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Le Haut-commissaire de l'ONU aux réfugiés inquiet du "climat de xénophobie" en Europe

Filippo Grandi, à gauche, le Haut-commissaire de l'ONU pour les réfugiés, parle avec une famille syrienne au camp de Saadnayel, Liban, 22 janvier 2016.

Le Haut-commissaire de l'ONU pour les réfugiés, Filippo Grandi, s'est inquiété du "climat de xénophobie" en Europe à Téhéran avant la célébration lundi de la journée mondiale des réfugiés.

"La responsabilité des hommes politiques devrait être d'expliquer que l'immigration, par certains aspects, contribue en fait au développement des sociétés et que les réfugiés (...) ont besoin de protection, car ils ne constituent pas un danger mais fuient des endroits dangereux", a affirmé M. Grandi, venu en Iran pour évoquer la situation des réfugiés afghans dans ce pays.

Pour lui, "ceux qui font le contraire et montent l'opinion publique contre les réfugiés et les migrants créent un climat de xénophobie qui est très inquiétant dans l'Europe d'aujourd'hui". Et cela "donne un mauvais exemple aux pays" qui ne sont pas dans l'Union européenne (UE).

Filippo Grandi, qui a pris ses fonctions en janvier, a regretté que "les bonnes décisions" prises l'an dernier par l'UE pour mieux gérer l'afflux de millions de réfugiés sur son territoire n'aient "pas été appliquées". Ce fut, a-t-il affirmé, "une occasion manquée" , car ensuite "chaque pays a pris ses décisions séparément, des frontières ont été fermées".

"J'espère qu'à l'avenir l'Europe va reprendre la discussion afin d'avoir un système de gestion de l'afflux des réfugiés plus collectif et collégial, basé sur la solidarité et un partage des tâches entre Etats, plutôt que d'essayer d'agir seuls avec comme résultat quelques pays qui accueillent un grand nombre de réfugiés et d'autres qui ferment leurs frontières", a-t-il dit.

M. Grandi s'est en outre inquiété de la situation "des personnes déplacées" à l'intérieur des pays en guerre, particulièrement au Moyen-Orient. "Les deux-tiers des personnes déplacées dans le monde sont des déplacés internes", selon lui. "Nous en avons des millions en Afghanistan, en Syrie, en Irak, au Yémen. Ils sont les plus difficiles à atteindre, car ils sont généralement pris dans les guerres et il est par conséquent dangereux de leur porter assistance". "Ce n'est pas spécifique au Moyen-Orient, mais c'est d'une ampleur considérable dans cette région", a-t-il remarqué.

"Echec politique"

Les difficultés à soulager les souffrances des réfugiés et déplacés internes sont "d'abord un échec politique à résoudre les conflits, pas un échec de l'aide", selon lui.

Filippo Grandi, qui a quitté dimanche l'Iran pour l'Afghanistan où il célèbrera la journée mondiale des réfugiés lundi, a choisi de le faire dans cette région car "elle est le théâtre de la crise des réfugiés afghans qui, malheureusement, a été régulièrement oubliée dans l'histoire".

"On ne s'en souvient que lorsque quelque chose de grave se passe, comme le 11 septembre (2001) et, aujourd'hui, l'arrivée d'Afghans parmi des centaines de milliers d'autres (réfugiés) en Europe", a-t-il affirmé.

Le Haut-commissaire de l'ONU, qui doit également aller au Pakistan, a jugé important de souligner que les "pays voisins de l'Afghanistan, l'Iran et le Pakistan, sont ceux qui ont le plus soutenu les réfugiés (afghans) sur la plus longue période de temps".

Il a rendu hommage aux autorités iraniennes pour le travail "considérable" d'accueil de ces réfugiés afghans, qui sont actuellement près d'un million en Iran, selon les chiffres du Haut commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR). En plus de ces réfugiés légaux, l'Iran estime qu'il y a deux millions de clandestins afghans, souvent des travailleurs saisonniers.

"Des choses ont été faites en Iran qui sont véritablement des exemples pour les autres pays" d'accueil, a estimé Filippo Grandi. Il a en particulier cité un décret pris en 2015 par le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, qui "donne accès aux enfants (afghans) au système scolaire" iranien.

Avec AFP

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Trump et Biden se disputent le vote des Hispaniques de Floride

Fabiola Vejar, à droite, inscrit Stephanie Cardenas pour voter devant un supermarché latino à Las Vegas, le 9 juin 2016.

Quel est le point commun entre l'ex-leader cubain Fidel Castro et l'ouragan Maria qui a dévasté l'île de Porto Rico en 2017? Chacun est brandi comme un épouvantail par Donald Trump et Joe Biden quand ils viennent à la chasse aux électeurs latinos en Floride.

