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Des doutes pèsent sur le Grand Magal et le Maouloud sénégalais à cause du coronavirus


Des pèlerins mourites avec un chapelet à la main sur l'esplanade de grande mosquée à touba, le 28 octobre 2018, jour du grand Magal des Mourides, le plus grand pèlerinage annuel de la confrérie au Sénégal.

Au Sénégal, l'annulation annoncée de la célébration du "Magal des 2 Rakkas" de Saint-Louis marquant l'anniversaire de la prière du guide des mourides devant l'autorité coloniale a vivement marqué les esprits. La non-tenue de cet événement qui réunit chaque année des centaines de milliers de fidèles fait craindre aux fidèles une remise en cause aussi du Grand Magal de Touba qui regroupe des millions de pèlerins chaque année.

Subtilement évoqué depuis plusieurs semaines par certaines autorités, l'annulation du Grand Magal de Touba ou sa tenue en comité restreint est plus que jamais d'actualité mais les fidèles s'abstiennent de tout commentaire.

Les Sénégalais s'interrogent si le Grand Magal de Touba aura lieu
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Moussa Ndiaye estime qu'un disciple doit juste se conformer à la décision du Khalife quelle qu'elle soit. "Les talibés doivent suivre les désirs du marabout. Ce qui l’a poussé à annuler la manifestation des deux rakaas de Saint-Louis et d'autres célébrations avant peut aussi être la même cause pour le grand Magal car il peut demander aux fidèles de célébrer ça chez eux", soutient-il.

Moussa insiste sur l'autorité du Khalife qui est le "seul" apte à prendre cette décision. Pour lui, les disciples doivent attendre l'avis de l'autorité religieuse pour éviter les confusions. "Tout dépend du Khalife", conclut-il.

Dans la foulée du Magal de Touba, le Maouloud, qui célèbre la naissance du Prophète, est aussi un évènement majeur qui réunit les musulmans dans différentes villes religieuses du pays.

Évoquer son annulation est aussi très délicat pour les croyants, même s'ils sont conscients du danger que représente la maladie Covid-19. Pour Serigne Pape Fall, c'est un vrai dilemme.

"La religion c'est quelque chose qui relève du dogmatisme, donc on ne peut pas passer sur quelque chose qui se passe et qui est fêté dans tout le monde par tous les musulmans comme le Maouloud, qui est pour les musulmans un événement sacré", avance-t-il.

Même s'ils ne doutent pas de l'existence de la pandémie, les musulmans sénégalais veulent faire les célébrations religieuses comme il se doit, sauf que le respect des mesures barrières est une "contrainte" majeure à prendre en compte, donc c'est "difficile de se positionner même si on est musulman" d'après Serigne Pape.

La pratique de la religion peut être alliée à de nouvelles règles qui s'adaptent aux réalités imposées par la pandémie. C'est l'avis de Abdou Lahat Gaye, qui prône une réforme temporaire des célébrations religieuses.

"Je pense que c'est le moment de mettre le fanatisme un peu de côté parce que, comparaison n'est pas raison certes, mais on sait ce qui s'est passé à La Mecque cette année, vous avez vu le Hajj comment ça s'est passé", dit-il.

Abdou Lahat affirme que si dans l'histoire contemporaine le Hajj a été différé à plusieurs reprises pour des raisons semblables à celle-ci, d'autres événements religieux peuvent l'être.

Depuis le début de la pandémie, la majorité des célébrations religieuses a été annulée. Des experts médicaux et certaines autorités souhaitent que le Magal de Touba soit aussi annulé ou célébré avec de fortes restrictions pour éviter une contamination à grande échelle.

Cependant les fidèles et plusieurs guides religieux haussent le ton pour rappeler que la tenue ou non de la plus grande manifestation religieuse du Sénégal dépendait exclusivement du Khalife Général des Mourides.

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