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Burkina-Faso

Le Fespaco célèbre son cinquantenaire entre mémoire et avenir

Roch Kaboré donne le coup d'envoi de la 26ème édition du Fespaco à Ouagadougou, le 23 février 2019. (VOA/Lamine Traoré)

La 26ème édition du Fespaco, le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou bat son plein à Ouagadougou. Cette édition, lancée samedi, marque le cinquantenaire du plus grand festival de films sur le continent.

Le clap d’ouverture de la 26e édition du Fespaco a été donné par le président du Faso Roch Kaboré au stade municipal au centre de la capitale. Mémoire et avenir du cinéma africain est le thème choisi cette année.

La 26e édition du Fespaco de Ouagadougou à son point culminant
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Marie Agnès Dorgo, festivalière franco-burkinabè à la 26e édition du Fespaco à Ouagadougou, le 23 février 2019. (VOA/Lamine Traoré)
Marie Agnès Dorgo, festivalière franco-burkinabè à la 26e édition du Fespaco à Ouagadougou, le 23 février 2019. (VOA/Lamine Traoré)

Pour Marie Agnès Dorgo, festivalière franco-burkinabè, "ce que j’attends de ce festival ? Qu’il y ait plus de jeunes qui s’engagent dans le 7e art. Qu’il y ait du nouveau que ça ne soit pas toujours les mêmes qui récoltent les prix. J’espère qu’il y aura des choses nouvelles." Le Rwanda est le pays invité d’honneur.

Cheick Omar Sissoko, cinéaste malien à la 26e édition du Fespaco à Ouagadougou, le 23 février 2019. (VOA/Lamine Traoré)
Cheick Omar Sissoko, cinéaste malien à la 26e édition du Fespaco à Ouagadougou, le 23 février 2019. (VOA/Lamine Traoré)

Cheick Omar Sissoko, cinéaste malien, Étalon d’or de Yennenga 1995 et par ailleurs Secrétaire général de la Fédération panafricaine des cinéastes (Fepaci), explique que "quand on a 50 ans, cela veut dire qu’on a bien vécu et voir le monde qu’il y a ici, nous les cinéastes, nous considérons que c’est le plus bel événement culturel panafricain qui nous autorise d’exister."

Mounira Sawadogo, comédienne et productrice burkinabè, présente avec un film à ce Fespaco en hors compétition.

"J’ai produit le film 'Pour un rien' qui traite d’un thème d’actualité : l’incivisme", explique-t-elle.

Elle poursuit : "Une dame qui a été tabassée, car injustement accusée d’avoir volé un téléphone. L’incivisme est un phénomène dans nos pays, au Burkina Faso et dans le reste de l’Afrique. Nous devons sensibiliser notre jeunesse".

Durant une semaine, Ouagadougou sera la capitale du cinéma africain pour des milliers de festivaliers. Une vingtaine de films sont en compétition pour l’Etalon d’Or de Yennenga, le plus prestigieux trophée du Fespaco.

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Quatre personnes tuées dans une attaque dans le Nord

L'officier de police burkinabé monte la garde devant une porte lors de la dernière étape du Tour du Faso 2018, à Ouagadougou, le 4 novembre 2018.

Quatre passagers voyageant dans un car reliant Dori à Arbinda, dans le nord du Burkina Faso, ont été tués mardi par des individus armés qui pourraient être des djihadistes, a-t-on appris mercredi de sources locales.

"Un car d'une compagnie de transport en commun a été intercepté dans le village de Liki (10 km au nord d'Arbinda) mardi vers 13h00 par un groupe d'individus armés qui a abattu quatre passagers, après avoir procédé à un +contrôle d'identité+", a expliqué une autorité locale jointe à Arbinda.

"Les quatre personnes abattues sont membres de la même communauté ethnique" foulfé, a indiqué la même source à l'AFP, précisant que les autres occupants, peuls, du bus ont été relâchés.

"Il s'agit vraisemblablement de membres de groupes armés terroristes qui écument la région", a estimé la même source, précisant que la "assaillants ont opéré à bord de motocyclettes".

Arbinda est une commune de la province du Soum et de la région du Sahel au Burkina Faso.

Débuté avril, soixante-deux personnes ont été tuées lors d'attaques djihadistes suivies d'affrontements intercommunautaires dans cette commune, frontalière du Mali.

