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Le déclin de la peine de mort se confirme en Amérique

Injections létales

Les Etats-Unis ont exécuté "seulement" 28 personnes en 2015, le chiffre le plus bas depuis 24 ans et très loin du pic de 1999 (98 exécutions), ce qui alimente les espoirs des abolitionnistes de la peine de mort.

Quel que soit l'angle par lequel on considère la sentence capitale en Amérique, force est de constater un déclin, souligne dans un rapport publié mercredi le Centre d'information sur la peine de mort (DPIC).

Ainsi, seulement six Etats, sur les 31 qui appliquent la peine de mort, ont procédé cette année à la mise à mort d'un condamné.

De 2014 à 2015, le nombre d'exécutions a baissé de 20%, de 35 à 28. Et simplement trois Etats ont concentré 86% des exécutions: le Texas (13), le Missouri (6) et la Georgie (5).

Les condamnations à la peine capitale ont elles aussi connu un net fléchissement en 2015: les cours d'assises américaines ont jusqu'au 15 décembre infligé un verdict de mort à 49 accusés, une chute de 33% par rapport à l'année 2014.

C'est également le plus petit nombre depuis le début des années 1970.

Ces chiffres "ne sont pas seulement des soubresauts annuels de statistiques. Ils reflètent un plus large changement des mentalités sur la peine de mort dans tout le pays", analyse Robert Dunham, le directeur du DPIC.

Il est vrai que la tendance a été accentuée par une pénurie des produits utilisés dans les injections létales: diverses firmes pharmaceutiques, pour la plupart européennes, refusent d'approvisionner les Etats-Unis en ces substances mortelles.

Différents Etats ont par ailleurs suspendu les mises à mort après que le pays a connu plusieurs exécutions "ratées" depuis janvier 2014 qui ont choqué l'opinion publique, en violant manifestement le 8e amendement de la Constitution américaine qui bannit les "peines cruelles ou inhabituelles".

- Même au Texas -

Même au Texas, l'Etat qui a exécuté près de la moitié des condamnés cette année, les choses évoluent rapidement.

"Le Texas est passé de 48 nouvelles condamnations à mort en 1999 à un plus bas record cette année", avec seulement trois condamnations, relève Kristin Houlé, de la Texas Coalition to Abolish the Death Penalty (TCADP).

Et, dans ce grand Etat du sud des Etats-Unis, les condamnations à mort sont un phénomène localisé: depuis 2011, 70% des sentences capitales émanent de seulement huit comtés (sur les 254 que compte le Texas), détaille la TCADP.

Dans ce contexte favorable, les militants contre la peine de mort se prennent à rêver d'un nouveau retournement de la Cour suprême. Leurs espoirs ont été dopés par un vibrant plaidoyer pour l'abolition écrit en juin par le juge Stephen Breyer, l'un des neuf sages.

La plus haute instance judiciaire américaine avait suspendu la peine capitale en 1972, avant de la rétablir en 1976.

Le rapport de force au sein de la haute cour demeure théoriquement en faveur de la peine de mort mais certains pensent que le quatuor progressiste de la Cour -Stephen Breyer, Ruth Bader Ginsburg, Elena Kagan et Sonia Sotomayor- pourrait former une majorité en ralliant Anthony Kennedy, le juge conservateur modéré souvent en position d'arbitre sur les grandes questions de société.

C'est le moment de présenter à la Cour suprême un cas emblématique et suffisamment controversé pour arracher le revirement souhaité, affirment certains de ces abolitionnistes.

D'autres experts avertissent qu'un rejet de la Cour suprême prolongerait pendant des années l'application de la peine capitale et conseillent de suivre une stratégie Etat par Etat de moratoire ou d'abolition.

"Je ne peux pas dire quelle est la meilleure approche pour les partisans ou les opposants à la peine de mort", confie à l'AFP Robert Dunham.

De toute façon, "c'est à la Cour de décider si et quand elle veut écouter les arguments, quel est le dossier approprié et quel est le moment convenable".

Avec AFP

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Attentat de Lockerbie: l'appel de la famille du seul condamné libyen rejeté

Le Libyen Abdelbaset Ali Mohamed al-Megrahi (décédé en 2012), l'unique condamné dans l'attentat de Lockerbie, à Tripoli, Libye, le 9 septembre 2009.

