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Sept mois après, le premier gouvernement de coalition Tshisekedi-Kabila enfin prêt

Le président de la RDC, Felix Tshisekedi. (Photo ya le 15 aout 2019/Twitter Fatshi News)

Des mois de négociations pour une coalition pléthorique de 66 membres: le prochain gouvernement de la République démocratique du Congo a enfin été dévoilé lundi, ultime étape de la première transition pacifique du pouvoir entre le chef de l'Etat Félix Tshisekedi et son prédécesseur, Joseph Kabila.

Les proches de M. Kabila, qui sont majoritaires au parlement, se taillent la part du lion dans l'exécutif avec par exemple la Justice, les Finances et la Défense. Les partisans de M. Tshisekedi, proclamé vainqueur de l'élection du 30 décembre, empochent les Affaires étrangères et l'Intérieur.

Le président Tshisekedi a pu s'envoler avec le sentiment du devoir accompli vers Tokyo pour le sommet Afrique-Japon à Yokohama. L'Assemblée est réunie jusqu'au 7 septembre en session extraordinaire pour investir ce nouveau gouvernement.

Le futur gouvernement de coalition finalement dévoilé
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Seule réaction diplomatique de la journée, les Etats-Unis se sont dits "prêts à travailler avec le nouveau gouvernement pour faire avancer le partenariat privilégié U.S.-#RDC pour promouvoir la paix et la prospérité", par un tweet de leur ambassadeur à Kinshasa, Mike Hammer.

Les Congolais ont des attentes encore plus précises : "On l’attend dès ce lundi 2 septembre sur la rentrée scolaire, la gratuité de l’enseignement primaire, voilà le premier grand défi. Le deuxième grand défi c’est par rapport à la sécurité et à l’intégrité nationale", a résumé Nicolas Mwabi, fonctionnaire. La RDC fait également face à une épidémie d'Ebola dans l'Est.

Les négociations ont duré sept mois entre les forces politiques du nouveau chef de l'Etat, investi le 24 janvier, et celles de Joseph Kabila, qui reste l'autre homme fort du plus grand pays d'Afrique sub-saharienne gorgé de richesses minières.

Les discussions entre les deux camps ont "pris du temps", car il fallait "vider tout ce qui pouvait entraver le fonctionnement du gouvernement", a déclaré le Premier ministre, Sylvestre Ilunga, un économiste membre du Front commun pour le Congo (FCC), la coalition de Joseph Kabila.

Le gouvernement comprend cinq vice-Premier ministre, dont deux sont aussi issus du FCC de Joseph Kabila: Célestin Tunda (Justice) et une femme, Elysée Munembwe (Plan).

Parmi les autres vice-Premier ministre figure un proche du chef de l'Etat, Gilbert Kankonde, qui reçoit le portefeuille de l'Intérieur.

Un cadeau empoisonné en cas d’interdiction ou de répression des futures manifestations en RDC, où l'élection de M. Tshisekedi est toujours contestée par l'opposition radicale réunie autour de Martin Fayulu.

Une femme à la tête de la diplomatie

Le gouvernement comprend "83% d'hommes et 17% de femmes. Ce pourcentage est encore faible, mais il faut le pondérer par l'importance des portefeuilles qui ont été attribués aux femmes", a détaillé le Premier ministre. "Ainsi nous avons une dame vice-Premier ministre, ministre du Plan et une dame ministre d'Etat, ministre des Affaires étrangères".

Cette nouvelle cheffe de la diplomatie congolaise s'appelle Marie Tumba Nzeza, membre de l'UDPS de Félix Tshisekedi. Deux autres femmes sont ministre d'Etat: Béatrice Lomeya (Genre) et Nene Nkulu (Emploi).

La liste gouvernementale surprend parfois même les fins connaisseurs de la vie politique et pour cause : "Ceux qui n’ont jamais été ministres représentent 76,97% de l'équipe", se félicite le Premier ministre, pour qui il s'agit de "la plus grande innovation".

Deux ministres ont déjà des dossiers chauds sur la table: à la Santé, le Dr Eteni Longondo, membre de l'UDPS de Félix Tshisekedi, doit gérer avec le chef de l'Etat l'épidémie d'Ebola qui a fait près de 2.000 morts en un an dans l'Est. Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, est attendu sur place samedi prochain.

