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Tchad

Le congrès d'un parti d'opposition non autorisé dans la province du Guera

Le chef de file de l'opposition tchadienne, Saleh Kebzabo de l'UNDR à N’Djamena le 29 avril 2016. (VOA/André Kodmadjingar)

Le congrès d'un des principaux partis d'opposition du Tchad qui devait se tenir vendredi dans le centre du pays n'a pas été autorisé par mesure "de sécurité" et un opposant de Guinée équatoriale venu y assister a été arrêté, ont indiqué les autorités.

"J'ai demandé de déférer le congrès à une autre date pour des mesures de sécurité", a déclaré à l'AFP le gouverneur de la province du Guera, Mahamat Ali Hassabalah, soulignant ne pas avoir "interdit" le congrès de l'Union nationale pour la démocratie et le renouveau (UNDR).

"J'ai reçu une fiche des services de sécurité qui recommande le report de la tenue de congrès, de rassemblements" ou autres réunions politiques, a-t-il ajouté, indiquant ne pas avoir été saisi "ni par mon ministère de tutelle, ni par l'UNDR de la tenue de ce congrès".

"Il s'agit tout simplement d'une machination orchestrée contre nous par le Mouvement patriotique du salut (MPS, au pouvoir) dans le but d'empêcher la tenue du congrès à Mongo", chef-lieu du Guera, a réagi à l'AFP Saleh Kebzabo, président de l'UNDR.

"Ce matin, le gouverneur nous a fait part de la situation du Soudan qui amène à plus de vigilance. L'Etat tchadien n’est pas en mesure de maitriser la situation sécuritaire du Guera, donc du pays", a affirmé M. Kebzabo.

M. Kebzabo a par ailleurs annoncé àl'AFP qu'un opposant de Guinée équatoriale, dirigeant d'un des principaux partis d'opposition de ce pays, avait été arrêté jeudi à Mongo alors qu'il venait assister au congrès.

Andres Essono Ondo Okogo, secrétaire général du parti Convergence pour la démocratie sociale (CPDS), "est effectivement détenu par les renseignements généraux" tchadiens à N'Djamena, a confirmé le porte-parole de la police, Paul Manga, affirmant ne pas connaître les raisons de son arrestation.

Premier opposant au président Idriss Déby Itno après être arrivé deuxième à l'élection présidentielle de 2016, Saleh Kebzabo avait surpris la classe politique tchadienne en acceptant de le rencontrer mi-2018.

Des élections législatives et locales doivent être organisées au Tchad, après avoir été reportées à plusieurs reprises depuis 2015, mais aucune date n'a été encore avancée.

La commission électorale (Céni) qui doit les organiser est au centre de nombreuses polémiques depuis plusieurs mois, l'opposition en ayant récusé la composition jugée "partiale".

Alors qu'on s'attendait à N'Djamena à un nouveau décret modifiant la composition de la Céni, tous ses membres ont prêté serment début avril, entérinant de fait sa composition.

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Un mort et cinq blessés suite à une tentative d'évasion dans une prison

Des femmes à Bol, au Tchad, le 1er avril 2016. (VOA/ Bagassi Koura)

Plusieurs prisonniers tchadiens ont tenté de s'évader dimanche de la maison d'arrêt de Bol, dans l'ouest du Tchad, où l'un d'entre eux a été tué par les force de l'ordre, a-t-on appris lundi de source sécuritaire provinciale.

Une vingtaine de prisonniers ont profité du moment du repas du soir servis par les geôliers pour tenter de s'enfuir de la maison d'arrêt, a indiqué cette source.

Les membres des forces de l'ordre stationnés devant la prison ont "effectué des tirs de sommation", blessant "cinq prisonniers et tuant un autre".

Ils ont réussi à "interpeller tous les évadés, excepté un, qui a disparu dans la nature", selon cette même source.

Selon une ONG locale, une manifestation de prisonniers protestant contre les conditions de détention a précédé la tentative d'évasion.