Plus de 32 ans après l'attentat de Lockerbie, la justice écossaise a rejeté vendredi l'appel formé par la famille de l'unique condamné, le Libyen Abdelbaset Ali Mohamed al-Megrahi, décédé en 2012, qui veut poursuivre son combat pour le réhabiliter.

"Effondrée" mais "déterminée à se battre pour obtenir justice", la famille souhaite saisir la Cour suprême britannique, a indiqué son avocat, Aamer Anwar, après la décision des cinq juges de la Haute Cour de justice d'Edimbourg. Invoquant la Convention européenne des droits de l'Homme, "nous soutiendrons que M. Megrahi n'a pas eu un procès équitable", a-t-il précisé.

Agent des services de renseignement libyens, M. Megrahi avait toujours clamé son innocence. Il avait été condamné en 2001 à la prison à vie, avec un minimum de 27 ans, par une cour spéciale écossaise établie en terrain neutre aux Pays-Bas, pour l'attentat à la bombe contre un Boeing 747 de la Pan Am.

L'appareil, qui reliait Londres à New York (Etats-Unis), avait explosé le 21 décembre 1988 au-dessus du village écossais de Lockerbie, tuant les 259 passagers et membres d'équipage et 11 personnes au sol.

Il s'agit de l'attentat le plus meurtrier jamais commis sur le territoire du Royaume-Uni, mais aussi du deuxième plus meurtrier contre des Américains (190 morts) après les attentats du 11 septembre 2001.

Le régime du dictateur libyen Mouammar Kadhafi avait reconnu officiellement sa responsabilité dans l'attentat de Lockerbie en 2003 et payé 2,7 milliards de dollars (2,2 milliards d'euros) de dédommagement aux familles des victimes.

- "Pas d'erreur judiciaire" -

M. Megrahi avait été libéré en 2009 pour raisons médicales et est mort d'un cancer en 2012 à l'âge de 60 ans dans son pays, où il avait été accueilli en héros.

La Cour a "déterminé qu'il n'y avait pas d'erreur judiciaire", a souligné le ministre écossais de la Justice, Humza Yousaf.

En mars dernier, la Commission écossaise de révision des condamnations pénales (SCCRC) n'avait pas exclu cette possibilité, soulignant la faiblesse des preuves produites contre M. Megrahi. Elle avait décidé de saisir la Haute Cour de justice, qui avait tenu trois jours d'audience en novembre.

Un commerçant de Malte, Tony Gauci, avait notamment identifié l'agent libyen comme l'acheteur de vêtements retrouvés dans la valise contenant la bombe sur la base d'une photographie.

La Haute Cour a balayé vendredi les doutes émis par la défense de la famille sur la crédibilité de ce témoignage. Sur la base des preuves présentées, "un jury raisonnable (...) aurait été en droit de rendre un verdict de culpabilité", ont estimé les juges.

- "Sécurité nationale" -

La Haute Cour n'a pas non plus retenu l'argument de la famille, selon lequel des documents liés à l'affaire, que les autorités britanniques refusent de déclassifier, auraient permis d'aboutir à un verdict différent.

Ces documents évoqueraient l'implication, dans la fabrication de la bombe, d'un agent de renseignement jordanien au sein du Front populaire de libération de la Palestine-Commandement général (FPLP-CG).

"Cela n'a pas de sens, pourquoi le gouvernement britannique veut retenir ces informations au nom de la sécurité nationale, 32 ans après les faits?" s'est interrogé l'avocat Aamer Anwar.

Lors du procès en 2001, les juges avaient rejeté une théorie mettant en cause l'Iran, la Syrie et ce groupe palestinien pro-syrien, qui auraient agi en représailles à la destruction accidentelle d'un avion iranien par un missile américain en juillet 1988 (290 morts).

Du côté des Etats-Unis, l'enquête s'est poursuivie et en décembre, le jour du 32e anniversaire de l'attentat, la justice américaine a annoncé une nouvelle inculpation. Ancien membre des services de renseignement de Mouammar Kadhafi, actuellement détenu en Libye, Abou Agila Mohammad Massoud est soupçonné d'avoir assemblé et programmé la bombe.

L'enquête avait été relancée en 2016, quand la justice américaine avait appris que M. Massoud avait été arrêté après la chute du dictateur et aurait fait une confession aux services de renseignement du nouveau régime libyen en 2012.

