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Le Kivu, au cœur des tensions dans la région des Grands Lacs

Le lac Kivu en RDC, 24 avril 2016. VOA/Charly Kasereka

La région du Kivu, dans l'est de la RDC, territoire convoité pour ses ressources minières, constitue le principal foyer de conflits du pays et de tensions dans la région des Grands Lacs.

Le Kivu, composé des provinces du Nord et du Sud, est riche en ressources naturelles, principalement minières comme l'or, le coltan ou la cassitérite (minerai d'étain) particulièrement recherchés dans l'industrie des télécoms, mais aussi agricoles ou forestières.

Le Nord-Kivu est par ailleurs l'une des zones les plus densément peuplées de la RDC.

- Au cœur des tragédies -

Frontalier du Rwanda, du Burundi, de l'Ouganda et de la Tanzanie, le Kivu s'est trouvé au cœur des tragédies de la région: rivalités communautaires et politiques, conflits fonciers meurtriers, exode massif de réfugiés hutu rwandais en 1994 (près d'un million) après le génocide des tutsi, présence de miliciens hutu rwandais, de rebelles burundais et ougandais, de milices tribales.

D'importantes communautés issues de vagues successives d'émigration de Tutsi et Hutu venus du Rwanda s'y sont installées progressivement, depuis le XVIIIe siècle. Au début des années 1980, le régime de Mobutu Sese Seko a instrumentalisé la question de la nationalité pour marginaliser ces populations.

Les guerres de 1996-1997 et de 1998-2003, qui ont impliqué jusqu'à sept pays africains sur le sol congolais, ont commencé dans le Kivu. Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, est à chaque fois devenue la capitale de la zone tombée sous contrôle de rébellions soutenues par le Rwanda, dont celle de 1996 a abouti à la chute de Mobutu en mai 1997.

Au cours de ces deux guerres régionales, puis dans le cadre d'opérations conjointes avec le régime de Kinshasa à la fin des années 2000, le Rwanda a envoyé des troupes dans l'Est congolais. Kigali affirmait vouloir assurer la sécurité de sa propre population, en pourchassant des rebelles hutu rwandais considérés comme des génocidaires et regroupés au sein des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).

En mai 2012, débute dans le Kivu la rébellion du Mouvement du 23 Mars (M23), surtout composé d'ex-rebelles congolais tutsi du Congrès national du peuple congolais (CNDP) intégrés à l'armée après un accord signé le 23 mars 2009 et dont ils revendiquent la pleine application. L'ONU accuse le Rwanda et l'Ouganda de soutenir les rebelles.

Fin 2013, la rébellion est vaincue militairement et le reste de ses combattants se réfugient au Rwanda et en Ouganda.

- Des massacres à répétition -

Depuis octobre 2014, Beni et ses environs, dans le nord de la province du Nord-Kivu, sont le théâtre d'une série de massacres de civils perpétrés essentiellement à l'arme blanche et ayant fait des centaines de morts: 700 selon l'ONU, jusqu'à 1.300 selon des ONG.

Les Forces démocratiques alliées (ADF), une rébellion ougandaise musulmane hostile au président ougandais Yoweri Museveni et installée dans la région depuis 1995, sont officiellement accusées d'être derrière ces crimes.

Des rapports de chercheurs ou d'experts ont imputé la responsabilité des tueries à des rebelles ADF, mais aussi à des soldats de l'armée régulière et des combattants d'autres milices locales, notamment en raison de différends ethniques et de conflits fonciers.

Au total, au moins 35 civils ont été tués au Nord-Kivu pendant le weekend de Noël, dont au moins 22 morts dans le territoire de Beni, un massacre imputé par les autorités aux rebelles ADF.

Avec Afp

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Tshisekedi promeut son oncle et confirme le chef d'état-major

Mgr Gérard Mulumba, oncle du président Félix Tshisekedi, Kinshasa, le 1er février 2019. (Facebook/Fatshi News)

Le président congolais Félix Tshisekedi a nommé un de ses oncles à l'intendance des services de la présidence en République démocratique du Congo, tout en confirmant dans ses fonctions le chef d'état-major nommé par son prédécesseur Joseph Kabila.

Le président Tshisekedi a nommé son oncle, le cardinal Gérard Mulumba, "chef de la maison civile" du chef de l'État, avec rang de ministre, dans une ordonnance lue mercredi sur la chaîne d'Etat.

Mgr Gérard Mulumba est le frère du père de l'actuel président, l'ex-Premier ministre et opposant Etienne Tshisekedi, décédé à Bruxelles le 1er février 2017.

Sa nomination intervient juste après l'annonce du rapatriement du corps et des funérailles d'Etienne Tshisekedi à Kinshasa du 30 mai au 1er juin. Le corps était en Belgique depuis plus de deux ans faute d'accord sur les funérailles avec l'ancien régime du président Kabila.

Placée sous l'autorité directe du président de la République, la maison civile du chef de l'État est chargée de la gestion du service de l'intendance et de la logistique des résidences et sites présidentiels privés, du secrétariat privé du chef de l'État et du service médical présidentiel.

M. Tshisekedi a reconduit le général Célestin Mbala Musense au poste du chef d'état-major des Forces armées de la RDC, en le promouvant au grade de "général d'armée".

Célestin Mbala avait été installé en 2018 par l'ancien président Joseph Kabila.

Le président a nommé le général major Jean-Claude Yav chef de la maison militaire. Un autre général, François Kabamba, a été nommé conseiller militaire du chef de l'État.

Au moins 20 morts dans une attaque de "bandits" dans le nord

Des membres de la police nigériane poursuivent les manifestants du Mouvement islamique du Nigéria (IMN) à Abuja le 17 avril 2018.

Une vingtaine de personnes au moins ont été tuées mardi dans l'attaque de "bandits" armés contre un village de fermiers, dans l'Etat de Katsina, dans le nord-ouest du Nigeria, cible de gangs criminels ces derniers mois, a indiqué la police mercredi.

Les assaillants arrivés en moto ont lancé leur raid contre le village de Yargamji (district de Batsari) en ouvrant le feu sur les habitants et "ont tué 18 personnes", a déclaré le porte-parole de la police de l'Etat de Katsina, Gambo Isah.

Une milice d'auto-défense est arrivée d'un village voisin pour défendre les fermiers attaqués et les combats se sont poursuivis dans la forêt où les cadavres de deux miliciens tués par balle ont ensuite été récupérés, selon la police.

Les habitants affirment que ces combats ont fait davantage de morts et qu'un raid du même type a visé le village proche de Mara Zamfarawa où cinq autres villageois ont été tués, selon l'un d'entre eux Sada Iro.

L'État de Katsina, à quelque 350 km au nord d'Abuja, la capitale fédérale, est le théâtre d'une série d'attaques similaires depuis ces derniers mois.

Les gangs criminels, qui n'ont pas d'idéologie affichée, mènent régulièrement des raids dans les villages, volant du bétail, brûlant des maisons, pillant de la nourriture et procédant à des enlèvements contre des rançons.

Les communautés rurales ont formé des milices d'autodéfense pour pallier le manque de policiers ou de militaires dans ces zones difficiles d'accès.

Mais ces forces d'autodéfense sont-elles mêmes accusées d'exécutions extrajudiciaires de bandits présumés, ce qui exacerbe les violences.

Le vaste Nigeria est confronté à de multiples défis en matière de sécurité, notamment les attaques du groupe islamique Boko Haram et les affrontements intercommunautaires entre éleveurs et agriculteurs qui se disputent les terres dans un pays à la démographie galopante.

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