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Le Cameroun à l’épreuve des fake news


Les Camerounais lisent les pages des journaux à Yaoundé, le 10 octobre 2011.

La côte d’alerte semble atteinte et a pris des proportions inquiétantes avec la crise dans les deux régions anglophones du pays. Le gouvernement camerounais sensible et menace aussi de faire appliquer la loi contre les auteurs des fake news.

Comme une traînée de poudre, une rumeur de "viande empoisonnée" vendue sur le marché, a provoqué un vent de panique dans les ménages du Cameroun.

Peu avant cela, sur les réseaux sociaux, l’annonce d’une fausse émanation de gaz à partir du lac Akwin dans le nord-ouest, en zone anglophone, a nuitamment, ébranlé les autorités administratives, les populations de Bamenda et des localités environnantes.

Reportage d'Emmanuel Jules Ntap, correspondant à Yaoundé pour VOA Afrique
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Les fake news du genre, on en compte par centaine chaque jour au Cameroun, au point d'exaspérer les utilisateurs des réseaux sociaux.

"Nous sommes confrontés aux réalités des fake news tous les jours, surtout dans les réseaux sociaux et même dans la presse écrite", s'étonne-t-il.

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"Vous prenez la peine de relayer ce que vous lu, après vous allez vous rendre compte qu’elle n’est pas vrai", commente Martial, un jeune employé du secteur privé et résident de Yaoundé.

Les patrons des radios urbaines et même des sites d’informations sont eux aussi confrontés aux fake news au Cameroun, surtout avec la crise anglophone.

Vue sur Yaoundé, au Cameroun, le 21 juin 2018. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)
Vue sur Yaoundé, au Cameroun, le 21 juin 2018. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

"La plupart du temps, les fake news partent parfois des personnes qui vivent au Cameroun et sont amplifiés par des lanceurs d’alerte qui vivent au Cameroun ou l’extérieur du pays. Nous avons réussi à identifier les auteurs de fake news qui sont, tant du côté du gouvernement dit Ambazonie, que du côté gouvernemental", explique à VOA Afrique, Nestor Nga Etoga, journaliste et promoteur du site "Les scoops d’Afrique".

De fausses vidéos d’enlèvement, de torture des militaires ou des civils et même des notes administratives tronquées circulent presque tous les jours sur la toile.

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Récemment, une fake news a attribué au préfet du département de la Momo, en zone anglophone avec l’annonce de la chute de cette unité administrative entre les mains des groupes d’hommes armés. Désormais, le gouvernement camerounais dit vouloir prendre ses responsabilités.

"L’ensemble des départements ministériels concernés par ce problème conjuguent leurs efforts pour faire face. Nous sommes en train de mettre en place, une équipe qui veille", a avisé Issa Tchiroma Bakary, ministre de la Communication, porte parole du gouvernement camerounais, lors d’un point de presse à Yaoundé.

"Nous avons également des collaborateurs qui sont en train de recevoir la formation nécessaire, afin de faire pièce à toute information de nature préjudiciable aux intérêts du Cameroun".

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Depuis 2010, des lois régissent la cybersécurité et la cybercriminalité, ainsi que les communications électroniques au Cameroun. Bien avant, le code pénal en vigueur depuis 1967, condamne les fausses nouvelles.

L’arsenal juridique est peu efficace pour éradiquer l’ampleur du phénomène, selon Maître Hypolite Meli, avocat au bareau du Cameroun.

L’avocat camerounais Hypolite Meli, à Yaoundé, le 21 juin 2018. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)
L’avocat camerounais Hypolite Meli, à Yaoundé, le 21 juin 2018. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

"Il y a les dispositions de l’article 113 du code pénal qui orientent la conception de la fausse nouvelle. Si l’information révélée par les autorités publiques s’avère tronquée ou fausse, peut-on porter plainte à cette autorité publique ? C’est là que se trouve tout le débat. Quand les juges disent le droit sur les fakes news, sont-ils toujours à mesure de démontrer le vrai?", s’est interrogé l’avocat camerounais.

Les auteurs de fake news encourent 6 mois à 1 an de prison et une amendes pouvant atteindre 1 million de francs CFA, au Cameroun.

Le Cameroun a aussi créé en 2002, une agence nationale des technologies de l’information et de la communication avec pour mission depuis 2010, la régulation des activités de sécurité électronique.

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