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Un commandant de Daesh tué dans un raid en Afghanistan

Image non-datée prise du site du groupe Etat islamique en Afghanistan.

Le commandant du groupe Etat islamique (EI) pour le nord de l'Afghanistan Qari Hikmat a été tué lors d'un raid aérien conjoint des forces afghanes et américaines, ont annoncé samedi des sources officielles et locales.

Selon le ministère de la Défense samedi, l'opération a eu lieu vendredi dans le district de Darzab, dans la province de Jawzjan, tuant le chef et plusieurs de ses hommes.

"Qari Hikmat était une figure-clé de Daech (acronyme arabe de l'EI) dans le nord de l'Afghanistan, responsable et impliqué dans de nombreuses attaques terroristes", affirme le ministère dans un communiqué.

"Son corps a été enterré par ses hommes qui ont désigné son successeur, Mawlawi Habbib-ul-Ruhman".

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Le district de Darzab, à l'extrême sud de la province de Jawzjan, est le nouveau fief de "l'Etat islamique au Khorasan" (du nom de l'ancienne appellation de l'Afghanistan).

Selon le chef de la police de Jawzjan, Faqir Mohammad, l'homme était "le fondateur de l'EI dans le nord de l'Afghanistan. Il avait recruté les combattants et était responsable de nombreuses tueries et décapitations".

"C'est un coup dur pour Daech", a estimé ce responsable joint par l'AFP.

Selon lui, le raid s'est déroulé jeudi en début d'après-midi.

Le gouverneur provincial de Jawzjan, Lotfullah Azizi, confirmant ce décès à l'AFP, a précisé que "Qari Hikmat et un de ses combattants ont été tués par une frappe américaine. Nos services de renseignements ont identifié les corps sur place".

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"Sa mort va durement affecter le recrutement de Daech dans le nord de l'Afghanistan" a-t-il estimé, ajoutant que "Qari Hikmat était un maître en cruauté et brutalité à Darzab".

L'EI est apparu début 2015 dans l'Est du pays et s'est progressivement étendu au nord dans le courant de l'été 2017; les forces américaines conduisent régulièrement des raids aériens sur Jowzjan depuis décembre dernier.

L'EI, qui a la réputation de bien payer ses combattants, recrute principalement parmi les talibans et d'autres groupes régionaux comme l'IMU, Mouvement islamique d'Ouzbékistan.

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Il compte aussi des étrangers, principalement ressortissants des pays voisins (Pakistan, Tadjikistan, Ouzbékistan) et Tchétchènes.

Des Français ont été également signalés depuis l'automne dans le district de Darzab. Plusieurs d'entre eux auraient été tués dans des raids américains selon les sources locales et une Française d'origine algérienne a été arrêtée fin mars, toujours à Darzab, selon les services de renseignements afghans.

Avec AFP

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Annexion du Golan: Trump rompt de nouveau avec le consensus international

Le président Donald Trump lors d'un point de presse au jardin Rose de la Maison Blanche, Washington, 25 janvier 2019.

En se disant favorable à la reconnaissance de la souveraineté d'Israël sur le plateau du Golan, Donald Trump rompt de nouveau avec le consensus international, au risque de justifier l'expansionnisme d'autres pays, selon les experts.

Israël a conquis une grande partie du Golan lors de la guerre des Six Jours en 1967 et l'a annexée en 1981, mais la communauté internationale n'a jamais reconnu cette annexion. Jeudi, le président américain a tweeté que "52 ans après", il était "temps" pour les Etats-Unis de la reconnaître.

Le droit international "interdit d'accroître son territoire par la guerre", a rappelé vendredi l'ancien diplomate Richard Haas, président du centre de réflexion Council on foreign relations (CFR).

"C'est un des principes les plus fondamentaux de l'ordre international et c'est ce qui a servi de base à l'opposition américaine à la conquête du Koweït par Saddam Hussein et de la Crimée par Poutine", a-t-il ajouté.

Il faisait référence à la guerre du Golfe qui a permis de bouter l'ex-dictateur irakien hors du Koweït en 1991 et le rattachement de la région ukrainienne de la Crimée par le président russe Vladimir Poutine en 2014.

Les Etats-Unis, qui ont imposé des sanctions à la Russie après son annexion de la Crimée, mènent-ils une politique internationale à deux vitesses? "Pas du tout", a répondu le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo dans un entretien à Sky News.

"Ce que le président Trump a fait avec le plateau du Golan est de reconnaître la réalité du terrain et la situation sécuritaire nécessaire à la protection de l'Etat israélien. C'est aussi que simple que cela", a-t-il expliqué.

- "Loi de la jungle" -

Ce n'est pas la première fois que M. Trump balaie de la main les conventions internationales pour apporter son soutien au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, aujourd'hui confronté à une réélection incertaine: en décembre 2017, il avait reconnu unilatéralement Jérusalem comme la capitale d'Israël.

Mais cette fois-ci, Washington va plus loin, a estimé l'ancien chef de la diplomatie suédoise Carl Bildt. "C'est de nouveau la loi de la jungle", a-t-il tweeté. "Le Kremlin va applaudir et appliquer le même principe à la Crimée, Pékin va applaudir et appliquer le même principe à la mer de Chine méridionale".

Les Européens et les pays arabes se sont de fait inquiétés de l'intention affichée par M. Trump, qui n'a pas encore été formalisée.

La France a immédiatement estimé que la reconnaissance de cette annexion serait "contraire au droit international", rappelant que "cette situation a été reconnue comme nulle et non avenue par plusieurs résolutions du Conseil de sécurité" des Nations unies.

La Syrie l'a rejetée vendredi comme "une violation flagrante du droit international", jurant que "le Golan est et restera arabe et syrien".

A New York, l'ambassadeur de Syrie à l'ONU, Bashar Ja'afari, a affirmé que le régime de Damas n'hésiterait pas à faire usage de la force pour récupérer le plateau du Golan. "C'est notre territoire, et nous le récupèrerons tôt ou tard", a-t-il dit.

Le président turc a jugé que la région était au bord d'une "nouvelle crise". "Nous n'autoriserons jamais la légitimation de l'occupation du plateau du Golan", a ajouté Recep Tayyip Erdogan qui, bien qu'hostile au président syrien Bachar al-Assad, ne cesse de dire son attachement à l'intégrité territoriale de la Syrie, craignant l'émergence d'une entité kurde dans les zones frontalières de la Turquie.

Pour Ilan Goldenberg, du Center for a new american security, la décision de M. Trump sur le Golan "aura un goût amer: elle affaiblit la sécurité d'Israël et affecte les intérêts des Etats-Unis au Moyen-Orient et au-delà, tout en donnant un coup de pied dans une fourmilière qui n'en avait vraiment pas besoin".

"Si Washington cesse de respecter les principes internationaux, il faut s'attendre à ce que d'autres Etats annexent des territoires de leurs voisins", a ajouté cet expert, évoquant la possibilité que l'Arabie saoudite envahisse le Qatar.

Pour Steven Cook, un expert du Proche-Orient au CFR, Donald Trump aurait mieux fait de s'abstenir: le statu quo satisfaisait tout le monde, y compris la Syrie, alors que reconnaître officiellement l'annexion du Golan "va créer de l'opposition, là où il y avait jusque là de l'acceptation".

"Israël est sur le Golan pour ses propres raisons, et rien de ce que l'administration Trump décidera n'y changera quoi que ce soit", conclut-il.

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