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Tchad

Le ministre de la Justice dénonce la corruption au sein de la magistrature

Les locaux du Palais de justice de N'Djamena, Tchad, le 4 octobre 2019. (VOA/André Kodmadjingar)

Au Tchad, la chancellerie a libéré un prévenu, condamné à deux ans de prison, ce qui a irrité le syndicat des magistrats. Le ministre de la justice qui s'est personnelement impliqué pour cette action, accuse de corruption, la magistrature debout.

Le syndicat des magistrats du Tchad dénonce l’ingérence du ministre de la Justice. Djimet Arabi, garde des Sceaux, fustige le comportement des responsables du syndicat de vouloir protéger leurs collègues corrompus.

"Le chef de l’Etat a dit que ceux qui ont les moyens ne sont pas arrêtés, ce sont donc les défavorisés qui subissent souvent la rigueur de la loi", a déclaré Djonga Arafi, secrétaire-général du Syndicat des magistrats du Tchad.

Le cas qui défraie la chronique est la libération d’un prévenu, accusé d’avoir menacé de mort une expatriée vivant à N’Djamena.

Djimet Arabi, ministre de la Justice, estime pour sa part que le prévenu a été condamné parce qu’il aurait refusé de donner un pot-de-vin au magistrat en charge du dossier qui l’avait convoqué à la veille de l’audience à son bureau.

Pour lui, ce n’est pas de la vocation des magistrats d’appeler les justiciables avant que leur dossier ne soit délibéré. Et pour cela, informe-t-il, le Conseil supérieur de la magistrature va être saisi pour faire le point.

Si la justice est décriée aujourd’hui, c’est par rapport au comportement de ceux qui sont censés rendre justice au nom du peuple tchadien, déplore Djimet Arafi.

Tout en qualifiant l’acte posé par le garde des Sceaux de rébellion, le secrétaire général du SMT, Djonga Arafi, appelle au respect des règles judiciaires édictées par la législation tchadienne.

Il rappelle que l’inspection générale des services judiciaires a pour rôle de discipliner les magistrats. S’il est établi que ces magistrats ont appelé le prévenu en question avant son jugement, que l’inspection fasse son travail, dit-il.

Pour le SMT, dès qu'une décision est rendue, le ministre ne doit pas intervenir de façon rocambolesque, enlever le prévenu des griffes de la justice.

Le secrétaire général du SMT estime que si la décision est mal rendue la voie qui s’offre c’est l’appel. Le deuxième degré de la juridiction est créé pour régler les décisions qui sont mal rendues. Combien des personnes sont victimes des erreurs judiciaires dans ce pays s’interroge Djonga Arafi.

Pour le greffier responsable des services judiciaires, maître Doudjimséngar Tatolngar, il y a tentative de corruption dans cette affaire.

Pour lui, "les agissements du SMT n’ont que pour finalité d’intimider la chancellerie à ne pas traiter sérieusement ce cas-là comme s’en est toujours été".

Le syndicat des magistrats du Tchad dit avoir des preuves que sur l’ensemble du territoire, une quarantaine des condamnés et des contraintes par corps sont libérés de façon arbitraire et menace de faire le déballage.

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Réactions des personnalités politiques au sujet de la déclaration du président Macron

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Barkhane : les Tchadiens réagissent aux déclarations du président français

Dr Succès Masra, président du parti les transformateurs, 9 décembre 2019. (VOA/André Kodmadjingar).

Le président français Emmanuel Macron a demandé aux chefs d’Etat Africains membres du G5 Sahel de clarifier leur position par rapport au maintien de la force Barkhane déployée dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.

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Le président Emmanuel Macron justifie sa déclaration par le fait qu’une partie de l’opinion de ces pays réclament le départ des troupes françaises.

"Je ne peux, ni ne veux avoir des soldats français sur quelques sols du Sahel que ce soit alors même que l’ambiguïté persiste à l’égard des mouvements antifrançais, parfois portée par des responsables politiques", a déclaré le président français.