Au Burkina Faso, tout comme au Mali, les tensions dégénèrent périodiquement en violences entre Peuls, traditionnellement éleveurs, souvent nomades et musulmans, présents dans toute l'Afrique de l'Ouest, et autochtones agriculteurs.

Certains membres de la communauté peule ont rejoint des groupes djihadistes. Il n'est pas rare que des populations fassent l'amalgame entre Peuls et djihadistes et lancent des représailles sanglantes sur fond de conflits intercommunautaires.

Samedi dernier, deux camions citernes ayant quitté Ouagadougou pour ravitailler la commune d'Arbinda en hydrocarbures ont été interceptés par des individus armés vers Gorgadji et conduits en direction de la frontalière malienne, selon des sources sécuritaires et locales.

Les chauffeurs des camions ont été retrouvés sains et saufs lundi dernier.

Le Burkina Faso est confronté depuis quatre ans à des attaques de plus en plus fréquentes et meurtrières, attribuées à des groupes djihadistes, dont Ansarul Islam, le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM) et l'Etat islamique au grand Sahara (EIGS).

D'abord concentrées dans le nord du pays, qui ont ensuite visé la capitale et d'autres régions, notamment l'Est, ces attaques ont fait depuis 2015 plus de 320 morts, selon un comptage de l'AFP.

Les forces de l'ordre burkinabè ont le plus grand mal à enrayer la spirale des violences, bien qu'elles assurent régulièrement procéder à des opérations contre les groupes djihadistes.

Grève des avocats burkinabè pour 96 heures

Le bâtonnier, maître Paulin Salembere, à Ouagadougou, Burkina Faso, le 24 avril 2019. (VOA/Issa Napon)

Les avocats burkinabè ont suspendu mardi pour 96 heures, toute participation aux audiences judiciaires sur l’ensemble du territoire national pour protester contre ce qu’ils qualifient de dysfonctionnements sérieux de l’appareil judiciaire.

Une semaine sans participation à aucune audience judiciaire sur toute l’étendue du territoire national. C’est l’une des décisions prises par l’ordre des avocats pour tirer la sonnette d’alarme vis-à-vis de ce qu’il considère comme un grave dysfonctionnement de la justice au Burkina.

Pour Maitre Paulin Salembéré, bâtonnier de l’ordre des avocats du Burkina, "depuis le mois d’octobre, nous avons constaté un dysfonctionnement notamment en ce qui concerne les activités en matière correctionnelle".

Les avocats entament mardi une grève de 96 heures
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"Les personnes qui sont en détention ne sont plus jugées depuis le mois d’octobre. Celles qui sont en détention et dont les dossiers sont en instruction ne peuvent être entendus. Les personnes placées en détention, le temps de recevoir jugement également pour des délits mineurs sont toujours détenus 6 mois, 7 mois sans pouvoir être entendus", explique-t-il.

"Nous estimons que tout cela constitue une atteinte grave des libertés", souligne-t-il.

A l'origine de ces dysfonctionnements, la grève menée par les gardes de sécurité pénitentiaire. Cette grève paralyse le système judiciaire, empêche notamment de transférer les détenus après les gardes-à-vue. Elle empêche aussi les inculpés d’être jugés.

Egalement depuis, les familles ne peuvent plus rendre visite à leurs proches en prison. Une situation qui commence à lasser les Burkinabè. "Les auxiliaires de justice doivent mettre de l’ordre dans leur vin, s’assoir discuter, écouter, et comme eux ils sont habilités à écouter d’abord et trancher", dit un observateur anonyme.

Ce mouvement des avocats, selon le bâtonnier Paulin Salembéré, est mené dans l’intérêt des justiciables.

"Que les gens se rassurent, ce n’est pas relativement au manque à gagner d’honoraires d’avocats, parce que cela ne constitue pas la source première des revenus des avocats ; il y a des aspects qui relèvent du commercial et du civil ; si nous avons accepté de sursoir à ces audiences, nous ne le faisons pas pour les avocats nous le faisons pour le justiciable".

Cette suspension de travail des avocats va s’achever lundi avec une marche et la remise d’un mémorandum aux autorités sur la situation.

