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Le Mali maintient le couvre-feu, les mosquées restent ouvertes pendant le Ramadan

Malick Coulibaly, ministre de la justice, recevant des masques au Mali, le 24 avril 2020. (VOA/Kassim Traoré)

Les musulmans s'apprêtent à vivre un mois de ramadan très particulier avec les restrictions pour empêcher la propagation du coronavirus. Les fidèles ne mangent pas et ne boivent pas toute la journée et sont appelés à faire des prières subrogatoires.

Ce que les musulmans appellent les nafilas, ces longues prières, ont lieu la nuit, après la rupture du jeûne, correspondant aussi à l’entrée en vigueur du couvre-feu de 21h05.

Les prières collectives dans les mosquées ne sont pas encore interdites à Bamako. Mais que faire avec le couvre-feu?

A l'instar de la Oumma islamique, le Mali a débuté le mois de ramadan ce vendredi. Durant le ramadan, les musulmans pratiquants sont appelés à respecter un jeûne du lever au coucher du soleil, et ce pendant un cycle lunaire.

"C'est un mois qui n'est pas facile, les dépenses sont multipliées dans les familles. Les gens mangent beaucoup, mais c'est le moment aussi que les denrées de première nécessité deviennent chères dans les marchés. En plus de tout cela cette année il y a la maladie de coronavirus, ce n'est pas facile pour nous musulmans, mais en croyants nous allons observer le jeûne​", confie Yaya Diarra à VOA Afrique.

Couvre-feu maintenu par le gouvernement

Le couvre-feu est au centre des débats.

"Nous devrions faire nos nafila. On les fait dans les rues mais le couvre feu commence à 21 heures. On veut que l'état recule l'heure du couvre-feu au moins à 22 heures comme heure de début", s'exprime Allaye Guindo, muezzin dans une mosquée de Bamako.

"Au Mali, l'Etat a instauré le couvre-feu de 21h05, mais les mosquées sont restées ouvertes avec le ramadan; ça ne sera pas facile", selon Diango Coulibaly, journaliste.

"Le couvre-feu continue, selon les autorités. Nous demandons aux fidèles musulmans de prier les Nafila avant 21 heures. L'heure du début du couvre-feu reste en vigueur", annonce la direction nationale de la police du Mali dans un communiqué.

Face à cette annonce, les responsables d'associations religieuses musulmanes et le bureau des Ulémas ont fait savoir que la décision du gouvernement n'est pas mauvaise. "Depuis l'enregistrement du premier cas de coronavirus au Mali, et jusqu'à nos jours, les mosquées sont ouvertes. C'est une bonne chose, nous demandons à tous les fidèles musulmans de prendre toutes les dispositions de faire les prières avant l'heure du couvre-feu", explique El Hadi Sylla, du bureau des Ulémas du Mali.

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Des mécontents

Avec le respect du couvre-feu plusieurs jeunes sont en chômage.

C'est le cas de Mohamed Samaké, portier dans un bar de la nuit. "Nous ne travaillons plus à cause du couvre-feu. Nous sommes nombreux en chômage aujourd'hui. Le couvre-feu nous tue, parce qu'on ne travaille plus. Je ne peux pas parler de jeûne, je ne travaille pas, je n'ai rien à manger ", a-t-il expliqué.

Alassane Diallo, boutiquier devant l'hôpital Gabriel Touré, éprouve un sentiment similaire. "Je ne peux pas parler de ramadan, ni de jeûne​, j'ai été viré par mon patron parce qu'il y a le couvre-feu. Je ne fais plus rien, pas à manger ni à faire face à mes besoins et dépenses de chef de famille. Je ne peux pas sortir à aller travailler devant les hôpitaux, toutes nos boutiques ont été fermées à cause du couvre-feu. Chez moi pas question de ramadan cette année".

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L'armée malienne arrive dans un village assiégé par des jihadistes présumés

Le vice-président et colonel Assimi Goïta, lors d'une réunion à Bamako, le 25 août 2020.

L'armée malienne est arrivée jeudi dans une localité du centre du Mali assiégée depuis deux semaines par des hommes armés généralement présentés comme des jihadistes et dont le sort suscite un intérêt considérable dans le pays en guerre.

Le vice-président, le colonel Assimi Goïta, homme fort de la junte au pouvoir entre le coup d'Etat du 18 août et la récente mise en place d'un gouvernement de transition, s'est rendu "sur le terrain dans la région de Ségou (pour) coordonner les opérations, libérer totalement la localité et traquer les terroristes", a dit un responsable au ministère de la Défense sous le couvert de l'anonymat.

