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Le chef de Boko Haram est mort, selon l'Etat islamique

Le chef de Boko Haram, Abubakar Shekau, tient une arme dans un lieu inconnu au Nigeria, sur cette image fixe d'une vidéo non datée obtenue le 15 janvier 2018.

Le chef de Boko Haram, Abubakar Shekau, s'est suicidé lors de combats contre le groupe jihadiste rival de l'Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap), a affirmé celui-ci dans un enregistrement audio publié deux semaines après de premières informations faisant état de sa mort.

"Shekau a préféré l'humiliation dans l'au-delà à l'humiliation sur Terre. Il s'est donné la mort en déclenchant un explosif", déclare en langue kanuri une voix semblant être celle du chef de l'Iswap Abu Musab Al-Barnawi dans cet enregistrement remis à l'AFP par une source relayant habituellement les messages du groupe.

Boko Haram ne s'est pas exprimé sur la mort annoncée de son chef et l'armée nigériane dit enquêter.

Dans son enregistrement, Iswap décrit comment ses troupes, envoyées dans l'enclave de Boko Haram, dans la forêt de Sambisa, ont découvert Shekau assis dans sa maison et ont engagé le combat.

"Il a battu en retraite et s'est échappé, errant à travers la brousse pendant cinq jours. Néanmoins les combattants (de l'Iswap) ont continué à le chercher et à le traquer jusqu'à ce qu'ils soient capables de le localiser", raconte la voix.

Après l'avoir débusqué dans la brousse, les combattants d'Iswap l'ont sommé, lui et ses partisans, de se repentir, mais Shekau a refusé et s'est donné la mort, poursuit-elle.

"Nous sommes tellement heureux", souligne la voix, ajoutant que Shekau est "quelqu'un qui s'est rendu coupable d'un terrorisme et d'atrocités inimaginables".

L'Iswap, reconnu par l'Etat islamique, est né en 2016 d'une scission avec Boko Haram. Après être monté en puissance, il est désormais le groupe jihadiste dominant dans le Nord-Est du Nigeria.

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La mort d'un collégien de 11 ans dans des circonstances troubles agite le Nigeria

Un camion de police est stationné devant la porte des quartiers du personnel de l'Université d'Abuja où des hommes armés inconnus ont enlevé deux professeurs d'université, des conférenciers et des membres de leur famille à Abuja, au Nigeria, le 2 novembre 2021.

L'enquête sur la mort d'un collégien de onze ans fait scandale au Nigeria, la famille affirmant que leur enfant scolarisé dans un pensionnat d'élite à Lagos a été empoisonné par cinq de ses camarades et dénonçant une tentative de dissimulation d'un homicide.

La mort le 30 novembre de Sylvester Oromoni a ému le pays le plus peuplé d'Afrique, et pris une tournure nationale après la diffusion sur les réseaux sociaux d'une insoutenable vidéo montrant le garçon hurlant sur son lit d'hôpital, faisant réagir jusqu'à la présidence.

La famille affirme que leur enfant a été forcé par ses camarades à ingurgiter un liquide toxique, et que les responsables sont protégés. L'école affirme qu'il n'y a pas eu de dissimulation et qu'elle coopère avec les enquêteurs.

Les autorités locales ont fermé le pensionnat, où sont scolarisés des enfants de familles riches et influentes, jusqu'à nouvel ordre et le président Muhammadu Buhari a appelé dans un communiqué la police "à faire toute la lumière" sur la mort du garçon.

Cette affaire commence le 22 novembre, quand les responsables du Collège Dowen, à Lagos, appellent les parents de Sylvester et leur demandent de venir récupérer leur fils, blessé la veille à la cheville au cours d'un match de football, raconte à l'AFP sa famille.

Initialement, le garçon affirme s'être blessé lui-même mais alors que son état de santé se détériore sur la route le menant à Warri, sa ville natale dans le sud-est du Nigeria où il est finalement admis à l'hôpital, sa famille commence à douter.

Sylvester a été victime de harcèlement un mois plus tôt, battu par des camarades qui ont menacé "de le tuer", affirme à l'AFP son grand frère Keyness Oromoni.