Les avocats entament mardi une grève de 96 heures

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Le Burkina Faso veut labelliser son pagne national

Des tenues hommes en Faso Danfani, à Ouagadougou, Burkina, le 23 avril 2019. (VOA/Lamine Traoré)

Le Burkina Faso veut labelliser son pagne national, le Faso Danfani, tissé avec des fils de coton, l’une des richesses agricoles du pays. C'est un grand pas dans la protection de ce pagne emblématique du Burkina Faso.

Face à la contrefaçon et au risque d’appropriation de ce pagne par d’autres pays, les autorités burkinabè ont décidé de protéger des centaines de motifs du pagne popularisé par le leader de la révolution burkinabè Thomas Sankara.

Le Burkina Faso veut labelliser son pagne national
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Suite à la rumeur selon laquelle une société asiatique aurait acquis les droits de reproduction du Faso Danfani, le CNPI, le Centre national de la propriété industrielle, a du s'exprimer :

"Nous pouvons rassurer les populations que le Faso Danfani n’a pas fait l’objet d’appropriation", souligne Mahamadi Tassembedo, directeur-général du CNPI.

"Le ministère a un processus de labélisation qui suit son cours et qui va se parachever non seulement par la protection du Faso Danfani mais également la protection des motifs du Faso Danfani tant au niveau de l’espace de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI) que dans d’autres pays où il y a le risque de copie, d’imitation ou reproduction de ces motifs de Faso Danfani en tissus industriels".

Moustapha Tiendrebeogo, à Ouagadougou, Burkina, le 23 avril 2019. (VOA/Lamine Traoré)
Moustapha Tiendrebeogo, à Ouagadougou, Burkina, le 23 avril 2019. (VOA/Lamine Traoré)

Sur le marché, du Faso Danfani contrefait est en vente. Moustapha Tiendrebeogo, vendeur de Faso Danfani, explique que "le Faso Danfani se distingue de ces pagnes venus de l’extérieur par le tissage".

"Ceux-là importés, c’est du tissu et le Faso Danfani c’est du fil. C’est un travail à la main et un travail à la machine, ce n’est pas la même chose. De loin on ne peut pas se rendre compte que ces tissus ne sont pas du Faso Danfani, c’est à l’approche qu’on se rend compte. C’est donc trompeur".

Le ministère en charge de l’Artisanat offre régulièrement du matériel aux nombreuses associations de tisseuses.

Célestin Zoungrana, à Ouagadougou, Burkina, le 23 avril 2019. (VOA/Lamine Traoré)
Célestin Zoungrana, à Ouagadougou, Burkina, le 23 avril 2019. (VOA/Lamine Traoré)

Célestin Zoungrana, directeur de la coordination et de la promotion à la direction générale au ministère en charge de l’Artisanat, souligne que le gouvernement souhaite "doter les associations du Burkina pour leur permettre de transformer notre coton, d'avoir des ressources financières pour s’occuper de leurs familles et de créer de l’emploi également".

"Le pagne tissé c’est le coton burkinabè, ce sont des artisans du Burkina Faso... Même les métiers à tisser sont faits par nos artisans, nos soudeurs. Tout cela, ça contribue à faire vivre la chaîne des valeurs dans le domaine du tissage. Depuis le paysan jusqu’au consommateur final, c’est la culture burkinabè qui est mise en exergue".

Germaine Compaoré est présidente d’une association de tisseuses de plus de 500 membres depuis une dizaine d’années. Selon elle, les tisseuses vivent de leur travail et la labellisation de ce pagne viendra soulager ces femmes : "Beaucoup de nos membres, c’est avec le travail qu’elles font, qu’elles arrivent à payer la scolarité de leurs enfants. Les femmes jouent un grand rôle dans les ménages. Acheter un Faso Danfani, c’est accompagner une famille quelque part."

Pour elle, la labellisation est "un grand pas" qui va "sauvegarder notre patrimoine, le Faso Danfani".

Le gouvernement dit essayer de stimuler le port du Faso Danfani. En 2017, un arrêté du Premier ministre encourageait les fonctionnaires à porter le Faso Danfani.

Le processus de labellisation de ce pagne sera parachevé d’ici fin mai avec le dévoilement du logo du Label Faso Danfani le 30 avril prochain, selon le gouvernement burkinabè.

Le Burkina Faso face aux déplacements internes massifs

Le Burkina Faso face aux déplacements internes massifs
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