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République du Congo

Le général Mokoko de retour en prison à Brazzaville après des soins en Turquie

Jean-Marie Michel Mokoko, candidat indépendant, lors d’un rassemblement de clôture de campagne à Brazzaville, le 18 mars 2016. AFP PHOTO / MARCO LONGARI

L'opposant congolais Jean-Marie Michel Mokoko, 73 ans, qui purge une peine de 20 ans de prison, est rentré dimanche à Brazzaville après un mois de soins en Turquie, a appris l'AFP auprès de son avocat.

"Le général Mokoko est rentré de la Turquie et a été conduit à l'hôpital militaire de Brazzaville où j'ai pu le voir", a déclaré à l'AFP Me Yvon Eric Ibouanga.

"Il est en forme même s'il doit subir de façon régulière des exercices à cause des douleurs musculaires", a-t-il ajouté. "Nous allons formuler une demande de libération pour lui dans quelques jours", a annoncé l'avocat.

Au terme de son contrôle à l'hôpital militaire, M. Mokoko doit regagner sa cellule à la maison d'arrêt, a indiqué une source pénitentiaire.

Les autorités de Brazzaville avaient autorisé le 30 juillet l'évacuation par avion médicalisé du général Mokoko à Ankara, au terme de longues semaines de tractations.

"Envoyer le général Mokoko en Turquie pour des soins, c'est exporter la maison d'arrêt de Brazzaville à Ankara, parce que la Turquie n'est pas un modèle en matière des droits de l'Homme et des libertés fondamentales", avait alors réagi l'opposant Paulin Makaya, dirigeant du parti Unis pour le Congo (UPC).

Candidat malheureux au scrutin présidentiel en mars 2016, le général Mokoko, qui avait contesté la réélection de Denis Sassou Nguesso, a été condamné pour "atteinte à la sûreté de l'État" et "détention illégale d'armes et munitions de guerre", au terme d'un procès controversé en 2018.

Il avait été admis à l'hôpital militaire de Brazzaville le 2 juillet pour "fatigue générale et manque d'appétit", selon son avocat.

Le président Sassou Nguesso, 77 ans, qui cumule 35 ans au pouvoir, avait estimé début mai qu'il n'y avait "pas de raison" de libérer deux opposants politiques, dont M. Mokoko, pour désengorger les prisons face au coronavirus.

Les autorités ont accepté l'évacuation sanitaire de l'opposant Jean-Marie Mokoko
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Abandonné, le centre des civilisations Bantou désormais squatté par des Librevillois

Des habitants se rassemblent dans la zone d'habitation en partie inondée à l'intérieur du Centre international des civilisations bantoues (CICIBA), dans la commune d'Akanda, près de la capitale gabonaise Libreville, le 9 octobre 2021.

Des dizaines d'enfants portent sur des brouettes des jerricans remplis d'eau au milieu d'habitations de fortune. Au cœur de la capitale gabonaise Libreville, le Centre international des civilisations bantu (Ciciba), conçu pour être la vitrine de la culture africaine, est aujourd'hui squatté par des centaines de familles.

Les murs en béton sont décatis, des fils électriques rafistolés pendent entre les baraques et des poubelles s'amoncèlent le long d'une route. "Plus de 2.000 personnes vivent ici" dans une grande précarité, témoigne Apollon Mekoghi, président de l'association des squatteurs du Ciciba.

Dans les années 1980, le Ciciba voit le jour pour promouvoir le patrimoine culturel des peuples africains au sud de l’Equateur. Onze pays (Angola, Burundi, Centrafrique, Comores, Congo Brazzaville, Gabon, Guinée Équatoriale, RDC, Rwanda, Sao-Tomé et Principe, Zambie) s'unissent pour créer une vaste banque de données accessible aux chercheurs et au grand public. Objectif: promouvoir la culture des Bantous, présents en Afrique centrale et australe, qui partagent des racines linguistiques ainsi que certaines traditions et croyances.

Sous l'impulsion du président Omar Bongo Ondimba, le Gabon, pays hôte, dépense quelque 10 milliards de francs CFA, environ 15 millions d'euros, pour construire le centre au nord de Libreville. Deux immenses défenses d'éléphant en béton hautes de plusieurs mètres symbolisent l'entrée. Un théâtre est érigé.

Mais les moyens ne sont pas suffisants - plusieurs pays en guerre civile sont incapables de financer le projet - et seuls quelques bâtiments sortent de terre, laissés à l'abandon pendant plusieurs années. Le Ciciba devient un "éléphant blanc", un projet démesuré qui ne voit pas le jour. Les premiers squatteurs arrivent en 2013.

"Catastrophe humanitaire"

"Le campus de l'université où je me trouvais a été détruit, je me suis retrouvé sans logement et je suis venu ici", souligne M. Mekoghi.

Aujourd'hui, plus de 400 familles vivent au Ciciba. "Dès que quelqu'un souhaite s'installer, il dépose son dossier. S'il est accepté, il peut venir construire son habitation", explique M.Mekoghi. Des maisons de fortune sans raccordement à l'eau courante sont bâties dans les allées du centre, véritable labyrinthe en béton qui s'étend sur plusieurs niveaux.

