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Le manteau du prophète attire les musulmans à Istanbul pendant le ramadan

La grande prière du vendredi à la mosquée de Fatih, Istanbul, Turquie, le 22 juillet 2016.

"Je l'ai vu avant de mourir". Des musulmans venus des quatre coins du monde se pressent devant une mosquée d'Istanbul où un manteau qui aurait appartenu au prophète Mahomet est exposé pendant le ramadan.

Le Hirka-i Serif (le "Manteau Noble"), tissé de lin, de coton et de soie, fait chaque année l'objet d'une exposition pendant le mois de jeûne sacré pour les musulmans, attirant des centaines de milliers de croyants.

"Qu'est-ce qui peut être plus précieux que cela dans cette vie ?", interroge un vieil homme coiffé d'une calotte. "Je l'ai vu avant de mourir", se réjouit-il, pendant qu'un responsable de l'exposition prévient les visiteurs que les selfies sont interdits.

"Je viens ici chaque année et à chaque fois, j'éprouve la même émotion", renchérit Neziha Polat. Cette dame âgée de 76 ans dit se sentir comme à La Mecque, ville sainte de l'islam où chaque musulman qui le peut a l'obligation de se rendre en pèlerinage.

Le Hirka-i Serif est conservé à Istanbul depuis le XVIIe siècle, lorsque l'Empire ottoman contrôlait une grande partie du monde musulman. La relique est aujourd'hui gardée dans la mosquée éponyme, dans le district conservateur de Fatih.

Mais avant de parvenir à Istanbul, le vêtement sacré a voyagé pendant plus de 1.000 ans, de l'Arabie saoudite à la Turquie, en passant par le Yémen.

De génération en génération

Le saint manteau aurait été donné en cadeau par le prophète à l'un de ses contemporains, Uwais Al-Qarni, au 7e siècle.

Originaire du Yémen, Al-Qarni s'était mis en route vers Médine afin d'y rencontrer Mahomet. Mais apprenant que sa mère était malade, il dut rebrousser chemin, et ne rencontrera jamais le prophète.

Touché par son histoire, le prophète Mahomet aurait confié son manteau à des compagnons pour qu'ils le donnent à Al-Qarni.

A la mort de ce dernier, qui n'avait pas d'enfants, le vêtement a été conservé par des proches, avant d'être transmis de génération en génération, raconte le mufti d'Istanbul, Hasan Kamil Yilmaz, plus haute autorité religieuse de la ville.

En 1611, le sultan ottoman Ahmet 1er fait venir la relique à Constantinople depuis la ville égéenne de Kusadasi, où les descendants des proches d'Al-Qarni la conservaient. "Depuis lors, le Hirka-i Serif est à Istanbul", indique M. Yilmaz à l'AFP.

Le sultan Abdülmecid 1er fait construire en 1851 la mosquée Hirka-i Serif qui devient l'écrin où la relique est conservée et exposée.

'Proche du prophète'

Aujourd'hui, la conservation et l'exposition de la relique sont conjointement encadrées par la fondation Hirka-i Serif et les lointains descendants des proches d'Al-Qarni.

"C'est un devoir qui nous fait honneur. Nous sommes très heureux d'avoir une telle responsabilité et de l'assumer", dit à l'AFP Baris Samir, descendant de la 59e génération.

Mais, ajoute-t-il, "c'est aussi un travail difficile, c'est une responsabilité lourde, moralement et financièrement".

Selon M. Samir, plus d'un million de croyants viennent du monde entier chaque année pour voir le manteau. "Il y a des gens de Sibérie, d'Afrique, d'Amérique, d'Extrême-Orient", dit-il.

"Nous recevons de nombreux visiteurs en particulier pendant la Nuit du Destin, car le manteau peut être vu jusqu'au matin", ajoute-t-il, faisant référence à la commémoration de la nuit pendant laquelle le Coran aurait été révélé à Mahomet.

Loukman Hakim, un homme d'affaires de 49 ans, fait partie d'un groupe d'une vingtaine de visiteurs venus de Malaisie pour contempler le manteau.

"Bien sûr que ça nous rapproche du prophète", dit-il devant la mosquée, après avoir vu la relique. "Cela nous rend heureux, ça nous fait sentir qu'on doit faire quelque chose pour être avec lui, je veux dire répandre son amour, répandre ses enseignements", ajoute M. Hakim.

"J'étais déjà ici l'année dernière", dit Nimet Sahin, 78 ans. "Et si Dieu le veut, je viendrai encore l'année prochaine".

Avec AFP

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Birmanie: la Cour suprême rejette le recours des journalistes de Reuters

Wa Lone, 33 ans, et Kyaw Soe Oo, 29 ans, qui n'étaient pas présents à l'audience, sont accusés d'avoir enfreint la loi sur les secrets d'Etat, qui date de l'époque coloniale.