"Je lui ai demandé: 'ça ne peut pas être que le football, qu'est ce qu'il t'es arrivé, dis-moi!' mais il n'a rien dit, il pleurait juste et avait l'air de tellement souffrir", poursuit le grand frère.

"Problème récurrent"

Le 29 novembre, un jour avant son décès, il soutient finalement que cinq garçons sont entrés dans sa chambre la nuit, le brutalisant et le forçant à boire un liquide chimique, toujours selon sa famille.

Dans un communiqué, les responsables du pensionnat affirment que la famille les a appelés le jour même pour les informer de ses accusations.

"Nous avons alors immédiatement lancé une enquête interne... Malheureusement, nous avions à peine avancé que la frénésie des réseaux sociaux a commencé", a déclaré la commission scolaire dans un communiqué, ajoutant qu'elle coopérait avec les autorités et qu'elle s'engageait à ce que justice soit faite.

Les cas de harcèlement scolaire entraînant la mort ne sont pas rares au Nigeria, et les auteurs de ces actes sont rarement traduits en justice.

La presse se fait souvent l'écho de cas d'élèves et d'étudiants qui engagent ou contraignent d'autres personnes à des pratiques violentes pour rejoindre des sectes, appelées localement "cultes".

"Si cet incident découle vraiment de l'intimidation ou du cultisme", a déclaré un porte-parole du président Buhari dans un communiqué, "il doit servir de déclencheur pour répondre de façon permanente à ce problème récurrent".

Dissimuler un crime ?

Le 7 décembre, cinq adolescents ainsi que trois surveillants ont finalement été arrêtés, mais ils ont tous été libérés sous caution quelques jours plus tard.

Les conclusions d'une autopsie conduite à Lagos affirme qu'il "n'y a aucune preuve pouvant établir un cas de torture, d'intimidations et d'ingurgitation forcée de substances toxiques", a affirmé la semaine passée le chef de la police locale, Hakeem Odumosu.

Mais les conclusions d'une autre autopsie conduite elle dans l'Etat du Delta, où le collégien est décédé, diffèrent.

Une copie de ce rapport d'autopsie, consultée par l'AFP, fait état de "flancs et dos meurtris" et décrit la cause du décès comme étant "une lésion pulmonaire aiguë" due à "une intoxication chimique dans un contexte de traumatisme contondant".

Contactés par l'AFP, les avocats représentant les cinq adolescents n'étaient pas joignables et l'école a refusé de répondre.

L'enquête a repris le 15 janvier, et la justice a demandé aux différentes parties de s'abstenir de faire de déclarations à la presse jusqu'à la fin de l'instruction.

Mais contactée la semaine passée, la famille du collégien, s'appuyant sur le rapport d'autopsie réalisé à Delta, a affirmé qu'il y a eu une tentative de couvrir un crime.

"Avec cinq familles qui se réunissent pour essayer de tuer l'affaire, avec l'école et le gouvernement empêtrés, il n'y a presque aucune chance pour nous de nous battre", déclare à l'AFP la soeur du collégien, Annabel Oromoni, jointe au téléphone au Canada où elle réside.

"Mon frère était en train de mourir parce que tout le monde a essayé de se couvrir", dénonce-t-elle en larmes.

L'enquête sur la mort de Sylvester n'est toutefois pas terminée, et le père du garçon dit lui garder espoir: "Je pense que nous allons y arriver, ce n'est pas la fin".

Que faut-il attendre du procès de Nnamdi Kanu?

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Reprise du procès de Nnamdi Kanu, leader séparatiste nigérian

La police secrète d'État du Nigeria escorte le leader séparatiste Nnamdi Kanu, deuxième à partir de la gauche, devant la Haute Cour fédérale à Abuja, au Nigeria, le 21 octobre 2021.

Namdi Kanu a comparu devant un tribunal en juin après avoir été détenu dans un pays tiers dont l'identité n'a pas été révélée.

Les autorités nigérianes ont retenu de nouveaux chefs d'accusation contre Nnamdi Kanu, chef du Peuple indigène du Biafra (IPOB), un groupe qu'il a fondé en 2014 et qui fait pression pour la sécession de l'ethnie Igbo, qui couvre une partie du sud-est du Nigeria.

