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Le conflit contre Boko Haram "baisse en intensité" au Cameroun


Les forces de l'armée camerounaise patrouillent près du village de Mabass, au nord du Cameroun, le 16 février 2015.

L'avenir des anciens membres du groupe jihadiste nigérian Boko Haram et celui des comités de vigilance, milices civiles qui combattent les jihadistes, sont deux défis majeurs auquel Yaoundé doit répondre au moment où le conflit "baisse en intensité" au nord-Cameroun, selon le centre d'analyses International Crisis Group (ICG).

Dans un rapport, ICG estime que ces "deux problèmes majeurs" seront "déterminants" dans la suite de la lutte contre le groupe jihadiste dans la région de l'Extrême-Nord.

Concernant les anciens combattants camerounais de Boko Haram, un "procès équitable" est nécessaire, selon le centre d'analyses.

Depuis l'intensitification de la lutte dans l'Extrême-Nord en 2014, des ONG ont plusieurs fois accusé l'armée de justice expéditive vis-à-vis d'anciens membres du groupe jihadiste. Des vidéos ont récemment été diffusées sur l'exécution sommaire de présumés anciens membres de Boko Haram par de présumés soldats camerounais.

>> Lire aussi : Yaoundé va "enquêter" sur une nouvelle vidéo d'exactions présumées de l'armée

Pour l'ICG, qui note une surpopulation carcérale à Yaoundé et Maroua (nord) en raison de l'arrestation de nombreux ex-combattants, il faudrait "accélérer la procédure judiciaire dans les cas de terrorisme liés à Boko Haram et renforcer les capacités des tribunaux de l’Extrême-Nord".

Le centre d'analyses estime qu'un système de "justice restauratrice" pourrait être appliqué pour les anciens membres de Boko Haram non combattants : "Imposer des peines de travaux communautaires", ou encore des "mécanismes locaux de dialogue et de pardon, y compris des confessions publiques et des cérémonies symboliques".

>> Lire aussi : Sept militaires arrêtés après la diffusion d'une vidéo sur les exactions de l'armée au Cameroun

Concernant les comités de vigilance, ces milices civiles créées localement et acceptées par les autorités militaires pour défendre des localités des attaques de Boko Haram, l'ICG estime qu'il faut désormais en "repenser le rôle".

Ces comités, qui comptent 14.000 membres armés dans l'Extrême-Nord selon l'ICG, pourraient devenir "une source d'insécurité à moyen terme" si les autorités ne font rien, estime le groupe.

Certains devraient être démobilisés et leurs membres réinsérés, quand d'autres devraient être insérés dans la police municipale, selon l'ICG.

Enfin, le centre d'analyses souligne que les membres de comité de vigilance "accusés d’abus ou de bavures devront faire l’objet d’enquêtes transparentes".

Militairement présent dans la sous-région depuis 2009, Boko Haram est désormais principalement cantonné à une région du nord-est du Nigeria.

Ses attaques, autrefois régulières dans la région camerounaise de l'Extrême-Nord frontalière du Nigeria et du Tchad, ont sensiblement baissé ces derniers mois.

Elles ont fait au Cameroun au moins 135 morts civils depuis janvier 2018, selon une estimation de l'ICG.

Avec AFP

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