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Sénégal

Le chef religieux Cheikh Bethio Thioune condamné par contumace à 10 ans de travaux forcés

Manifestation de "thiantacounes", fidèles de Cheikh Bethio Thioune, qui demandent sa libération aux abords de la prison de Dakar le 19 octobre 2012.

Un chef religieux musulman sénégalais, Cheikh Bethio Thioune, a été condamné lundi par contumace à dix ans de travaux forcés pour le meurtre par ses disciples en 2012 de deux d'entre eux, au terme d'un procès très médiatisé.

La chambre criminelle du tribunal de grande instance de Mbour, à 80 km au sud-est de Dakar, a reconnu ce responsable mouride, une des plus influentes confréries de l'islam au Sénégal - pays à plus de 90% musulman - coupable de "non-dénonciation de crime et complicité de meurtre".

En traitement médical en France, il était jugé depuis le 23 avril en son absence, le président du tribunal ayant refusé une demande de sursis de ses avocats, qui n'ont pas été autorisés à plaider pendant le procès.

Son chambellan, Cheikh Faye, a été reconnu coupable des mêmes faits et condamné à la même peine. Dix autres prévenus ont été condamnés à 15 ans de travaux forcés et deux autres à huit ans de travaux forcés.

Le procureur Youssou Diallo avait requis la semaine dernière les travaux forcés à perpétuité contre Cheikh Bethio et 16 des prévenus, poursuivis pour meurtre avec actes de barbarie, association de malfaiteurs, recel de cadavres, inhumation sans autorisation administrative, détention d'armes sans autorisation et non-dénonciation de crime.

Il avait également demandé un mandat d'arrêt international contre le guide religieux.

Mais le tribunal a décidé de ne pas prononcer de "contrainte par corps pour Bethio Thioune en raison de son âge" - plus de 80 ans. Il a en revanche placé ses biens sous séquestre et alloué aux héritiers de chacune des deux victimes 100 millions de francs CFA (environ 152.000 euros).

Deux prévenus ont écopé de cinq ans d'emprisonnement ferme et un autre de six mois. Les trois autres prévenus, dont un chauffeur, ont été acquittés.

"Le droit a été dit et bien dit. La chambre criminelle a fait un travail remarquable en situant les responsabilités. Ceux qui ont été pris la main dans le sac ont été lourdement sanctionnés", a déclaré à l'AFP Me Khassimou Touré, avocat des parties civiles.

Le verdict a été accueilli dans le calme, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Des fidèles de Cheikh Bethio Thioune présents dans la salle et à l'extérieur du tribunal, où des barrières métalliques avaient été installées à l'entrée ont quitté sans incident les lieux, gardés par des gendarmes et des policiers.

Ses fidèles, appelés "thiantacounes", avaient violemment protesté contre sa détention en 2012. A Dakar, ils avaient notamment brisé les vitres de plusieurs dizaines de véhicules le 22 octobre 2012.

En liberté provisoire depuis février 2013, Cheikh Bethio Thioune avait été arrêté le 23 avril 2012 à la suite de la mort de deux de ses disciples lors d'une rixe dans le village de Keur Samba Laobé (ouest), où il possède une résidence.

Selon le récit des avocats pendant le procès, il avait interdit à l'une des victimes l'accès à son domicile, lui reprochant une dévotion excessive à son égard - elle le comparait même à Dieu. L'homme avait bravé l'interdiction et des fidèles s'en étaient pris à lui, le tuant avec un de ses compagnons.

Selon l'ordonnance de renvoi, les corps des deux victimes, enterrés à 800 mètres de son domicile, présentaient "des violences" causées par des "armes tranchantes, contondantes et à feu".

Les organisations de défense des droits humains et les familles des accusés réclamaient depuis des années la tenue de ce procès, dénonçant la durée excessive de la détention préventive de la plupart des prévenus.

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Des écologistes veulent sauver le littoral de Dakar

Des écologistes veulent sauver le littoral de Dakar
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Les commerçants s'accrochent au célèbre marché Sandaga à Dakar malgré sa démolition

D’habitude bourrés de monde et de voiture, le rond-point Sandaga respire, à Dakar, le 5 août 2020. (VOA/Seydina Aba Gueye)

Au Sénégal, le centre-ville de la capitale retrouve des couleurs suite à la réfection du célèbre marché Sandaga. Si les riverains apprécient le désencombrement des principales artères, les commerçants délogés et recasés ne sont pas contents.

La mue du marché Sandaga, au centre-ville de Dakar, a commencé dimanche par une démolition des emprises autour du bâtiment central.

Les commerçants continuent à squatter les alentours du marché Sandaga malgré sa démolition annoncée. Beaucoup d'entre eux ont perdu leurs étalages, mais préfèrent rester sur place et vendre à la sauvette au lieu de rejoindre le site de recasement du "champs de courses" situé à une dizaine de minutes.

Pathé Mbaye explique ce choix par l'absence d'attractivité du site. "J'étais commerçant avant la démolition mais maintenant je suis redevenu marchand ambulant: je marche avec tous mes bagages traînant un peu partout à Dakar", se lamente-t-il.