La révélation a été faite par son avocat alors que son procès reprend mardi.

Une tentative de sécession de la patrie sous le nom de République du Biafra en 1967 - l'année de naissance de M. Kanu - a déclenché une guerre civile de trois ans qui a tué plus d'un million de personnes.

Covid et insécurité, premières préoccupations des Nigérians en 2021
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Les autorités nigérianes considèrent l'IPOB comme un groupe terroriste et l'ont accusé l'année dernière d'une série d'attaques contre des postes de police et des bureaux gouvernementaux dans le sud-est du pays. Le groupe nie ces accusations et les considère comme une tentative de le forcer à se dissoudre.

Nnamdi Kanu, un citoyen britannique, a été arrêté en 2015 mais a disparu alors qu'il était en liberté sous caution en avril 2017. Les autorités affirment que les commentaires qu'il a postés sur les réseaux sociaux et les émissions qu'il a diffusées sur les ondes de Radio Biafra ont encouragé les attaques contre les forces de sécurité nigérianes.

Sept chefs d'accusation

L'accusé a plaidé non coupable des sept chefs d'accusation qui pèsent sur lui, notamment celui de terrorisme, appel à la sécession et diffusion en connaissance de cause de fausses informations sur le président Muhammadu Buhari.

L'avocat de M. Kanu, Ifeanyi Ejiofor, a déclaré mardi que les procureurs avaient remis à l'équipe de défense un acte d'accusation modifié portant sur 15 chefs d'accusation.

Des manifestants tiennent des drapeaux du Biafra alors qu'ils participent à une manifestation à Durban, en Afrique du Sud, le 30 mai 2019.
Des manifestants tiennent des drapeaux du Biafra alors qu'ils participent à une manifestation à Durban, en Afrique du Sud, le 30 mai 2019.

L'acte d'accusation modifié représente "la pire forme de vice de procédure" et vise à retarder le procès et à maintenir son client en détention, a déclaré l'avocat dans un communiqué.

Les forces de sécurité nigérianes ont empêché les médias et certains partisans de M. Kanu d'assister au procès.

Nnamdi Kanu a comparu devant un tribunal à Abuja le 29 juin dernier après avoir été détenu dans un pays tiers dont l'identité n'a pas été révélée. Son avocat a affirmé qu'il avait été capturé et maltraité au Kenya, mais Nairobi nie toute implication.

Les élèves reprennent le chemin de l'école dans le nord du Nigeria

Des élèves de l'Oregun Junior and Senior High School assistent à des conférences dans une salle de classe à Lagos au Nigeria, le lundi 18 janvier 2021. (Photo AP/Sunday Alamba)

L'Etat de Zamfara dans le nord du Nigeria a rouvert une partie de ses écoles lundi quatre mois après leur fermeture en raison d'enlèvements de masse par des gangs criminels, a annoncé le gouvernement local.

Les écoles avaient été fermées en septembre à la suite de l'enlèvement de 80 élèves d'un établissement du secondaire dans le village de Kaya. Le nord-ouest du Nigeria est la cible d'une vague d'enlèvements de masse.

Le centre et le nord-ouest du Nigeria sont depuis des années le théâtre de gangs criminels, appelés localement "bandits", qui attaquent les villages, volent le bétail, pillent et tuent les habitants.

Les bandes criminelles ont graduellement orienté leurs activités vers les enlèvements d'écoliers afin d'obtenir des rançons des parents.

Au total, 115 écoles ont rouvert lundi et 85 autres sont restées fermées "jusqu'à ce que la situation sécuritaire s'améliore", selon un communiqué du ministère de l'Education de l'Etat.

Environ 1.500 écoliers ont été kidnappés par ces bandes l'an dernier au cours de 20 enlèvements de masse dans la région et 16 élèves y ont perdu la vie, selon l'agence des Nations unies pour l'enfance (UNICEF).

La plupart des otages ont été libérés après des négociations, mais certains demeurent en captivité.

Des centaines d'écoles ont été fermées en raison de ces enlèvements dans les Etats de Katsina, Kaduna, Zamfara, Niger, Sokoto et Jigawa.

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