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Le Conseil de l’Europe dénonce des conditions de rétention "inhumaines" pour les migrants en Grèce


Des migrants manifestent à Lesbos, Grèce, le 19 avril 2018.

Des conditions "inhumaines": le comité anti-torture du Conseil de l'Europe (CPT) a vivement dénoncé, dans un rapport au vitriol publié jeudi, le sort réservé aux migrants placés en rétention en Grèce.

Le CPT prend la précaution de souligner que le grand nombre de migrants entrant dans le pays pose des "défis importants" aux autorités grecques, et nécessite une "approche européenne coordonnée".

Mais il estime que cela "ne peut dispenser l'Etat grec de ses obligations en matière de droits de l'Homme" et regrette "l'approche punitive" des autorités.

"L'idée selon laquelle des conditions difficiles dissuaderont les migrants d'arriver en Grèce semble subsister, sans tenir compte des facteurs incitant ces gens à risquer leur vie pour entrer dans le pays", déplorent les auteurs du rapport.

Les observateurs ont effectué une visite en mars en Grèce, peu après l'annonce de l'ouverture des frontières turques vers l'Europe par le président Recep Tayyip Erdogan, qui avait provoqué un afflux massif de migrants.

Ils dénoncent les conditions de rétention, tout particulièrement dans la région du fleuve Evros, qui marque la frontière terrestre avec la Turquie, et sur l'île de Samos, séparée de la Turquie par le détroit de Mycale, large de seulement 1,6 km.

"Le CPT ne comprend pas comment les autorités grecques peuvent maintenir en rétention des bébés et jeunes enfants dans des conditions aussi traumatisantes pendant des périodes allant jusqu'à un mois, voire plus", affirme le rapport.

Au port de Samos, les observateurs ont visité deux cellules de 42 et 32 mètres carrés, accueillant respectivement 43 et 50 migrants, sans chauffage, sans éclairage et sans lits.

Les toilettes, bouchées, n'étaient pas séparées du reste de la cellule et dégageaient "une puanteur nauséabonde". Au moment de la visite, les migrants n'avaient pas eu accès à une douche "depuis plus de deux semaines".

Ces migrants s'étaient aussi vu confisquer leurs téléphones portables et n'avaient "aucune possibilité de contact avec le monde extérieur".

"Ces conditions constituent clairement un traitement inhumain et dégradant", conclut le CPT, qui demande aux autorités grecques de "prendre des mesures". Il alerte également sur le "risque sur la santé publique", après avoir constaté un cas de gale dans un autre centre.

Depuis le printemps, "il y a eu une importante décongestion de la pression grâce au transfert de milliers de personnes vers la Grèce continentale ou vers leurs destinations finales", a cependant affirmé jeudi le porte-parole du gouvernement grec, Stelios Petsas. "Par conséquent, les conditions actuellement sont bien meilleures", a-t-il assuré.

Dans une première réponse écrite, le gouvernement grec avait soutenu que la situation à Samos était liée à la saturation des centres de rétention et indiqué que les migrants avaient été examinés par un médecin de manière préventive.

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