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Sénégal

Le député Ousmane Sonko arrêté à Dakar

Le candidat présidentiel Ousmane Sonko s'exprime lors d'un rassemblement politique à Thiès le 20 février 2019.

Le député Ousmane Sonko, principale figure de l'opposition sénégalaise, a été arrêté mercredi à la suite d'incidents survenus sur le trajet du tribunal où il devait être entendu sur des accusations de viols contre lui, ont dit ses avocats à l'AFP.

"Nous sommes en route pour la section de recherches (de la gendarmerie). 0n lui a notifié son arrestation pour troubles à l'ordre public et participation à une manifestation non autorisée", a indiqué à l'AFP Me Cheikh Khouraissy Ba. Un autre conseil de M. Sonko a également rapporté son arrestation.

L'arrestation du parlementaire, chef du parti Pastef et troisième de la présidentielle de 2019, est le dernier épisode d'une affaire qui agite le monde politique sénégalais depuis un mois.

M. Sonko, 46 ans, est visé depuis début février par une plainte pour viols et menaces de mort déposée par une employée d'un salon de beauté dans lequel il allait se faire masser pour, dit-il, soulager ses maux de dos. M. Sonko nie ces accusations et dénonce un complot.

Il était attendu mercredi matin dans le cabinet du juge pour être interrogé, comme l'ont été avant lui différents protagonistes.

Son déplacement en cortège à travers Dakar, placée sous haute surveillance policière, a donné lieu à des tirs de gaz lacrymogènes pour disperser les groupes exaltés l'accompagnant ou se formant sur son passage, et un bras de fer de plusieurs heures entre la délégation et les forces de l'ordre sur son itinéraire, ont constaté les journalistes de l'AFP.

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Au Sénégal, le vaccin gratuit anti-covid ne fait pas courir

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Abdoulaye Diop, nouveau patron de la commission de l’UEMOA

Six des huit présidents de l’espace UEMOA étaient présents à Dakar, le 3 décembre 2019.

L’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) change de patron. Le Nigérien Abdallah Bouréima, au terme d’un seul mandat de quatre ans, cède la présidence au Sénégalais Abdoulaye Diop.

La nomination de Mr. Diop a été actée par le chef de l’Etat burkinabè, Roch Marc Christian Kaboré, président en exercice de l’UEMOA. Elle fait suite aux recommandations de la 22e session ordinaire tenue par visioconférence le 25 mars 2021.

Les chefs d’Etat de ces pays ouest-africains qui partagent le CFA comme monnaie commune, ont "décidé de confier la présidence de la Commission de l’UEMOA au candidat proposé par la République du Sénégal". La nomination des membres de la Commission, sur proposition des chefs d’Etat et de gouvernement, interviendra "au plus tard le 1er mai 2021", a indiqué le sortant Abdallah Bouréima qui ne va donc pas rempiler.

Son successeur, Abdoulaye Diop, a occupé le poste de ministre du budget de son pays d’avril 2000 à mai 2001 dans le premier gouvernement de l’ancien président Abdoulaye Wade. Ce haut fonctionnaire était, jusqu’à sa nomination a l’UEMOA, ministre-conseiller du chef de l’Etat sénégalais Macky Sall.

La nomination de Mr. Diop marque le retour du Sénégal à la tête de cette commission après l’avoir perdue il y a quatre ans. L’ancien Premier ministre de ce pays, Cheikh Adjibou Soumaré, avait dirigé la commission de l’UEMOA de 2011 à 2017.

Les pays de l’UEMOA sont engagés dans un débat sur la réforme du franc CFA après une levée de boucliers d’activistes dans plusieurs pays africains qui dénoncent "le caractère néocolonial" de cette monnaie que partagent d’anciennes colonies françaises.

En décembre 2019, le président français Emmanuel Macron et son homologue ivoirien Alassane Ouattara avaient annoncé que le CFA serait remplacé par une monnaie ouest-africaine, l’ECO.

Mais des chefs d’Etat de la CEDEAO, dont les pays qui n’utilisent pas le CFA comme le Nigeria, avaient critiqué cette annonce, estimant qu’elle mettait en cause le projet de monnaie régionale commune.

