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Gabon

Le gouvernement gabonais et l'UE achèvent leur dialogue sur la crise post-électorale de 2016

Le président du Gabon Ali Bongo à Londres, le 11 octobre 2018.

Le Gabon et l'Union européenne ont achevé dimanche leur dialogue au sujet l'élection présidentielle de 2016 et les violences qui ont suivi, ont annoncé dimanche l'ambassadrice de l'UE dans le pays et le ministre gabonnais des Affaires étrangères.

"Les deux parties ont évoqué les violences post-électorales de 2016, pour convenir de l'importance d'une réparation aux victimes, en vue d'une réconciliation durable, dans le cadre des plaintes qui seraient déposées", a notamment affirmé l'ambassadrice Rosário Bento Pais lors d'une conférence de presse.

Après l'élection présidentielle de 2016 et la réélection d'Ali Bongo Ondimba pour un deuxième mandat de sept ans, l'opposant Jean Ping avait affirmé avoir remporté le scrutin. Son QG avait été pris d'assaut par des forces de sécurité.

Les eurodéputés avaient adopté en 2017 une résolution affirmant que le scrutin manquait de "de transparence", ce qui à leurs yeux remettait "en cause la légitimité" du vainqueur.

Le dialogue politique entre le Gabon et l'UE avait alors été interrompu, et n'a repris qu'en novembre 2019.

Dimanche, l'UE et les représentants du gouvernement gabonais ont également affirmé leur volonté de "remédier à la question des détentions irrégulières", et étaient également d'accord pour qualifier les suspensions de médias par l'Etat de "mode de régulation trop souvent disproportionné et préjudiciable", a affirmé l'ambassadrice.

"Bruxelles a pu constater que nous avons pris des engagements, nous pouvons en finir avec un dialogue politique intensifié pour ouvrir un dialogue politique normal", s'est pour sa part félicité le ministre gabonais des Affaires étrangères, Alain-Claude Bilie-By-Nze.

Avec AFP

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"No", un jeune Slameur qui milite pour la conscientisation citoyenne

‘No’ en pleine prestation au carrefour Awendje à Libreville, le 24 janvier 2020. (archives fournies par ‘No’)

Au Gabon, les mauvais comportements sont comme une tâche de marqueur indélébile. Pour s’en défaire, Franck Noël Makosso - "No" pour les intimes - veut changer les mentalités par la poésie. Le slam est son crédo.

"On veut que les choses changent, mais on fait tout pour que les choses ne changent pas.Qu’il soit simple citoyen ou une personnalité ayant des responsabilités administratives, politiques ou sociales, le problème du Gabon, c’est le Gabonais lui-même", soutient ‘No’.

Le slam pour dépeindre la réalité
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Plus qu’un simple constat d’échec d’une société, Franck Noël Makosso de son vrai nom dépeint en noir le comportement du citoyen qu’il côtoie dans les bidonvilles de Libreville.

La trentaine révolue, le jeune slameur a choisi le slam pour dénoncer la galère d’une jeunesse désœuvrée des quartiers populaires et les extravagances d’une élite de "parvenus".

"Le Gabonais aiment les jouissances. Donne-lui 30 millions de francs CFA [30.000.000], il appellera ses frères pour faire la fête plutôt que de se construire une maison", lance le slameur national.

Pour lui, le problème du Gabon, c’est finalement le Gabonais : "Je pense que le seul changement de mentalité du citoyen peut influencer celle des décideurs politiques".

Et "No" croit avoir déjà une solution au problème Gabonais.

"C’est en décryptant les mauvaises habitudes qui ont cours dans notre cité que je me suis retrouvé à écrire ce texte. Pour moi, la solution, c’est l’amour de son pays. L’amour est dans la poésie. Il suffit de soustraire du mot problème, les trois lettres rebelles qui sont R.L.B pour en faire un poème", déclare "No".

Étudiant en licence 2 de l’Institut des techniques avancées de Libreville, Franck Noël Makosso est promoteur des ateliers de slam dans les écoles de Libreville.

Ce projet vise à familiariser les lycéens aux mélodies parlées et improvisées pour en faire plus tard des spécialistes dans l’art oratoire.

Triple champion national des concours de slam 2016-2017 et 2018. "No" est issu du carrefour Awendjé, un quartier sud de Libreville où il organise régulièrement des séances de slam et de rap.

Incidents à Libreville après des rumeurs d'enlèvements d'enfants

Le président du Gabon, Ali Bongo Ondimba (à gauche), parle à son épouse, Sylvia Bongo Ondimba, lors d’un match de football de la Coupe d'Afrique des Nations 2017 au Stade de l'Amitie Sino-Gabonaise à Libreville, le 14 janvier 2017.

Plusieurs quartiers populaires de Libreville étaient bloqués vendredi par des manifestants, au moment où enflent au Gabon des rumeurs sur une vague d'enlèvements d'enfants, démenties par les autorités, a constaté un journaliste de l'AFP.

Les premiers incidents ont commencé dans la nuit de jeudi à vendredi quand des habitants ont bloqué l'un des principaux axes routiers de la ville, au niveau du quartier PK7, brûlant des poubelles et des pneus.

Les heurts se poursuivaient vendredi soir dans d'autres quartiers de la ville, notamment vers le PK9.

Dans ce quartier, des forces de sécurité étaient retranchées dans la gendarmerie, grille fermée. "Nous sommes allés chercher un homme qui était en train de se faire lyncher par la population, et nous l'avons transporté jusqu'à l'hôpital militaire", a affirmé à l'AFP un officier sous le couvert de l'anonymat. Sur la route, gisaient plusieurs poubelles calcinées.

Plus loin, la circulation était totalement bouchée. "Ils ont créé un barrage pour vérifier que personne ne cache des enfants dans les voitures", a expliqué un habitant du quartier.

Au loin, un nuage de fumée noire se dégageait dans le ciel, et plusieurs tirs de grenade lacrymogène étaient audibles.

"Il n'y a pas de vague d'enlèvements d'enfants", a martelé vendredi le porte-parole de la présidence, Jessye Ella Ekogha, lors d'une conférence de presse. Il a appelé "les populations à la responsabilité" et à ne pas céder à la "psychose".

"Nous comprenons les appréhensions de la population, mais elles sont exacerbées par différentes fausses informations qui circulent sur internet", a-t-il ajouté.

Les rumeurs concernant une série d'enlèvements d'enfants au Gabon se sont propagées sur les réseaux sociaux, après la disparition le 12 janvier d'un garçon de 3 ans prénommé Rinaldi dans un village situé dans le nord du pays.

Une enquête a été ouverte et est actuellement en cours, a précisé le porte-parole de la présidence, insistant sur le fait que ces dernières semaines "une seule plainte a été déposée pour un cas d'enlèvement", celle des parents du "petit Rinaldi".

Le slam pour dépeindre la réalité

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