La Cour suprême de Birmanie a rejeté mardi un recours de deux journalistes de l'agence Reuters contre leur condamnation à sept ans de prison pour des accusations liées à leur couverture de la crise des Rohingyas, a annoncé un des avocats de la défense.

"Notre appel a été rejeté", a déclaré à l'AFP Khin Maung Zaw, l'un des avocats des reporters. "Ils ont confirmé le verdict de l'instance inférieure", a-t-il ajouté.

"Wa Lone et Kyaw Soe Oo n'ont commis aucun crime, et rien ne vient prouver qu'ils en aient commis", a souligné de son côté dans un communiqué l'un des avocats de Reuters.

Wa Lone, 33 ans, et Kyaw Soe Oo, 29 ans, qui n'étaient pas présents à l'audience, sont accusés d'avoir enfreint la loi sur les secrets d'Etat, qui date de l'époque coloniale.

Ils sont accusés de s'être procurés des documents classifiés relatifs aux opérations des forces de sécurité birmanes dans l'Etat Rakhine, région du nord-ouest de la Birmanie, théâtre des exactions à l'encontre de la minorité musulmane rohingya.

Au moment de leur arrestation, en décembre 2017, ils enquêtaient sur un massacre de Rohingyas à Inn Din, un village du nord de l'Etat Rakhine.

Depuis, l'armée a reconnu que des exactions avaient bien eu lieu en septembre 2017 et sept militaires ont été condamnés à dix ans de prison.

Les deux reporters ont toujours assuré avoir été trompés.

Et un des policiers qui a témoigné dans ce dossier a reconnu que le rendez-vous au cours duquel les documents classifiés leur avaient été remis était un "piège" destiné à les empêcher de poursuivre leur travail.

Des défenseurs des droits de l'Homme ont exhorté la prix Nobel de la Paix Aung San Suu Kyi, chef de facto du gouvernement birman, à user de son influence pour que les deux journalistes obtiennent une grâce présidentielle.

Mais elle a jusqu'à présent refusé d'intervenir, provoquant l'ire de la communauté internationale.

L'enquête des deux journalistes a reçu le prix Pulitzer, plus haute récompense du journalisme aux Etats-Unis.

Avec AFP

Washington sanctionnera tout pays qui continue à acheter du pétrole iranien

Le président Donald Trump lors d'un point de presse au jardin Rose de la Maison Blanche, Washington, 25 janvier 2019.

Les Etats-Unis ont encore renforcé lundi leur campagne de "pression maximale" pour faire plier l'Iran, leur ennemi numéro un au Moyen-Orient, en mettant fin aux dérogations qui permettaient encore à huit pays d'acheter du pétrole iranien.

Le président Donald Trump entend ainsi "porter à zéro les exportations" de brut iranien et "priver le régime de sa principale source de revenus", a annoncé la Maison Blanche.

A partir du 2 mai, la Chine, l'Inde, la Turquie, le Japon, la Corée du Sud, Taïwan, l'Italie et la Grèce devront donc cesser tout achat. Cette mesure s'annonce particulièrement délicate pour l'Inde, allié stratégique des Etats-Unis et troisième importateur mondial de pétrole, dont environ un dixième des achats vient d'Iran.

"Si vous ne respectez pas cela, il y aura des sanctions" américaines, a prévenu le chef de la diplomatie des Etats-Unis, Mike Pompeo. "Nous entendons appliquer ces sanctions", a-t-il martelé.

Après s'être retiré il y a près d'un an de l'accord international de 2015 censé empêcher Téhéran de se doter de la bombe atomique, jugé trop laxiste par Donald Trump, Washington a rétabli en novembre de dures sanctions économiques contre la République islamique. Surtout, il a accompagné sa décision de la menace de mesures punitives également contre les pays qui continueraient malgré tout d'échanger avec l'Iran.

L'interdiction d'acheter du pétrole iranien était la principale de ces sanctions, qui se veulent "les plus fortes de l'histoire". Les Etats-Unis avaient toutefois à l'époque attribuée ces dérogations pour six mois, jugeant que le marché mondial ne pouvait supporter une trop brusque annulation des ventes de brut iranien.

- Ryad va "stabiliser" le marché -

"Les Etats-Unis, l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, trois des plus grands producteurs d'énergie au monde, avec nos amis et alliés, s'engagent à faire en sorte que les marchés mondiaux du pétrole restent suffisamment approvisionnés", a affirmé lundi la Maison Blanche dans son communiqué.

Donald Trump a renchéri sur Twitter en promettant que Ryad et d'autres pays de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole feraient "plus que compenser" la baisse de l'offre.