Vaccins covid: les Sénégalais ne se bousculent pas

Un homme se fait vacciner contre Covid-19 à la clinique Ngor de Dakar, le 2 avril 2021.

Alors que des candidats à la vaccination prennent leur mal en patience dans le monde, l'affaire peut être expédiée en quelques minutes gratuitement et sans rendez-vous au poste de santé de Mbao et semble-t-il ailleurs au Sénégal.

Pour autant, les Sénégalais ne se bousculent pas dans les centres où se sont rendus les journalistes de l'AFP.

Aux doutes nourris depuis le début par nombre d'entre eux quant à la gravité de la maladie, au scepticisme répandu vis-à-vis de la vaccination s'est agglomérée la crainte des effets secondaires du vaccin AstraZeneca, un des deux disponibles au Sénégal, révèlent des témoignages recueillis par l'AFP.

Au poste de Mbao, la salle de vaccination est vide et les infirmières devisent pour tromper leur désoeuvrement.

"Les gens ne se pressent pas pour se faire vacciner. Une femme m'a dit qu'elle n'a pas confiance parce que c'est gratuit. Elle attend que ce soit vendu en pharmacie pour l'acheter", glisse une membre du personnel de santé sous couvert d'anonymat parce qu'elle n'est pas autorisée à parler à la presse.

Des responsables de la vaccination dans la ville religieuse de Touba (Centre) disaient cette semaine dans la presse qu'après un bon démarrage le vaccin chinois Sinopharm et surtout l'AstraZeneca du laboratoire anglo-suédois peinaient à trouver preneurs. Ils mettaient en garde contre le risque de perdre une partie des 7.000 doses restantes d'AstraZeneca, sur les 8.000 livrées.

Effet d'aubaine

Le coordinateur national de la vaccination, le Dr Ousseynou Badiane, se veut mesuré quant à l'avancement de la campagne.

Le gouvernement avait prévu de vacciner en priorité les personnels de santé et les personnes âgées et atteintes de comorbidités, soit 3% de la population. "On a déjà administré plus de 70% des doses qu'on devait administrer", dit-il.

Mais rapidement le champ a été "élargi à 20% de la population" parce que "des gens prioritaires ne se présentaient pas", explique-t-il.

Les autorités avaient initialement instauré une prise de rendez-vous en ligne. Quand les services de vaccination appelaient les inscrits, certains "ont demandé si c'était AstraZeneca" et ont préféré attendre, rapporte le praticien.

Sans communication officielle, le mot a alors commencé à se répandre sur les réseaux sociaux qu'on pouvait se faire vacciner sans rendez-vous. Une aubaine pour certains.

"Je suis venue me faire vacciner pour me protéger. Mon époux, qui ne veut pas s'immuniser, a essayé de me dissuader", assure Rokhaya Samb, qui est passée outre et sort du centre de Ngor-Almadies à Dakar.

Ils sont une quinzaine ce jour-là à avoir fait de même, dont une bonne part d'expatriés, nombreux à vivre ou travailler dans le quartier. De quelques heures au début, l'attente est passée à quelques dizaines de minutes au maximum.

Le Sénégal a acheté 200.000 doses du Sinopharm, dont 10% cédées aux voisins gambien et bissau-guinéen, et reçu plus de 300.000 doses d'AstraZeneca dans le cadre du programme international Covax, destiné à assurer aux pays pauvres l'accès à la vaccination.

Plus de 362.000 personnes ont été vaccinées, pour une population d'environ 17 millions.

Thèses complotistes

"Il y a des réticences mais c'est difficile à mesurer", admet le Dr Badiane.

Le nombre de contaminations et de décès diminue au Sénégal depuis des semaines. En outre, la vie revient progressivement à une certaine normalité depuis que le pouvoir a levé le couvre-feu et les restrictions anti-Covid à la suite de graves troubles début mars.

L'urgence est davantage à gagner son pain, a fortiori parmi des Sénégalais dont les trois quarts ont moins de 35 ans et sont moins exposés aux formes graves du coronavirus.

Autant de raisons, avec la défiance envers AstraZeneca, qui tiennent les Sénégalais à distance d'une aiguille.