Les habitants du Ciciba s'entassent parfois à une dizaine dans quelques mètres carrés. Un terrain propice à la diffusion de nombreuses maladies, comme la fièvre typhoïde.

Françoise Moughola, 40 ans, vit dans le squat depuis 7 ans. Mère de 12 enfants, elle vient tout juste de perdre son mari. "C'est dur pour nous tous", témoigne-t-elle, affairée au lavage et repassage de vêtements. "Je ne sais pas comment vivre avec douze gosses, je n'ai même pas les moyens de les mettre à l'école", poursuit-elle. Au Gabon, l'inscription dans les établissements scolaires coûte environ 10.000 francs CFA, 15 euros.

L'immense majorité des habitants du Ciciba sont Gabonais, mais certains squatteurs sont étrangers. A l'image de Sika, un Centrafricain de 34 ans, arrivé en 2016 après avoir fui la guerre civile dans son pays. "On vit très mal", se plaint-il. "Nous avons de l'eau livrée une seule fois par jour par des citernes, ce n'est pas suffisant, il faut parfois faire des choix entre se laver ou faire à manger", raconte-t-il.

"Envie de partir"

Le Gabon, petit pays d'Afrique centrale de 2 millions d'âmes, est un des plus gros producteurs de pétrole du continent, et un des plus riches par habitant de la région. Mais selon la Banque mondiale, un tiers de la population vivait en 2017 sous le seuil de pauvreté.

Dans les allées du centre, des bars, échoppes et églises ont été érigés. Les squatteurs du Ciciba ne payent aucun loyer, mais doivent s'acquitter chaque mois de 20.000 francs CFA, environ 30 euros, pour l'électricité. Et le courant est coupé dès que les habitants sont incapables de payer. "Je n'ai pas les moyens donc je vis sans électricité, je suis tout le temps dans le noir à la maison", relate Lilly Loundou, 31 ans, arrivée au Ciciba il y a deux mois.

"Tout le monde a envie de partir", soutient Marc Malomba, membre de l'association des squatteurs du Ciciba. "J'avais honte au début de dire que je vivais ici, je le cachais", se remémore Jessye Angounié, qui vit avec sa femme et ses deux enfants dans le squat depuis deux ans.

Malgré les conditions de vie difficiles, "nous avons encore de nombreuses familles qui attendent pour s'installer ici", souligne Apollon Mekoghi.

Plus de 25.000 autochtones sont menacés d'apatridie au Congo

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La déforestation fait disparaître les chenilles, aliment cher aux populations autochtones

Femmes pygmées à Sembe, dans la Sangha, au nord Congo, le 30 octobre 2021.

Dans les villages des districts de Sembe, de Souanké et de Mokeko, dans la Sangha, au nord Congo, les populations autochtones constatent la rareté des chenilles suite au changement climatique. Faute de solution, il se plaignent de la déforestation.

La population autochtone, considérée comme gardienne de la forêt, subit depuis un moment les effets du changement climatique. Cela impacte leur mode de vie, notamment dans la production de la nourriture où les saisons deviennent de plus en plus courtes.

La situation inquiète. Les pygmées de la Sangha regrettent les temps anciens où il y avait de la nourriture pour tous.

"Aujourd’hui, tout a changé. On court après la pluie. On est souvent surpris par le rythme des pluies qui s’arrêtent", témoigne Simon Koumou, autochtone de Sembé.

Les pygmées du nord Congo vivent particulièrement de la collecte des chenilles, "Mbinzo". Cet aliment riche en protéine est quasiment en voie de disparition, à cause de la déforestation. C’est ce que rapportent les femmes autochtones du village Mokeko.

"La présence humaine au cœur de nos forêts fait disparaître de la nourriture ", affirme Jacqueline Moutoukou, autochtone.

Même constat fait par Bastos, un autochtone de Sembe. " Avant, la collecte des chenilles était bonne. Mais, je n’arrive pas à expliquer pourquoi il y a ce changement. Aujourd’hui, il n’est pas facile d’avoir les chenilles, parce qu’il y a la déforestation", dit-il.

" La nuit à la maison, il y a une grande chaleur, il y a un changement vraiment. Aujourd’hui, on peut faire le tour de la forêt sans trouver une petite quantité de chenilles pour manger avec les enfants", déplore Frédéric Tadinga, autochtone de Mokeko.

Il demande aux sociétés forestières qui exploitent le bois dans leur contrée de respecter les forêts communautaires.

Le président Denis Sassou N’Guesso devrait rentrer bientôt de Glasgow, en Écosse, où il participe à la conférence sur le climat. Avec son homologue de la République démocratique du Congo voisine, Félix Tshisekedi, il tente d'attirer plus d’attention sur la nécessité d'investir dans la préservation des forêts du Bassin du Congo.

Le Festival Congo in Harlem marque son retour à New York

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Décès en France de l'ancien Premier ministre Clément Mouamba

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