"Il s'en est suivi des coups de feu nourris très inquiétants que tout le monde pensait être une attaque de Boko Haram", a ajouté cette source. Dans la province du lac Tchad, où se trouve la prison, les incursions du groupe jihadiste nigérian Boko Haram sont fréquentes.

"En voulant stopper (les prisonniers), les forces de l'ordre ont tiré des balles à bout portant, tuant un prisonnier sur place et blessant cinq autres", a détaillé cette source, confirmant le bilan transmis par la source sécuritaire.

Toutefois, l'ONG locale a affirmé à l'AFP, que "plusieurs prisonniers avaient réussi à plonger dans l'eau du lac Tchad qui borde la prison et avaient réussi à rejoindre les îles environnantes, échappant aux forces de défense et de sécurité".

Au moins 11 militaires tchadiens tués après une attaque attribuée à Boko Haram

Le village de Ngouboua, sur le lac Tchad, attaqué par Boko Haram, le 13 février. 2015.

Au moins onze militaire tchadiens ont été tués après l'attaque vendredi après-midi d'une localité située dans la province du Lac Tchad (ouest du Tchad), attribuée au groupe jihadiste nigérian Boko Haram, selon un nouveau bilan communiqué dimanche soir par une autorité régionale.

"L'armée tchadienne a perdu onze hommes dont trois officiers (...) et six militaires ont été blessés, a indiqué à l'AFP dimanche soir l'autorité régionale.

"26 éléments de Boko Haram ont été tués", a-t-il ajouté.

Un précédent bilan transmis par des sources sécuritaires faisait état de sept militaires tchadiens et un goumier (garde d'un chef traditionnel local) tués.

Parmi les militaires tués, on compte trois officiers, dont un colonel de la gendarmerie et un autre de la garde nomade, selon plusieurs sources sécuritaires.

Dans la zone de Ngouboua, les éléments de Boko Haram ont attaqué vendredi une localité et emporté avec eux des milliers de têtes de bétail, a précisé à l'AFP l'autorité régionale.

"Les militaires ont voulu faire jonction par deux endroits différents pour récupérer les boeufs".

"L'armée a réussi à récupérer les bœufs mais en voulant les poursuivre", l'un des groupes est "tombé dans une embuscade", a-t-elle ajouté.

"Des éléments de Boko Haram" se sont "dissimulés dans des hautes herbes" et ont attaqué le groupe faisant 3 morts parmi les militaires tchadiens, selon cette même source.

L'autre groupe a affronté les éléments de Boko Haram autour de Tchoukoutalia. Dans ce combat armé, 26 éléments de Boko Haram ont été neutralisés, a détaillé cette source.

La région du lac Tchad est le théâtre d'un regain d'attaques du groupe jihadiste nigérian depuis juin 2018: au moins neuf attaques de Boko Haram ont eu lieu en territoire tchadien.

Fin mars, 23 soldats tchadiens avaient été tués dans l'attaque d'une base avancée sur la rive nord-est du lac.

L'insurrection de Boko Haram, qui a débuté en 2009 dans le nord-est du Nigeria, a fait plus de 27.000 morts et 1,8 million de déplacés dans ce pays, et a gagné le Niger, le Tchad et le Cameroun voisins.

Depuis 2015, les pays de la région luttent contre Boko Haram au sein de la Force multinationale mixte (FMM), une coalition régionale engagée dans la région du lac Tchad avec l'aide de comités de vigilance composés de citoyens locaux.

Crimes contre l'humanité: le général et chef rebelle Mahamat Nouri inculpé à Paris

Le général Mahamat Nouri.

Un important chef rebelle tchadien, opposant au président Idriss Déby Itno, a été mis en examen (inculpé) vendredi soir à Paris dans le cadre d'une enquête ouverte voici deux ans pour crimes contre l'humanité concernant des opérations de recrutement d'enfants-soldats au Tchad et au Soudan.