Farabougou retient l'attention malienne en raison non seulement de la souffrance infligée aux habitants, mais aussi parce que la situation exceptionnelle de ce village coupé de son environnement à quelque 400 kilomètres au nord de Bamako, met à l'épreuve les nouvelles autorités de transition encore dominées par les militaires.

Farabougou se trouve dans le centre du Mali, pris dans un tourbillon de violence depuis l'apparition en 2015 d'un groupe jihadiste conduit par le prédicateur peul Amadou Koufa et affilié à Al-Qaïda.

Les violences jihadistes qui sévissent aussi dans le nord du pays contre les symboles de l'Etat se doublent ici d'affrontements entre les Peul, majoritairement éleveurs, et les ethnies bambara et dogon pratiquant essentiellement l'agriculture.

Le 6 octobre, des hommes armés ont enlevé une vingtaine de personnes lors de la foire hebdomadaire de Farabougou, avant d'en relâcher une dizaine. Ils ont encerclé Farabougou, en coupant tous les accès.

Les réseaux sociaux ont largement fait circuler des photos censées montrer un pont vital pour les habitants et qu'on avait fait exploser.

Quelques jours après, des villageois qui tentaient de rentrer à Farabougou sont tombés dans une embuscade. Au moins six habitants ont été tués entre l'attaque du marché et le guet-apens, selon des témoins et des responsables locaux.

Les médias maliens ont fait état d'une tentative de médiation menée par des personnalités locales. L'armée malienne a largué des vivres sur le village.

Elle a indiqué jeudi sur les réseaux sociaux que les premiers éléments de forces spéciales avaient été acheminés par hélicoptère dans le village. Elle n'a pas dit si le blocus de la localité était depuis levé ou non.

"En plus du personnel, beaucoup de colis, dont des médicaments, ont aussi été largués", a-t-elle ajouté. La situation est "une grande préoccupation" pour le ministère de la Défense, a-t-elle assuré.

Farabougou constitue un test pour les nouvelles autorités de transition installées en septembre par les militaires qui ont déposé l'ancien président élu Ibrahim Boubacar Keïta en août.

La dégradation sécuritaire constante est considérée comme un des facteurs primordiaux de la chute de M. Keïta et les nouvelles autorités en ont fait l'une de leurs priorités.

Depuis 2012, la spirale des violences a causé, avec les tensions intercommunautaires, des milliers de morts civils et militaires, malgré le déploiement de forces françaises et internationales, et s'est propagée au Burkino Faso et au Niger voisins.

L'ex-président Keïta de retour à Bamako deux mois après avoir été renversé

L'ancien président Ibrahim Boubacar Keita à Nouakchott, le 30 juin 2020.

L'ancien président malien Ibrahim Boubacar Keïta, renversé mi-août par un coup d'Etat militaire, est rentré mercredi soir à Bamako après un séjour médical aux Emirats arabes unis.

Arrêté par les militaires le 18 août, le président Keïta, 75 ans, avait démissionné quelques heures plus tard. Détenu par la junte pendant plus de deux semaines, il a été autorisé à quitter le Mali le 5 septembre pour recevoir des soins aux Emirats arabes unis.

Son avion de retour a atterri mercredi soir, a indiqué une source aéroportuaire. Des journalistes de l'AFP ont vu peu après un convoi précédé d'un motard pénétrer dans sa résidence de la capitale malienne.

"C''est le président IBK qui vient d'arriver", a déclaré devant son domicile un membre de la garde présidentielle. Quelques dizaines de riverains l'ont accueilli en scandant "Vive IBK" et "Bonne arrivée".

Son départ à l'étranger pour des soins avait été envisagé peu après sa chute, à la suite, selon ses médecins, d'un court accident vasculaire cérébral (AVC).

Les militaires avaient expliqué avoir autorisé son "évacuation sanitaire pour des raisons humanitaires pour une durée maximum d'un mois", un délai "extensible uniquement sur avis médical" et qui "ne pourrait excéder trois mois, auquel cas le suivi médical se fera au Mali".

"Le président IBK a démissionné. De quoi se mêle la CEDEAO?"
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La Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) "s'engage à assurer le retour de l'ancien président Ibahim Boubacar Keïta aussitôt après son séjour médical suivant les conditions susmentionnées", avait indiqué dans un communiqué le colonel Malick Diaw, numéro deux de la junte.

Sous pression de la communauté internationale, les auteurs du putsch se sont engagés à rendre le pouvoir à des dirigeants civils élus au terme d'une période de transition d'une durée maximale de 18 mois.

Un président de transition a été nommé, ainsi qu'un Premier ministre, tous deux des civils. Les colonels se sont néanmoins réservé les postes clés dans le gouvernement de transition.

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