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Moyen-Orient

Le Hamas exige aux non-mariés un tuteur pour voyager

Militants du Hamas défilant à Gaza, le 14 février 2020. (Photo AP)

Les hommes et les femmes non mariées de la bande de Gaza n'ont désormais plus le droit de voyager sans autorisation d'un tuteur, d'après une nouvelle décision controversée du mouvement islamiste Hamas au pouvoir dans ce territoire palestinien.

"Un parent ou un grand-père peuvent interdire à un garçon de plus de 18 ans de voyager si le voyage est préjudiciable, en engageant des poursuites devant le tribunal compétent", ont indiqué les autorités judiciaires dimanche soir, sans donner de détails sur ce qui était considéré comme "préjudiciable".

"Il est interdit à une femme non mariée, qu'elle soit vierge ou non, de voyager sans permission d'un tuteur qui peut lui refuser de voyager en cas de préjudice", poursuit le texte de la décision signé par le président du Conseil suprême de la charia (loi coranique), Hassan al-Joujou, et qui a effet immédiat.

Enclave palestinienne de deux millions d'habitants, la bande de Gaza est sous contrôle, depuis 2007, des islamistes du Hamas, liés à la tendance des Frères musulmans.

Cette décision du Hamas, qui intervient à l'heure d'élections internes au sein du mouvement et à l'approche des législatives palestiniennes prévues en mai prochain, suscitait lundi de premières critiques.

Le Front démocratique de libération de la Palestine (FDLP, un petit mouvement de gauche) a appelé, dans un communiqué, les autorités à annuler cette "atteinte à la loi fondamentale palestinienne et à la déclaration universelle des droits de l'homme".

Basé à Genève, l'Observatoire euro-méditerranéen des droits de l'homme, un regroupement de dizaines d'ONG, a estimé que la mesure des autorités à Gaza devait être "immédiatement retirée", considérée aussi comme une "violation" des lois palestiniennes et du droit international.

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Affaire Jamal Khashoggi: l'administration Biden publie un rapport qui accable le prince héritier saoudien

Une policière turque passe devant la photo du journaliste saoudien Jamal Khashoggi avant une cérémonie, près du consulat d'Arabie Saoudite à Istanbul, marquant le premier anniversaire de sa mort, le 2 octobre 2019.

Le prince héritier d'Arabie Saoudite, Mohamed ben Salman, avait validé l'exécution du journaliste Jamal Khashoggi, basé aux Etats-Unis, selon l'extrait d'un dossier secret rendu public par l'administration Biden vendredi.

M. Khashoggi, un journaliste saoudien, était l'ancien rédacteur en chef du quotidien saoudien Al-Watan et chroniqueur au Washington Post. Il a été tué le 2 octobre 2018, peu après son entrée au consulat saoudien à Istanbul, en Turquie.

Selon sa fiancée qui l'accompagnait au consulat, il était allé renouveler son passeport. On ne le reverra plus jamais.

Dans une plainte introduite en 2020, la fiancée, Hatice Cengiz, déclare au tribunal que des agents saoudiens ont "lié, drogué, torturé et assassiné" Jamal Khashoggi puis "démembré son corps". Ne sachant pas ce qui se passait à l’intérieur du bâtiment, elle l'a attendu dehors pendant plus de 12 heures. Les restes de M. Khashoggi n'ont jamais été retrouvés ni rendus, précise-t-elle dans sa plainte.

Le rapport avait été préparé beaucoup plus tôt mais l'administration Trump avait gelé sa publication, malgré les objections du Congrès, selon le quotidien USA Today. Il contient les noms d'une vingtaine de personnes qui auraient participé à la mort du journaliste.

Jamal Khashoggi avait 48 ans au moment de sa disparition.

"Nous estimons que le prince héritier d'Arabie Saoudite, Muhammad bin Salman, a approuvé une opération à Istanbul, en Turquie, pour capturer ou tuer le journaliste saoudien Jamal Khashoggi", lit-on dans le rapport.

Plus loin, ont lit:"Depuis 2017, le prince héritier exerce un contrôle absolu des agences de sécurité et de renseignement du Royaume saoudien, ce qui rend très improbable que des fonctionnaires aient mené une opération de cette nature sans son autorisation".

Hatice Cengiz, la fiancée de Jamal Khashoggi, assiste à un événement marquant le premier anniversaire de son assassinat, à Istanbul, Turquie, le 2 octobre 2019.
Hatice Cengiz, la fiancée de Jamal Khashoggi, assiste à un événement marquant le premier anniversaire de son assassinat, à Istanbul, Turquie, le 2 octobre 2019.

Selon le rapport américain, le journaliste était surveillé par le gouvernement saoudien, quoi que vivant à l'étranger.

Un fait qui avait été confirmé par l'organisation à but non lucratif Freedom House, qui, début février, a identifié l'Arabie saoudite comme l'un des pays qui mènent des vastes "campagnes de répression transnationales", avec le Rwanda, la Chine, l'Iran, la Russie et la Turquie.

Quelques semaines après la mort de M. Khashoggi, le président turc Recep Tayyip Erdogan avait pointé du doigt le gouvernement saoudien lors d’un discours prononcé devant le parlement à Ankara. Il avait aussi demandé au gouvernement saoudien d'extrader vers la Turquie les personnes impliquées dans la mort du journaliste, argumentant que la Turquie avait le droit de les poursuivre en justice vu que le meurtre présumé avait été commis sur son territoire.

Malgré la publication du dossier, il est difficile de savoir si les auteurs présumés – et encore moins le prince – seront sanctionnés par le gouvernement américain.

La veille, le président Joe Biden avait eu une conversation téléphonique avec le roi Salman d'Arabie saoudite. Aucune mention du dossier Khashoggi ne figure dans le compte-rendu officiel publié par la Maison Blanche.

Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), une association à but non lucratif qui défend la liberté de la presse, place l'Arabie saoudite parmi les pires endroits au monde pour exercer le métier de journaliste.

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