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Le covid freine le recyclage des bouteilles et appauvrit les petits commerces de Lomé


Un taxi chargé de bouteilles en direction d’un marché périphérique. Lomé, 22 janvier 2021.

Le marché de bouteilles de Kodomé, à Lomé, s’anime tous les vendredis. Dans cet espace commercial assez particulier, tous types de bouteilles sont proposés.

Qu’elles soient en plastique ou en verre, issues du milieu hospitalier, du cosmétique ou de l’alimentation... Des contenants d’antibiotique injectable aux liqueurs en passant par des bouteilles d’eau minérale, des déodorants, ou encore les bidons et les tonneaux, vous y trouverez tout.

"Nous sillonnons les différents quartiers de la capitale, en faisant du porte-à-porte pour acheter les bouteilles vides. Le travail de collecte fini, nous les ramenons ici au marché pour les revendre. Nous avons aussi des fournisseurs qui nous les ramènent aussi directement sur le site ici", explique Justine Atindogbé, présidente des commerçantes du marché des bouteilles.

Justine Atindogbé, présidente des commerçantes du marché des bouteilles. Lomé, 22 janvier 2021.
Justine Atindogbé, présidente des commerçantes du marché des bouteilles. Lomé, 22 janvier 2021.

D'ordinaire, leurs clients viennent non seulement des marchés périphériques de la capitale togolaise, mais aussi du Bénin et du Ghana voisins. Mais avec la pandémie de Covid-19 et la fermeture des frontières terrestres, les activités au marché des bouteilles tournent au ralenti.

Une thèse qu’approuve Akossiwa Agbodjan, la cinquantaine à peine entamée, le regard vers l’horizon.

"Rien ne va dans le marché. Depuis plus de 5 mois que j’ai ce stock, j'ai du mal à l'écouler. La pandémie ne nous a pas fait de cadeau", se lamente-t-il. "Nos clients habituels se plaignent de la mévente. Tant qu’ils n’écoulent pas leurs marchandises et ils ne peuvent pas revenir en acheter. Pire, nos clients de l’extérieur ne viennent plus", témoigne la commerçante.

Effet de chaîne

Le rôle crucial que ce marché joue dans la protection de l’environnement et l'assainissement de la ville pourrait être perturbé par la période de mévente causée par le coronavirus.

"Ces bouteilles vont se retrouver sur les dépotoirs à ciel ouvert. Elles seront soit brûlées ou enfouies, polluant ainsi l’environnement", s'alarme Justine Atindogbé.

Au-delà de la protection environnementale, le marché des bouteilles de Kodomé est un maillon clé de la chaîne des activités économiques. Les bouteilles achetées sur le site servent dans d’autres domaines, permettent à d'autres commerces d'exister et à de nombreuses familles de subvenir à leurs besoins.

Un étalage d’amuse-gueules dans des bouteilles recyclées au marché de Hédzranawoé. Lomé, 10 février 2021.
Un étalage d’amuse-gueules dans des bouteilles recyclées au marché de Hédzranawoé. Lomé, 10 février 2021.

"Les bouteilles en plastique servent de contenant pour les détaillants d’huile végétale, pour les jus faits maison. Pour les bouteilles en verre, elles servent dans la pharmacopée, dans la vente illicite de carburant et aussi de contenant pour des amuse-gueules", indique Marie Anakpo, revendeuse de bouteilles au marché d’Adidogomé Assiyéyé, dans la périphérie nord-ouest de Lomé.

Kayi Ameh, la trentaine, a pris le relais de ce commerce familial, il y a 12 ans. Elle constate une dégradation de ses revenus.

"Nous achetons 12 bouteilles vides d’eau minérale de 1,5 litre à 1000 francs CFA que nous revendons à 1200 francs. C’est dans ces 200 francs que nous devons enlever les frais de transport avant de dégager notre bénéfice", décrit la vendeuse. "Ce commerce n’est plus rentable. Nous sommes en survie", lâche-t-elle.

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