Interpellé lundi matin, le général Mahamat Nouri a été mis en examen pour "crimes contre l'humanité" et "participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un crime contre l'humanité", puis placé en détention provisoire, a-t-on appris de source judiciaire.

Un deuxième suspect, l'opposant Abakar Tollimi, a lui aussi été présenté à des juges d'instruction mais il a été placé sous le statut intermédiaire de témoin assisté.

Selon le ministère public, ils sont "soupçonnés d'avoir diligenté des opérations de recrutement forcé de combattants, dont des mineurs", au Tchad et dans la province frontalière soudanaise du Darfour entre décembre 2005 et juillet 2010.

"On sait qu'il y a eu des exactions au Tchad entre 2005 et 2010, et notamment des enfants dans des groupes armés, mais mon client conteste que cela ait été le cas dans son propre groupe", a réagi auprès de l'AFP Me Elise Le Gall, l'avocate du chef rebelle.

Elle a ajouté qu'elle allait demander la nullité de la mise en examen et faire appel du placement en détention provisoire de son client.

Agé de 72 ans, le général Mahamat Nouri, considéré comme l'un des plus influents chefs rebelles tchadiens, avait été arrêté à son domicile du Val-de-Marne, près de Paris, tandis que les deux autres suspects, Abakar Tollimi et Abderahmane Khalifa Abdelkerim, l'avaient été au même moment en Mayenne et Indre-et-Loire (centre).

Abderahmane Khalifa Abdelkerim a été remis en liberté mercredi soir "en l'absence d'éléments incriminants", selon le parquet.

Les interpellations avaient été effectuées dans le cadre d'une enquête préliminaire ouverte par le parquet le 10 mai 2017 à la suite d'un signalement de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra).

C'est auprès de cet organisme que le chef rebelle avait déposé une demande d'asile, qui avait été rejetée.

- Compétence universelle -

Le pôle crimes contre l'humanité et crimes de guerre du tribunal de Paris s'est saisi de ce dossier en vertu d'une compétence universelle qui l'autorise à poursuivre des suspects s'ils sont sur le territoire français.

Le général Nouri est un proche d'Hissène Habré, renversé en 1990 par Idriss Déby Itno.

Ministre de la Défense de 2001 à 2003 puis ambassadeur en Arabie saoudite, le général est entré en rébellion en mai 2006.

A l'époque, il s'installe au Soudan avec son groupe rebelle, l'UFDD (Union des forces pour la démocratie et le développement). En novembre 2006, il lance une offensive, avec d'autres rebelles, dans l'est du Tchad, non loin de la frontière avec le Soudan, avant d'être repoussé par l'armée.

Plus tard, il prendra la tête d'autres rébellions au sein de l'Alliance nationale (AN) qui mène en février 2008 depuis le Soudan une offensive sur N'Djamena, la plus importante contre le régime du président Déby depuis son accession au pouvoir en décembre 1990.

Ils ont été tout près de renverser le président Déby, retranché dans son palais, avant d'être chassés par l'armée tchadienne au terme de violents affrontements.

Paris avait à l'époque apporté un soutien décisif à l'armée, mais avait démenti toute participation directe aux combats.

En 2008, le général est condamné à mort au Tchad. Expulsé du Soudan en 2010, il s'exile un an au Qatar avant de se réfugier en France.

En janvier 2017, Paris a gelé ses avoirs pour six mois, ainsi que ceux d'un autre rebelle tchadien, Mahamat Mahadi Ali.

Le secrétaire général de l'association La Convention Tchadienne de Défense des Droits de l'Homme a dénoncé vendredi auprès de l'AFP le "soutien inconditionnel du gouvernement français au système de M. Deby" qui selon lui "l'amène à pourchasser ses opposants réfugiés sur le sol français".

Dans des rapports en 2007, 2009 et 2010 concernant les enfants et les conflits armés, les Nations unies avaient relevé la présence de mineurs dans des groupes armés au Tchad.