Le chef de la police écossaise Iain Livingstone a indiqué que celle-ci continuerait de "travailler étroitement" avec les autorités américaines dans le cadre de l'enquête.

Le "conseil d'administration" du gang notoire MS-13 inculpé pour "terrorisme" à New York

Des membres du gang Mara Salvatrucha 13 (MS-13) sont présentés aux médias après avoir été arrêtés par la police lors d'une fête privée à San Salvador, El Salvador, le 10 août 2017.

Les procureurs fédéraux américains ont inculpé pour terrorisme des personnes qui, selon eux, constituent le "conseil d'administration" du célèbre gang criminel connu sous le nom de MS-13, a-t-on appris de source officielle jeudi.

Le MS-13, également connu sous son nom espagnol de Mara Salvatrucha, a été créé par des réfugiés du Salvador à Los Angeles dans les années 1980, mais s'est depuis répandu à travers les États-Unis. Même si le centre de gravité du groupe reste en Amérique centrale, on estime à 10 000 le nombre de ses membres aux États-Unis, où ils opèrent dans des unités appelées "programmes" et "cliques".

Selon le bureau du procureur du district Est de New York, il s’agit en tout de 14 chefs de gang. Ils sont accusés, entre autres chefs d’inculpation, de "conspiration visant à fournir un soutien matériel aux terroristes", "conspiration pour commettre des actes de terrorisme au-delà des frontières nationales" et "conspiration de narcoterrorisme", indique un communiqué.

Des membres du gang MS-13 attendent de monter dans un bus pour être transférés du pénitencier de Chalatenango, à Chalatenango, au Salvador, le 27 décembre 2019.
Des membres du gang MS-13 attendent de monter dans un bus pour être transférés du pénitencier de Chalatenango, à Chalatenango, au Salvador, le 27 décembre 2019.

L'un des accusés est Borromeo Enrique Henriquez, également connu sous le nom de Diablito de Hollywood. Les procureurs l'ont dépeint comme l'un des membres les plus importants du gang. L’ensemble de ces suspects constituent la Ranfla Nacional, qui est l'organe directeur du MS-13.

Onze des accusés sont déjà en prison au Salvador, mais trois d'entre eux sont toujours en cavale. Le ministère américain de la justice a déclaré qu'il étude les moyens d'extrader les personnes emprisonnées vers les États-Unis.

"Le MS-13 est responsable d'une vague de mort et de violence qui a terrorisé les communautés, laissant des quartiers de Long Island et du district Est de New York inondés de sang", a déclaré le procureur américain par intérim, Seth D. DuCharme, dans un communiqué. "Même lorsque ses membres étaient incarcérés, la Ranfla Nacional a continué à diriger les opérations mondiales du MS-13, à recruter de nouveaux membres, y compris des enfants et à orchestrer des meurtres, faisant des ravages dans le monde entier".

En juillet, plus d’une vingtaine de chefs et de membres présumés du gang ont été arrêtés lors de ratissages en Virginie, à New York et à Las Vegas.

Joe Biden veut allouer 1,9 trillion à la lutte contre la pandémie

Le président élu des États-Unis Joe Biden annonce son plan de sauvetage économique anti-coronavirus, le 14 janvier 2021, à Wilmington, Delaware, en présence de la vice-présidente élue Kamala Harris.

Le président américain élu Joe Biden a dévoilé jeudi soir un plan de lutte contre le coronavirus, soulignant l'urgence d'adopter une législation pour aider les Américains à traverser la pandémie et la crise économique qu'elle a engendrée.

"Au cours de cette pandémie, des millions d'Américains, sans que ce soit leur faute, ont perdu la dignité et le respect qui vont de pair avec un salaire", a déclaré M. Biden dans un discours présentant le plan de sauvetage depuis Wilmington, dans le Delaware.

Le plan de M. Biden comprend une nouvelle série de paiements directs de 1 400 dollars pour la plupart des Américains, un financement pour promouvoir l'ouverture des écoles en toute sécurité et la mise en place d'un programme national de vaccination. Il prévoit également une assurance chômage supplémentaire de 400 dollars par semaine jusqu'en septembre.

Le plan prévoit aussi une aide aux petites entreprises, notamment celles appartenant à des entrepreneurs issus des minorités ethniques.

Le plan, que l'équipe de transition a décrit comme "ambitieux, mais réalisable", est estimé à 1,9 trillion de dollars, selon une déclaration publiée avant le discours de M. Biden.