Le Dr Babacar Niang, chef de Suma Assistance, un service hospitalier national privé, raconte recevoir des appels de patients l'interrogeant sur la nécessité de se vacciner.

Certains sont "sceptiques" vis-à-vis d'AstraZeneca, dit-il. Mais d'autres sont sensibles à "l'histoire des nano-cellules qu'on va nous mettre (pour) nous surveiller, (ou à) l'histoire de la procréation selon laquelle l'Europe, l'Amérique veulent diminuer notre fécondité".

D'autres encore se demandent si la vaccination ne relève pas seulement d'un "corona-business" profitable aux autorités et entreprises pharmaceutiques, évoque-t-il.

Les stocks s'amenuisent malgré tout. Le Sénégal attend prochainement de nouvelles livraisons, dit le coordinateur national, le Dr Badiane. Mais il n'écarte pas le risque d'une rupture qui ralentirait encore la campagne.

Un Ramadan dans l'amertume avec la hausse des prix des aliments

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Le gouvernement sénégalais annonce une enquête "indépendante" sur les troubles de mars

Des manifestants crient des slogans devant des policiers anti-émeute lors d'une manifestation contre l'arrestation du leader de l'opposition et ancien candidat à la présidence Ousmane Sonko, au Sénégal, lundi 8 mars 2021.

Le gouvernement sénégalais a annoncé jeudi la création d'une commission d'enquête "indépendante" sur les troubles de début mars, les plus graves que ce pays réputé pour sa stabilité ait connus depuis des années.

Cette opération que les leaders de l'opposition ont tôt fait de qualifier de diversion, n'a pour but que de "rétablir les faits, notre part de vérité", a confié à l'AFP, le ministre des Forces armées Sidiki Kaba.

Le gouvernement a été accusé par l'opposition d'être responsable de la mort d'au moins 13 personnes tuées selon elle dans la répression de la contestation. Des organisations comme Amnesty International ou Human Rights Watch ont dénoncé un usage excessif de la force par les policiers et les gendarmes, le recours à des tirs à balles réelles ainsi que la présence aux côtés des forces de l'ordre d'individus en civil non-identifiés et présentés par l'opposition comme des hommes de main du pouvoir.

Le ministre s'est inscrit en faux contre les versions laissant "entendre que l'entière responsabilité de tous les faits, des morts, des blessés, des pillages sont le fait du gouvernement du Sénégal".

Il n'a pas écarté l'éventualité que des policiers ou des gendarmes aient isolément violé la loi, et assuré qu'il "n'y aura pas d'impunité" pour eux si les faits sont établis.

Mais le président Macky Sall avait donné pour instruction de ne pas tirer sur les manifestants, et les forces de l'ordre "ont fait preuve de tenue, de retenue, de sang-froid et de professionnalisme; n'eût été cela nous aurions eu un bain de sang", a-t-il dit.

"Le Sénégal n'est pas un enfer des droits de l'Homme", a-t-il déclaré. Il a invoqué la situation exceptionnelle causée par la pandémie de Covid-19 et la crise économique, dans laquelle la plainte pour viols contre le député d'opposition Ousmane Sonko a fait l'effet d'un "ouragan".

Principal opposant au président Sall, Ousmane Sonko dénonce dans cette plainte un "complot" pour lui faire barrage à la présidentielle de 2024.

Une commission "indépendante et impartiale" sera chargée de "rétablir la vérité", a dit le ministre. Elle sera ouverte à l'opposition et à la société civile, a-t-il dit sans en préciser la composition ni le calendrier.

Elle tâchera de dresser un bilan humain des violences, sur lequel le gouvernement n'a toujours pas communiqué officiellement, précise-t-il. Elle déterminera les responsabilités et la présence ou non d'hommes de main dans les rangs des forces de sécurité, ou de "forces occultes" au sein de la contestation, a-t-il conclut.

Le ministre de l'Intérieur Antoine Félix Diome avait évoqué le 5 mars l'implication de telles "forces occultes" dans les manifestations, sans qu'apparaisse de quoi il parlait. Ces propos ont donné lieu dernièrement à des spéculations sur une possible référence à des rebelles de Casamance, région du sud du Sénégal en proie à une guérilla indépendantiste.

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