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Le Ghana invite les descendants d'esclaves et sa diaspora à "rentrer à la maison"

L'ex-président ghanéen Kwame NKrumah, père de l'indépendance, arrivant à l'Assemblée nationale, Accra, Ghana, le 24 août 1965.

Sicley Williams s'est décidée à sauter le pas, fatiguée dit-elle par l'ambiance "toxique" de la politique américaine depuis l'arrivée de Donald Trump au pouvoir: en 2017. Cette Africaine-Américaine a quitté son Chicago natal pour s'installer au Ghana.

Elle connaissait un peu ce pays d'Afrique de l'Ouest pour y être venue en vacances, et appréciait le calme qui s'en dégageait. Elle travaille désormais comme instructrice de yoga et a ouvert une chaîne de spas à travers la capitale.

"Le climat aux États-Unis était vraiment négatif, particulièrement autour des questions raciales", raconte-t-elle. "C'est plus agréable de vivre dans un endroit où tu te sens plus accepté, plus libre, plus enclin à être qui tu es vraiment, et bien sûr, d'être entouré de gens qui te ressemblent", explique-t-elle à l'AFP.

Sicley Williams ne sait pas exactement d'où sont partis ses ancêtres, mais le Ghana fut l'un des importants pays de départ de la traite négrière entre les XVe et XVIIIe siècles. Les forts et les donjons qui parsèment encore aujourd'hui la côte Atlantique rappellent ce souvenir douloureux pour tout un peuple, mais aussi pour les millions de descendants d'esclaves.

En 2009, le président américain Barack Obama avait visité le fort de Cape Coast avec toute sa famille, décrivant l'endroit comme un lieu "de tristesse profonde".

"Cela nous rappelle à quel point l'Histoire peut avoir ses côtés sombres, mais aussi qu'il est possible de les dépasser", avait déclaré ce fils d'un immigré kényan.

- Année du retour -

En septembre 2018, le chef de l'État ghanéen Nana Akufo-Addo a inauguré "l'Année du retour", douze mois pendant lesquels le pays d'Afrique de l'Ouest organise des festivals ou des évènements pour commémorer les victimes de l'esclavage.

Une manière aussi de rappeler aux Africains de la diaspora, même plusieurs siècles après le départ forcé de leurs ancêtres, que leurs racines se trouvent ici.

"Nous savons les succès extraordinaires et la contribution qu'ils ont apportés en Amérique, et il est important que, 400 ans plus tard, nous célébrions leur courage et leur sacrifice", a déclaré le chef de l'État.

Le Ghana a toujours maintenu des liens importants avec les États-Unis, et M. Akufo-Addo n'est pas le premier à faire des appels du pied à la diaspora.

Le père de l'indépendance, Kwame Nkrumah, avait déjà tenu des propos en ce sens. Et en 2000, le Parlement ghanéen a voté une loi permettant à toute personne de la diaspora de s'installer et de travailler plus facilement dans le pays.

La ministre du tourisme Catherine Abelema Afeku a encore simplifié l'obtention des visas et fondé Panafest, un festival de théâtre, pour que puissent se rencontrer les artistes africains et ceux de la diaspora "autour des questions de l'esclavage".

- "Returnees" -

Le Ghana tente également de devenir plus attractif pour ses ressortissants partis vivre à l'étranger.

Le président Akufo-Addo, lors de la visite du président français Emmanuel Macron fin 2017, s'était engagé à "convaincre la jeunesse que les opportunités sont ici, chez nous".

"C'est le manque d'opportunités qui pousse les jeunes à partir", avait-il martelé.

Aujourd'hui, des Ghanéens partis il y a plusieurs années commencent à rentrer, comme Christabel Dadzie: elle a vécu pendant dix ans aux États-Unis avant de revenir au pays et d'y fonder Ahaspora Young Professionals, une startup qui accompagne les Ghanéens émigrés à se réinstaller dans leur patrie.

Grâce à un réseau d'adhérents d'environ 2.000 personnes, Christabel soutient la recherche d'un emploi, de logement, ou la gestion des problèmes du quotidien de ceux qui sont revenus à Ghana.

Pour elle, l'arrivée des "returnees" au Ghana "est un plus pour le tourisme et le vivre-ensemble". Mais c'est aussi, bien sûr, un énorme avantage pour l'économie de ce petit pays d'Afrique de l'Ouest, qui a connu un record de croissance en 2018 grâce à la récente exploitation du sous-sol pétrolier.

"Ils reviennent et montent des affaires incroyables qui marchent très bien ici", s'enthousiasme la jeune femme.

"En revenant, tu trouveras toujours un petit endroit pour faire ce dont tu as envie et changer un peu le pays", raconte Debo Azu, rentrée elle aussi au Ghana après onze ans passés au Canada.

Arrivée à Accra, elle a décidé de monter Tea Baa, aujourd'hui l'un des bars les plus "tendance" de la capitale. "Si on rentrait tous, on aurait vraiment quelque chose à apporter", poursuit-elle en sirotant son thé glacé maison.

Que ce soit pour les Ghanéens de la diaspora ou les anciens descendants d'esclaves, le message du gouvernement et de ceux qui ont déjà fait le voyage est le même: "On vous aime ici. Rentrez à la maison."

Avec AFP

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Deux élus congolais condamnés à 20 et 10 ans de prison pour meurtres

Un combattant de la Force de résistance patriotique pour la milice d'Ituri (FRPI), le 28 juillet 2006, près de Tchei, dans le sud de l'Ituri.

Un député provincial et un député national ont été condamnés à respectivement 20 et 10 ans de prison dans deux affaires de meurtres cette semaine dans l'est de la République démocratique du Congo, par ailleurs toujours victime de la violence des groupes armés.

Le député provincial de l'Ituri, Didier Boyoko, a été condamné le 16 juillet à 20 ans de prison par un tribunal militaire à Bunia, ont rapporté les médias congolais. Il était poursuivi avec 13 complices pour le meurtre de deux personnes dont un ressortissant chinois.

Le député provincial "figurait parmi les 14 personnes - dont des militaires - poursuivies dans l'attaque contre un convoi d'exploitants d'or chinois, le 17 juin", a rapporté la radio Top Congo.

Son procès avait commencé en public, en plein air, en plein centre de Bunia le 19 juin, avait rapporté l'AFP.

De son côté, le député national Luc Mulimbalimba a été condamné le 18 juillet à dix ans de prison pour le meurtre d'un civil mi-juin par la Haute cour militaire à Bukavu, a rapporté un correspondant de l'AFP présent à l'audience.

L'auteur matériel du crime, un militaire commis à sa garde, a été condamné à perpétuité.

L'impunité des élus et des élites a souvent été dénoncée dans l'est de la République démocratique du Congo, où des dizaines de groupes armés perturbent la vie des civils.

Près de Beni dans la province du Nord-Kivu, trois civils ont été tués jeudi alors qu'ils travaillaient aux champs, ont rapporté vendredi plusieurs sources.

"Ces trois personnes tuées à la machette allaient chercher à manger pour leur famille", a indiqué l'administrateur de territoire de Beni (responsable local), Donat kibwana, à un correspondant de l'AFP.

Les autorités attribuent comme d'habitude ces trois meurtres aux miliciens des Forces démocratiques alliées (ADF).

Historiquement des rebelles musulmans ougandais, les ADF sont les responsables présumés du massacre de centaines de civils dans la région de Beni depuis octobre 2014.

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