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Le correspondant burundais de la Deutsche Welle arrêté en RDC

  • VOA Afrique

Des satellites de la Deutsche Welle à Berlin, le 12 novembre 2012.

La radio-télévision allemande Deutsche Welle a demandé lundi la "libération immédiate" de son correspondant au Burundi, arrêté cinq jours plus tôt en République démocratique du Congo (RDC), où il faisait un reportage sur un camp de réfugiés.

Antéditeste Niragira a été arrêté le 17 mai par l'Agence nationale de renseignement (ANR) alors qu'il se trouvait dans le camp de transit de Kavinvira (est), près de la frontière burundaise, qui abrite des réfugiés burundais, a indiqué la Deutsche Welle dans un communiqué.

Accusé par les autorités congolaises d'"espionnage", sans plus de précisions, il a ensuite été transféré dans une prison de la ville voisine d'Uvira, selon ce communiqué.

"L'accusation selon laquelle notre correspondant aurait voulu espionner quoi que ce soit est monstrueuse et dépourvue de tout fondement", a déclaré Christoph Jumpelt, un porte-parole de la Deutsche Welle, cité dans le communiqué.

"Nous exigeons des autorités compétentes en RD Congo qu'elles remettent Antéditeste Niragira immédiatement en liberté et qu'elles lui permettent de regagner le Burundi en toute sécurité", a-t-il ajouté.

La famille de ce journaliste burundais, père de deux enfants et qui en attend un troisième sous peu, avait perdu sa trace mercredi, avant de découvrir où il était détenu deux jours plus tard.

"Cela a été un moment très difficile pour son épouse et toute sa famille, un moment d'angoisse (...) On a craintle pire", a expliqué à l'AFP un membre de sa famille.

"On est un peu rassuré de savoir où il est et qu'il va bien, mais on est aussi très inquiet car les autorités congolaises ont refusé à la famille le droit de lui parler", a-t-il ajouté, sous couvert d'anonymat.

Le Burundi traverse une grave crise politique émaillée de violences depuis la candidature en avril 2015 du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat controversé et sa réélection en juillet de la même année.

Ces violences ont déjà fait de 500 à 2.000 morts, selon les sources (ONU et ONG), des centaines de cas de disparition forcée et de torture et ont poussé à l'exil plus de 400.000 Burundais.

Plus de 36.000 d'entre eux sont réfugiés en RDC, où ils sont installés dans le camp de Lusenda (est), sursaturé, et dans plusieurs camps de transit.

En octobre 2016, le journaliste burundais Égide Mwemero avait été libéré après avoir passé près d'un an en détention sans jugement en RDC.

Il avait été arrêté pour "raisons sécuritaires" quelques jours après le lancement d'une émission quotidienne consacrée au Burundi sur une radio communautaire locale, qui avait été accusée de propager "des propos (menaçant) sérieusement la paix au Burundi".

Avec AFP

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