Bourkou Louise Ngaradoumri, présidente du parti le Rassemblement pour le Progrès et la Justice sociale, 9 décembre 2019. (VOA/André Kodmadjingar).
Bourkou Louise Ngaradoumri, présidente du parti le Rassemblement pour le Progrès et la Justice sociale, 9 décembre 2019. (VOA/André Kodmadjingar).


Répondant au président français, Bourkou Louise Ngaradoumri, présidente du parti le Rassemblement pour le Progrès et la Justice sociale, membre de la majorité présidentielle, estime que les hommes politiques qui ne veulent pas de la présence des militaires français en Afrique, ne font que dénoncer le comportement des militaires français sur leurs territoires. Elle assimile ces actes à l'expression d'un sentiment patriotique.

Mme Ngaradoumri déclare que le Tchad a tellement investi dans la lutte contre le terrorisme qu’aujourd’hui, son économie est en berne. Ce qui, selon elle, a mécontenté les gens parce que le pays a beaucoup perdu, mais sans rien obtenir en retour.

Ce sont donc ces lacunes-là qui poussent certaines personnes à rejeter la présence des militaires français, ajoute Mme Bourkou. Cette dernière invite les dirigeant africains à régler certains problèmes avec Macron, "parce que ce sont des pays qui sont indépendants et dotés de constitutions".

Le président Macron invite le 16 décembre prochain les 5 chefs d’Etat africains concernés à Paris pour apporter des réponses précises sur cette question. Une condition nécessaire pour le maintien de la force Barkhane dans le Sahel.

Mais selon des sources proches de la direction de la communication de la présidence de la République, le président Déby n’a pas encore donné son accord pour sa participation à cette rencontre.

Demba Karyom, syndicaliste et activiste, 9 décembre 2019. (VOA/André Kodmadjingar).
Demba Karyom, syndicaliste et activiste, 9 décembre 2019. (VOA/André Kodmadjingar).


Pour la syndicaliste et activiste Demba Karyom, Emmanuel Macron fait du chantage aux dirigeants africains. Pour elle, si aujourd’hui, les populations des pays du G5 Sahel sont dans cette situation critique, cela est dû à la France. Demba Karyom a fait observer que depuis l’intervention de la force Barkhane, la pauvreté a augmenté, et les gens se sont plus radicalisés.

Ce revirement de Macron ne se justifie et la France doit plier bagage, a-t-elle insisté. Le Tchad, le Burkina et le Mali, devront constituer des bataillons en terme de milices pour défendre la zone sahélienne, renchérit la syndicaliste.

Pour l’heure, la réalité est que les forces des États du Sahel, mal formées et mal équipées, peinent à faire face aux assauts quotidiens des bandes djihadistes.

Dr Succès Masra, président du parti les transformateurs lance un appel aux Africains : "Je voudrais parler aux peuples africains, de ne pas avoir l’obsession d’autre puissance mais plutôt l’obsession de nous engager nous-mêmes dans nos pays. Il y a des situations pour lesquelles nous pouvons et nous avons le devoir de nous engager".

Il invite les Africains à ne pas chercher à identifier des ennemis et des adversaires extérieures. "Elevons nos capacités d’indignation face à des situations d’injustice. A mon intime conviction, ce dont il est question, c’est d’avoir une intelligence collective en changeant ce qui nécessite d’être changé. Ce qui doit nous amener à être responsable, à ne même pas attendre qu’on nous convoque pour essayer de dire ce que nous pouvons dire", a-t-il conclu.

Aucun commentaire pour le moment au niveau du gouvernement du Tchad, ni du côté du parti au pouvoir. Cependant, le président Déby a réitéré ce week-end à Rome en Italie, au Forum du dialogue méditerranéen, un appel à l’endroit des partenaires pour appuyer plutôt les efforts des pays du G5 que de les orienter dans ce qu’ils doivent faire en matière de sécurité.

"Nous connaissons mieux que quiconque, nos réalités et nos besoins pour agir en conséquence contre les menaces qui pèsent sur notre espace", a-t-il dit.

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