Pour la période allant de septembre 2007 à décembre 2008, l'un des rapports soulignait notamment que "des milliers d'enfants sont encore associés à des groupes armés appartenant à diverses factions rebelles telles que (...) l'Union des forces pour la démocratie et le développement".

Conférence contre les préjugés sexistes à N'Djamena

Les participants à la conférence internationale sur l'éducation des filles et la formation des femmes, à N'Djamena, le 18 juin 2019. (VOA/André Kodmadjingar)

Une conférence internationale sur l’éducation des filles et la formation des femmes dans l’espace francophone est organisée du 18 au 19 juin dans la capitale tchadienne. Cette conférence vise à promouvoir des pratiques éducatives dénouées de préjugés et stéréotypes sexistes.

A N’Djamena, les partenaires de l’éducation et l’Organisation Internationale de la Francophonie se sont engagés à réduire les inégalités et les disparités de genre en luttant contre toutes les formes de discriminations basées sur le sexe.

Conférence internationale sur l’éducation des filles
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Idriss Deby Itno, président du Tchad, à N'Djamena, le 18 juin 2019. (VOA/André Kodmadjingar)
Idriss Deby Itno, président du Tchad, à N'Djamena, le 18 juin 2019. (VOA/André Kodmadjingar)

"Pour inverser la tendance, le gouvernement a lancé des actions fortes à la fois sur le terrain politique, institutionnel et pédagogique", a déclaré Idriss Déby Itno, président du Tchad.

Ces actions sont, entre autres, la loi 029 interdisant le mariage de filles mineures et l’instauration de prix d’excellence pour encourager les filles à finir leurs cursus scolaire dans un pays où plus de 86% des femmes sont analphabètes.

Toutefois, le président Déby reconnait qu’il reste beaucoup à faire : "En 1991, on comptait moins de 10.000 filles à l’école. Aujourd’hui, dans certaines régions, vous trouverez plus de filles que de garçons. Le facteur déterminant, c’est la poursuite des études : à partir du 1er cycle, il y a une chute vertigineuse du nombre de filles".

Pour les observateurs, ce sont les pesanteurs sociales et la pauvreté qui amènent les parents à retirer leurs filles de l’école à un certain âge pour les marier.

Selon Nadji Samdougou Baktara, membre de la société civile et coordonnatrice d'un projet de formation à distance des maîtres au Ministère de l’éducation, "certaines traditions disent qu’il faudrait que la fille puisse avoir ses 1ères menstrues mais pas les deuxièmes au foyer, donc il faut vite l’envoyer en mariage pour que la honte ne tombe pas sur la famille".

"Avec les engagements et les mobilisations sociales du ministère, des partenaires et même des organisations de la société civile, les chose sont en train de changer favorablement".

Louis Mushikiwabo, sécrétaire-générale de l'OIF, à N'Djamena, le 18 juin 2019. (VOA/André Kodmadjingar)
Louis Mushikiwabo, sécrétaire-générale de l'OIF, à N'Djamena, le 18 juin 2019. (VOA/André Kodmadjingar)

"Nous devons tout faire pour que l’éducation des filles soit portée par nos sociétés dans le respect de nos traditions et dans le respect de nos pratiques et nos pays n’attendent que ça", a déclaré la secrétaire-générale de l’organisation internationale de la francophonie Louise Mushikiwabo.

Elle exhorte les Etats membres de son organisation à redoubler d’efforts pour que les filles aient le même niveau d’instruction que les garçons.

"Un pays ne peut pas avancer en laissant derrière lui 50% de sa population et c’est le cas de plusieurs de nos Etats francophones. Des préjugés tenaces considèrent que l’éducation s’adresse en priorité aux garçons qui doivent devenir de bons chefs de famille. Il nous faut agir ensemble pour y mettre fin".

Le président Déby rassure ses partenaires qu’un signal fort sera lancé à l’issue de cette rencontre à toute la communauté francophone pour la scolarisation massive et le maintien des filles à l’école au même titre que les garçons. Car dit-il, beaucoup des pays francophones dont le Tchad sont à la traîne de cette réalité.

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