A l'Enseignement primaire, Willy Bakonga, issu du PPRD de M. Kabila, doit mettre en oeuvre la mesure répétée par son prédécesseur samedi: la gratuité de l'enseignement primaire dans les écoles publiques dès la rentrée du 2 septembre. Coût de la mesure: 2,6 milliards de dollars, près de la moitié de l'actuel budget de l'Etat.

"Je crois que ca valait la peine d’attendre. Là, nous avons un gouvernement qui réalise la vision du chef de l'Etat, c’est la direction du changement. Donc, le changement commence maintenant! Mettons nous au travail!", a déclaré M. Ilunga.

Le gouvernement a été salué par la très influence Eglise catholique, qui veut "croire qu’on va dans une direction nouvelle".

La même conférence épiscopale avait émis des doutes sur la validité de l'élection de M. Tshisekedi, laissant entendre que le véritable vainqueur était Martin Fayulu.

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Nord-Kivu: les hôpitaux débordés par les blessés des manifestations contre les soldats de l'ONU

Des soldats de la mission de l'ONU en République démocratique du Congo (MONUSCO) dans un véhicule alors qu'ils patrouillent dans la région de Djugu, dans la province d'Ituri, dans l'est de la RDC, le 13 mars 2020.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) s'est inquiété samedi de "l'afflux de blessés par arme" dans les hôpitaux de la province du Nord-Kivu, après les manifestations contre la mission de l'ONU qui ont secoué cette région de l'est de la République démocratique du Congo.

"Plus de 120 personnes blessées" sont prises en charge à l'hôpital général de référence (HGR) de Beni et à l'hôpital CBCA Ndosho de Goma avec le soutien du CICR, a indiqué cette organisation humanitaire dans un communiqué.

Au 14 avril, les équipes médicales "suivaient 51 personnes blessées par armes, hospitalisés à l'HGR de Beni dont 9 nouveaux cas liés aux récentes manifestations" dans la zone, a-t-on expliqué.

"Actuellement, nous avons atteint nos limites en capacité d'accueil à l'HGR de Béni qui compte 43 lits et sommes presqu'à terme pour l'Hôpital CBCA Ndosho de Goma qui en a 74. Les équipes sont mobilisées depuis plus d'une semaine pour répondre à cet afflux", a expliqué Kelnor Panglungtshang, chef de la Sous-délégation du CICR à Goma.

Selon ce responsable, le nombre de blessés hospitalisés a explosé à la suite de manifestations dans plusieurs localités du Nord-Kivu, depuis le début de la semaine.

Ces manifestations, associées à une grève générale dans plusieurs villes (Beni, Butembo, Goma...), ont été organisées à l'appel des groupes de pression et des mouvements citoyens dénonçant l'inaction de la Mission des Nations unies (Monusco) face aux massacres de civils dans la province du Nord-Kivu.

En début de semaine, le gouverneur de province a interdit toute manifestation, alors qu'une dizaine de personnes ont été tuées lors d'affrontements avec les forces de l'ordre au cours de ces rassemblements au Nord-Kivu depuis le lancement de cette mobilisation le 5 avril.

Le décret du gouverneur est considéré comme "nul", selon Lucha, un groupe de défense des droits des citoyens. "Nos manifestations continuent", a tweeté mercredi ce groupe à but non lucratif.

"Les jouisseurs de la Gombe (quartier administratif de Kinshasa, ndlr) ne prennent pas au sérieux les priorités du peuple congolais notamment l'insécurité à l'Est et le social. La réalité sur terrain est éloquente, le dire n'est pas un crime", a écrit Lucha dans un autre tweet.

La région du Kivu, où sévissent une centaine de groupe armés, est en proie à des violences meurtrières depuis 25 ans.

Pour sa part, la nouvelle cheffe de la Monusco, la Guinéenne Bintou Keita, a effectué une brève tournée dans l'est du pays, où elle a notamment rencontré l'ancien président Joseph Kabila à Lubumbashi.

Sur le terrain, pourtant, rien n'a changé.