Le nouveau site désigné pour le commerce ne lui plait pas. "Là-bas tu peux rester des jours sans voir de clients", argumente le marchand.

Sandaga était le marché le plus populaire de la capitale mais aussi l'un des plus anarchiquement occupés. Les habitants du centre-ville en ont souvent fait les frais comme le relate Doudou Sarr, qui se réjouit de cette libération des emprises autour du marché Sandaga.

"Nous qui vivons ici, on avait un sérieux problème parce que même pour évacuer un cas de décès c’était tout un problème à cause de l’occupation anarchique qui régnait... Des fois on en venait aux mains", se souvient-il.

Cet habitant d'une maison jouxtant le marché affirme que même "les passages piétons étaient occupés par les marchands" ce qui a causé plusieurs accidents. Avec la démolition, les habitants se disent soulagés.

Ce soulagement est partagé par les automobilistes qui avaient beaucoup de peine à circuler à cause des bouchons permanents sur ce carrefour important du centre-ville.

Pape, chauffeur de taxi, est habitué à rouler sur cet axe qu'il juge infernal.

"Pour nous, la démolition du marché est plus que salutaire. Avec le rond-point de Sandaga qui était occupé par les vendeurs on a eu tout le temps des embouteillages, c'était très compliqué pour nous les automobilistes", fustige-t-il. "A la limite ce sont les voitures qui évitent les vendeurs et les piétons", se souvient le chauffeur de taxi.

En attendant de savoir le sort qui sera réservé à cette bâtisse vieille de plusieurs dizaines d'années, les habitants et les riverains montrent leur satisfaction tandis que les commerçants ne sont pas emballés par le site de recasement que beaucoup d'entre eux refusent de rejoindre.

Dakar: le marché historique de Sandaga va être modernisé
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Les autorités sénégalaises craignent une banalisation du coronavirus

Le port du masque strictement respecté dans les rues de Dakar, au Sénégal, le 10 août 2020. (VOA/Seydina Aba Gueye)

Le gouvernement sénégalais a annoncé ‪vendredi un durcissement des mesures contre le Covid-19. Les rassemblements au niveau des espaces publics, des plages, des terrains de sports, des salles de spectacles, ainsi que les manifestations, sont désormais interdits.

Les populations ont accueilli cette nouvelle avec une certaine indifférence alors que les chiffres ne cessent de grimper.

A peine un mois après la levée de l'état d'urgence assorti d'un couvre-feu et l'allègement des mesures, les autorités sont revenues sur certaines de ces mesures, annonçant un durcissement dans le cadre de la prévention.

"Ils avaient suivi la volonté des populations pour leur permettre de vaquer à leurs préoccupations mais au fur et à mesure ils se sont rendus compte que cette méthode ne pouvait plus prospérer car les cas ont considérablement augmenté", regrette Alseni Camara.

Il dénonce par ailleurs que "ceux qui nous dirigent ne joignent pas l'acte à la parole" car ils s'affichent souvent dans des manifestations publiques en pleine pandémie. Pour Alseni on ne peut pas "interdire aux populations de se rendre dans les cérémonies et être les premiers à déroger" à cette règle. Il pense que si les autorités avaient "rompu avec les festivités" la population suivrait facilement.

Coronavirus: nouveau durcissement des mesures
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Pour des citoyens comme Abdou Seck ce retour aux décisions initiales ne va pas changer grand-chose dans l'attitude de beaucoup de Sénégalais.

"Tout le monde ou presque ne se préoccupe plus du coronavirus et la récente fête de la Tabaski l'a montré. Les gens ont acheté des moutons et fréquentés les lieux de commerces avec une densité incroyable et souvent sans respecter les mesures barrières", constate-t-il avant d'ajouter que même les forces de l'ordre semblent avoir démissionné.

"Nous savons tous que sans une réelle force de dissuasion les Sénégalais ne vont jamais se conformer aux mesures édictées. Certains doutent même de l'existence de la maladie", assure-t-il.


La banalisation de la pandémie a certainement fait réagir les autorités d'après ce citoyen qui a requis l'anonymat. Pour lui le comportement des Sénégalais a motivé le retour aux restrictions. "La répétition est pédagogique. Parfois il est bon de rappeler aux citoyens les mesures de civilités et autres", affirme-t-il.

Pour lui, il est normal de "rappeler les gens à l'ordre" si l'on remarque qu’il y’a des débordements, que les gens commencent à "omettre ou à ne pas respecter" les limites qui ont été fixées pour "la santé et l’intérêt général".

"C'est quelque chose que tout le monde doit respecter et il est bon de le rappeler", soutient-il fermement.

Pour que tout le monde se conforme aux mesures, le ministre de l'Intérieur a annoncé un renforcement des contrôles par les forces de l'ordre et une tolérance zéro vis-à-vis des récalcitrants avec des peines pouvant aller d'une simple amende à un emprisonnement.

Cette nouvelle ligne dure est censée freiner la flambée notée au niveau des cas issus de la transmission communautaire.

Les autorités sénégalaises réintroduisent des mesures restrictives contre le coronavirus
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Les autorités sénégalaises réintroduisent des mesures restrictives contre le coronavirus

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