la congestion des camps.

"Ces personnes arrivent dans des zones ou nos partenaires humanitaires ne sont pas prêts: il nous manque les moyens humains et financiers", selon le rapport de l'Ocha. "Les camps sont surpeuplés et manquent d'abris, de vivres et d'accès à l'eau".

Le président américain Donald Trump a promis mercredi au pape François au cours d'un entretien au Vatican de lutter contre la famine dans le monde et d'y affecter une somme de 300 millions de dollars.

Mais la sécurité reste un problème majeur: même si Boko Haram est affaibli par une lourde campagne militaire, Etats-Unis et Royaume-Uni ont mis en garde leurs ressortissants travailleurs humanitaires contre des risques de kidnappings sur le pourtour du lac Tchad où le groupe jihadiste reste actif.

Avec AFP

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