Le gouvernement saoudien s'est aussitôt dit prêt à "stabiliser" le marché, dont les cours se sont inscrits en forte hausse dès que les informations sur la future fin des exemptions américaines ont circulé dans la presse.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, fidèle soutien de Donald Trump dans son combat contre Téhéran, a salué une décision "d'une importance capitale pour renforcer la pression sur le régime terroriste iranien".

Elle intervient deux semaines après une autre annonce symbolique : l'inscription des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, sur la liste noire américaine des "organisations terroristes étrangères".

La campagne de "pression maximale" contre l'Iran vise selon Washington à mettre fin aux "activités déstabilisatrices" de Téhéran au Moyen-Orient, notamment au Liban via le mouvement chiite Hezbollah, au Yémen à travers les rebelles Houthis et en Syrie par son soutien au régime de Bachar al-Assad.

En mai 2018, Mike Pompeo, qui assure vouloir changer "le comportement du régime iranien" et non le régime lui-même, avait énoncé douze conditions draconiennes pour un nouvel accord global aboutissant à une levée des sanctions.

Un an plus tard, aucune de ces conditions ne semble être respectée mais l'administration Trump estime que l'Iran commence à manquer de fonds pour soutenir certains de ses alliés, comme le Hezbollah libanais.

Iran: le guide suprême nomme un nouveau chef des Gardiens de la Révolution

Le général Hossein Salami, nouveau patron des gardiens de la révolution.

Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a nommé le général Hossein Salami chef des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique iranienne, a rapporté dimanche le site internet de M. Khamenei.

M. Salami, 58 ans, était commandant en second des Gardiens de la Révolution depuis neuf ans et remplacera à la tête de cette force le général de division Mohammad Ali Jafari.

Cette nomination intervient moins de deux semaines après l'inscription par les Etats-Unis des Gardiens de la Révolution sur la liste des "organisations terroristes".

"Considérant vos capacités et votre expérience significative avec différentes responsabilités révolutionnaires (...) je vous promeus général de division et commandant en chef des Gardiens de la Révolution", a indiqué l'ayatollah Khamenei dans un communiqué.

M. Salami a combattu dans la guerre entre l'Iran et l'Irak (1980-1988) et a aussi dirigé l'aviation des Gardiens de la Révolution.

Sa nomination est motivée par la "nécessité de changement à la tête" des Gardiens de la révolution, demandé par M. Jafari lui-même, selon M. Khamenei.

En octobre, M. Salami avait estimé que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu devrait "s'entraîner à nager dans la mer Méditerranée" car il pourrait, selon lui, être forcé à s'enfuir de son pays, selon l'agence de presse Fars, proche des conservateurs iraniens.

"Ils (les Israéliens) ne constituent pas un niveau de menace élevé pour nous, le Hezbollah suffirait à les détruire", a-t-il déclaré. Alliés, le Hezbollah et l'Iran ont pour ennemi commun Israël.

Créés en 1979 peu après la Révolution islamique, les Gardiens de la Révolution comptent, selon l'Institut international pour les études stratégiques (IISS), environ 125.000 membres placés sous l'autorité directe du guide suprême.

A la différence de l'armée nationale, ils n'ont pas pour rôle premier d'assurer la protection de l'intégrité territoriale du pays: selon la Constitution, leur mission est "la sauvegarde de la Révolution et de ses acquis".

Avec AFP

Les câlins néonataux

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Dans les tribus d'Irak, mariages forcés et femmes "esclaves"

Jeune fille ayant échappé à un mariage forcé dans le Nord-Ouest du Pakistan.

Un jour, Mariam s'est enduite d'essence, a craqué une allumette et s'est immolée. La jeune Irakienne envisageait de se suicider depuis le jour où sa tribu l'avait mariée de force à son cousin, au nom d'une vieille coutume.

Après trois jours à l'hôpital, cette habitante de la province de Missane (sud) s'est finalement éteinte à 22 ans en septembre 2018, se souvient le cheikh Haydar Saadoun.

"Un camarade d'université issu d'une autre tribu avait demandé sa main", raconte ce dignitaire de la tribu des Bani Lam, à Amarah, à 350 kilomètres au sud de Bagdad.

"Les cousins (de Mariam) ont refusé", explique-t-il, "et fait valoir qu'ils avaient des droits sur elle à cause de la +nahwa+".

Cette coutume ancestrale autorise les hommes d'une tribu à refuser d'accorder la main d'une femme pour la forcer à épouser un membre de leur clan.

Depuis des décennies, le cheikh Haydar Saadoun voit des femmes souffrir de cette coutume. Pour aider Mariam, il a tenté en vain d'intercéder auprès de l'homme qui voulait l'épouser contre son gré.