Dans cet Etat où se sont jouées de précédentes présidentielles --et où pourrait bien se jouer celle du 3 novembre-- le poids électoral des votants d'origine cubaine est connu depuis des décennies: anticastristes convaincus, ils sont majoritairement républicains.

Mais la carte locale du vote hispanique pourrait ne plus avoir grand chose à voir en 2020 par rapport à 2016.

Dans le sillage d'une profonde crise financière qui l'a mise à genoux économiquement, Porto Rico a été ravagée par Maria, poussant des dizaines de milliers de ses habitants à quitter l'île et venir grossir les rangs de la population hispanophone de Floride.

C'est le cas de Taileen Nieves, 42 ans. Cette femme a enduré les terribles coups de boutoir de l'ouragan, le 20 septembre 2017, et a été directement témoin des vastes destructions causées.

Afflux de sinistrés portoricains

Deux mois plus tard, épuisée par les conditions de vie et l'absence de courant électrique, la Portoricaine a pris son fils de 3 ans sous le bras et s'est résolue à trouver refuge en Floride.

"Cela a été vraiment difficile, moi seule avec mon enfant. Et très dangereux", résume-t-elle.

Elle vit désormais à Auburndale, dans le centre de la péninsule située au Sud-Est des Etats-Unis. Après dix mois de chômage, elle a trouvé un emploi chez un podologue.

Selon Jorge Duany, directeur de recherches sur les questions cubaines à l'Université internationale de Floride, "il y a actuellement environ un million d'électeurs portoricains inscrits, plus ou moins la même quantité que les Cubains".

Et donc, au scrutin du 3 novembre, le comportement des électeurs latinos dépendra d'une donnée nouvelle mais cruciale: le jugement qu'ils portent sur la gestion de l'ouragan par Donald Trump.

Maria a fait quelque 3.000 morts à Porto Rico, un lourd bilan qui marquera durablement la mémoire collective des sinistrés.

Beaucoup se souviennent de la visite éclair post-ouragan du président dans le territoire, dont les près de 4 millions d'habitants sont des citoyens américains.

Donald Trump avait été filmé en train de jeter des rouleaux de papier essuie-tout en direction de supposés sinistrés, d'une façon nonchalante voire dégradante selon les critiques du président, et en tout cas sans la gravité attendue face à l'ampleur de la catastrophe.

Trois ans plus tard, les démocrates entendent garder ce souvenir vivace et l'exploiter.

L'équipe de campagne de Joe Biden a diffusé un clip vidéo compilant les images de la dévastation causée par Maria, sur une musique de Bad Bunny, célèbre chanteur de reggaeton portoricain.

Mardi, le candidat démocrate s'est rendu à Kissimmee, un bastion portoricain proche de la grande ville d'Orlando. Il a exprimé son soutien à ce que le territoire insulaire devienne le 51e Etat de l'union.

Une énorme pancarte montrait Donald Trump et sa distribution aérienne de rouleaux essuie-tout, avec la légende suivante: "Défense d'oublier".

Cependant, l'incertitude plane sur la capacité à se mobiliser de cet électorat.

Vénézuéliens "nouveaux Cubains"

A l'opposé, le soutien à Donald Trump des votants d'origine cubaine semble s'être renforcé depuis 2016.

Selon un sondage NBC News/Marist: le président devancerait son rival démocrate de quatre points (50-46) dans les intentions de vote chez les Latinos, les deux hommes étant à égalité en Floride en comptant tous les électeurs.

M. Trump a su rallier les votants d'origine vénézuélienne en adoptant une posture farouchement anti-Maduro, le président du Venezuela, même si celui-ci est toujours au pouvoir à Caracas.

"Les républicains ont une stratégie habile qui consiste à transformer les Vénézuéliens en nouveaux Cubains", résume Randy Pestana, un expert en sciences politiques.

Dimanche, Trump a rendu hommage aux anciens combattants du débarquement de la baie des Cochons, une tentative d'invasion militaire de Cuba par des exilés cubains soutenus par les États-Unis en avril 1961.

Dans le reste du pays, les électeurs hispaniques sont majoritairement originaires du Mexique et des pays d'Amérique centrale. Pour eux la question migratoire est essentielle pour déterminer leur vote, un thème sur lequel Donald Trump a toujours affiché sa fermeté.

Résultat, au niveau national, 66% des Hispaniques disent avoir une opinion défavorable du président, selon l'institut Latino Decisions. Et en novembre ils représenteront pour la première fois le premier groupe de votants parmi les minorités ethniques, avec 13% de l'électorat, a calculé l'institut Pew.

Mais ce sont bien les Latinos de Floride qui seront les plus susceptibles de faire basculer l'issue du scrutin.

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