C'est un chiffre que les républicains jugeaient trop élevé il n'y a pas si longtemps.

Mais les choses sont différentes. Lorsqu’il prendra le pouvoir le 20 janvier, M. Biden, un démocrate, aura une Chambre des représentants contrôlée par son parti et un Sénat divisé à 50-50. Il reviendra alors à la vice-présidente élue, Kamala Harris, de faire pencher la balance. Aux États-Unis, le vice-président en exercice préside les plénières du Sénat.

M. Biden s'était déjà fixé comme objectif d'administrer 100 millions de vaccins au cours des 100 premiers jours suivant son entrée en fonction le 20 janvier. L’annonce de jeudi inclut un plan national chiffré à 20 milliards de dollars. Il comprendra le financement de centres communautaires et de centres de vaccination mobiles pour les régions éloignées, en coordination avec les gouvernements des États et des collectivités locales.

"Ce sera l'un des efforts opérationnels les plus difficiles que nous ayons jamais entrepris en tant que nation", a déclaré M. Biden. "Nous devrons remuer ciel et terre pour faire vacciner plus de gens", a-t-il ajouté.

Claude Porsella: "La nation a été choquée"

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Lady Gaga et Jennifer Lopez chanteront à la cérémonie d'investiture de Biden

Photo-montage de Lady Gaga (d) et Jennifer Lopez (g).

Les stars de la musique pop Lady Gaga et Jennifer Lopez participeront à la cérémonie d'investiture de Joe Biden le 20 janvier à Washington, a annoncé jeudi l'équipe du démocrate, un événement qui se tiendra dans un climat très particulier en raison du Covid-19 et d'une sécurité renforcée après les violences au Capitole.

Lady Gaga chantera l'hymne national américain, justement sur les marches du Capitole, puis Jennifer Lopez effectuera une "prestation musicale", a précisé le comité d'organisation de l'événement.

Toutes deux avaient soutenu Joe Biden lors de sa campagne, et Lady Gaga, que Joe Biden appelle sa "grande amie", s'était déjà produite lors de son dernier grand meeting. Lorsqu'il était vice-président de Barack Obama, ils avaient travaillé ensemble sur une campagne de lutte contre le harcèlement sexuel.

Sur le thème de l'"Amérique unie", la cérémonie d'investiture du démocrate ne ressemblera à aucune autre, les organisateurs tout comme la maire de la capitale ayant appelé les Américains à ne pas se déplacer mais à la suivre virtuellement, de chez eux. Le pays enregistre actuellement ses pires bilans de morts quotidiens dus au coronavirus.

Un "champ de drapeaux" sera installé sur une partie du "Mall", l'immense esplanade où se dressent musées et monuments officiels à Washington, face au Congrès. Ils représenteront "les citoyens américains" qui n'ont pu faire le déplacement, a précisé l'équipe de Joe Biden.

Après l'assaut sur le capitole par des partisans de Donald Trump le 6 janvier pour protester contre la certification de la victoire du démocrate, la cérémonie d'investiture se tiendra également dans un climat de tension extrême.

La sécurité a été fortement renforcée dans la ville aux airs de camp retranché, et le Pentagone a autorisé le déploiement de pas moins de 20.000 soldats de la Garde nationale le jour J.

Après la cérémonie, Joe Biden avait déjà annoncé qu'il se rendrait immédiatement au cimetière national d'Arlington avec trois de ses prédécesseurs: Barack Obama, Bill Clinton et George W. Bush, pour y déposer une gerbe sur la tombe du soldat inconnu et lancer un appel à l'unité.

Le soir, le comédien américain Tom Hanks présentera une émission spéciale, diffusée sur toutes les grandes chaînes américaines, avec d'autres invités musicaux, dont Justin Timberlake.

En 2009, Aretha Franklin avait chanté lors de la première cérémonie d'investiture de Barack Obama, ainsi que Bruce Springsteen, U2, Shakira ou Stevie Wonder. Quatre ans plus tard pour sa réélection, Beyoncé avait chanté l'hymne national.

En 2017, Donald Trump avait dû lui se contenter d'artistes moins connus, l'homme étant peu apprécié du monde du spectacle.

Le président sortant a fait savoir qu'il ne participerait pas à la cérémonie le 20 janvier.

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