"Trois personnes ont été tuées et plus de cent maisons incendiées au cours d'une nouvelle attaque vendredi" en Ituri, rapportent nos confrères de Radio Okapi. Toujours selon la radio onusienne, le nouveau ministre de la défense, Gilbert Kabanda Kurhenga, promet de s'attéler à mettre fin aux massacres.

Tête-à-tête à huis clos entre l’Ambassadeur des Etats-Unis et Denis Mukwege

Mike Hammer visite les activés de la fondation Panzi, à Bukavu, en RDC, le 16 avril 2021.

Le Prix Nobel de la paix Denis Mukwege s'est entretenu jeudi à huis clos pendant plus de deux heures avec l'ambassadeur américain en RDC Mike Hammer, à l'occasion d'une visite effectuée par ce dernier dans les locaux de la clinique Panzi à Bukavu.

Selon les services de communication de la fondation Panzi, lancée par Dr Mukwege, le diplomate est venu s'entretenir avec le célèbre chirurgien dans le cadre de son travail avec les différents acteurs de la vie politique et sociale congolaise.

L'ambassadeur des USA visite le Dr Denis Mukwege à Bukavu, en RDC, le 16 avril 2021.
L'ambassadeur des USA visite le Dr Denis Mukwege à Bukavu, en RDC, le 16 avril 2021.

"Les Etats-Unis sont très fiers d’avoir soutenu Dr Mukwege et la fondation Panzi pendant plus de 10 ans et nous sommes toujours impliqués à travailler ensemble pour aider à stopper la violence sexuelle et aider les victimes qui en sont affectées", a déclaré la partie américaine.

Abordant les questions de coopération avec la RDC, Mike Hammer a souligné devant la presse que les Etats Unis ont fait un don de 38 millions de dollars à travers USAID pour l’éducation des enfants en zone de conflits en RDC.

Un mort dans une nouvelle manifestation contre l'inaction de la Monusco

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Le gouvernement de Sama Lukonde suscite des grincements de dents parmi les élus

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Double meurtre des experts de l'ONU au Kasaï: un témoin parle de "préméditation"

Un combattant de la Force de résistance patriotique de l'Ituri (FRPI) debout à côté d’un véhicule de la Monusco, près de Tchei, Ituri, 28 juillet 2006.

Une journaliste française a été entendue jeudi comme témoin au procès des auteurs présumés du meurtre dans le sud-est de la République démocratique du Congo de deux experts des Nations unies, en mars 2017, en marge du conflit dans la région du Kasaï.

Correspondante en RDC pour Radio France internationale (RFI), Sonia Rolley a évoqué la thèse de la "préméditation" et de la complicité des agents des forces de sécurité lors de son audition devant la justice militaire à Kananga, chef-lieu d'une des provinces du Kasaï.

Une trentaine de personnes sont accusées du meurtre des deux jeunes experts des Nations unies, l'Américain Michael Sharp et la Suédoise d'origine chilienne Zaida Catalan, le 12 mars 2017.

Selon la version officielle des autorités de l'époque, ils ont été tués par des miliciens de la secte Kamuina Nsapu, alors en guerre contre l'armée régulière. Le conflit a fait 3.400 morts et des dizaines de milliers de déplacés entre septembre 2016 et mi-2017.

Sonia Rolley a indiqué avoir rencontré les deux experts par deux fois à Kananga en 2017 au plus fort de l'insurrection des miliciens du chef coutumier Kamuina Nsapu, tué par les forces de sécurité en août 2016.

"Ils m'ont expliqué qu'ils étaient au Kasaï avec le mandat du Conseil de sécurité de l'ONU afin d'enquêter sur la situation des enfants dans les groupes armés, l'approvisionnement en armes de la milice, leurs soutiens au niveau de l'échiquier politique et administratif tant provincial que national et enfin les fosses communes", a déclaré la journaliste.

"Je pense qu'il y a eu préméditation" dans le meurtre des deux experts, a-t-elle ajouté, reprenant des éléments d'une de ses enquêtes de décembre 2017 sur la duplicité des autorités.

"L'interprète des experts disposait d'une carte de l'Agence nationale des renseignements", a-t-elle indiqué.

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