- "Accepte ton sort" -

Ce dernier, "déjà marié, père plusieurs fois et sans diplôme, alors que Mariam allait à l'université", a balayé son plaidoyer. "Il m'a dit: +ça m'est égal, je l'épouserai et je lui ferai manger la poussière+", raconte le cheikh, keffieh sur la tête et costume trois-pièces sous sa cape traditionnelle.

Si un dignitaire de la tribu est intervenu, c'est parce que la famille de Mariam elle-même n'avait pas d'autre choix que de se soumettre à la loi tribale, inviolable sous peine de déshonneur ou de représailles parfois sanglantes.

Karima al-Taï, 50 ans, a vu de près les ravages de cette loi: sa cousine Sahar a vécu "vingt ans d'enfer" après avoir été offerte en "compensation" à une autre tribu, pour respecter une autre tradition, celle de la "fasliya".

Une "fasliya" est une femme "offerte" pour payer le prix du sang et lier deux clans afin d'empêcher de futurs affrontements.

"Il y a vingt ans, un conflit a éclaté entre ma tribu et une autre. Un homme de l'autre clan a été tué", raconte Mme Taï, militante des droits des femmes. Pour calmer les appels à la vengeance, la tribu de Mme Taï a dû offrir "cinq femmes vierges", dont Sahar.

Une fois dans la maison de son "époux", Sahar a subi brimades et insultes, raconte sa cousine. Et quand elle s'en plaignait, "ses parents répondaient: +tu es une fasliya, accepte ton sort+".

Le stigmate s'est transmis: les enfants de Sahar sont toujours appelés "les enfants de la fasliya", raconte Mme Taï.

- Les tribus font la loi -

En Irak, où origine et nom jouent un rôle important dans tous les domaines - emploi, mariage et même politique -, de nombreuses affaires sont réglées entre clans, loin des tribunaux.

Jusqu'à la chute du dictateur Saddam Hussein en 2003, le droit l'emportait sur les tribus. Mais depuis, la situation a changé: la loi n'est pas toujours appliquée, du fait de la corruption, de passe-droits ou par peur des représailles, et ce sont souvent des conseils locaux et des représentants de familles qui organisent médiation et compensation.

Ces coutumes, prégnantes dans les zones rurales comme le sud - moins alphabétisé et dont les habitants se disent délaissés par les autorités centrales -, sont aussi respectées à Bagdad, assure le cheikh Adnane Khazali. Dignitaire du très peuplé quartier de Sadr City, il assure avoir entendu de telles sentences prononcées lors de conseils tribaux.

Combien de femmes sont victimes de ces traditions à travers le pays et combien tentent de mettre fin à leurs jours comme Mariam à cause d'elles? Dans l'Irak conservateur où le suicide est tabou, impossible de trouver des chiffres exacts.

A Missane, où selon l'Unicef plus d'un tiers des femmes sont mariées avant leur majorité, 14 femmes se sont suicidées depuis 2017. Et 184 autres ont tenté de le faire, de source officielle. Mais personne ne donne de détails sur les raisons de leur acte.

A Bassora (sud), une étude menée en 2017 auprès de 62 femmes ayant tenté de se suicider en s'immolant donne toutefois quelques indices: dans 80% des cas, ces femmes ont dit avoir agi après des différends familiaux, notamment au sujet de leur mariage.

- Loi "pas appliquée" -

En 2015, une tribu de Bassora avait "offert" cinquante "fasliya" à une autre, provoquant un vif émoi. Le grand ayatollah Ali Sistani, plus haute autorité religieuse pour la majorité des chiites d'Irak, a même appelé à abandonner cette pratique. Sans succès jusqu'à présent.

Pour Maytham al-Saadi, universitaire à Missane, c'est de "l'esclavage moderne" que les tribus utilisent aujourd'hui "pour n'importe quel prétexte, alors qu'avant seul le prix du sang était payé ainsi".

Ces pratiques vont à l'encontre de la loi: elles sont criminelles selon le code du statut personnel irakien de 1959. Epouser de force une femme en invoquant la "nahwa" par exemple est passible de "trois ans de prison pour un parent au premier degré et 10 ans pour un parent plus éloigné", rappelle M. Saadi.

Mais pour faire reculer de telles pratiques, estime la députée Intissar al-Joubouri, il faut plutôt miser sur l'éducation.

Promulguer de nouvelles lois prend en effet du temps et suscite de vifs débats, affirme l'élue, membre pendant plusieurs années de la commission parlementaire des droits des femmes.

Et surtout, dit-elle, les textes déjà en vigueur "ne sont pas appliqués car aucune femme ne porte plainte contre sa propre famille".

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