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Le Burundi exige la fermeture du bureau onusien des droits de l'homme à Bujumbura

Les experts, lors de la présentation de leur rapport sur les droits de l'homme au Burundi, le 27 septembre 2016.

Le gouvernement burundais a exigé la fermeture du bureau à Bujumbura du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme, avec lequel il avait déjà suspendu toute collaboration depuis octobre 2016, a-t-on appris jeudi de sources gouvernementale et onusienne.

Une note verbale "qui demande la fermeture" a été remise mercredi au coordinateur résident de l'ONU au Burundi, Garry Conille, afin qu'il la transmette à Genève à la Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Michelle Bachelet, a indiqué à l'AFP un haut cadre du ministère des Affaires étrangères.

"Tout le personnel international (une dizaine de personnes, ndlr) doit être redéployé immédiatement, et l'Office a deux mois pour faire ses valises et fermer définitivement ses portes", a précisé cette source, sous couvert de l'anonymat.

Cette information a été confirmée à l'AFP par une source onusienne qui a elle aussi requis l'anonymat. "Le gouvernement burundais se radicalise de plus en plus et continue sa défiance vis-à-vis de la communauté internationale", a-t-elle relevé.

"Après le boycott de la cinquième session du dialogue interburundais (fin octobre, ndlr) et du sommet des chefs d'Etat de la Communauté économique d'Afrique de l'Est dans la foulée, il s'en prend aux Nations unies cette fois", a ajouté la même source, rappelant que le sommet des chefs d'Etat, reporté en raison du boycott de Bujumbura, devait notamment traiter de la crise burundaise.

Depuis octobre 2016, l'Office du Haut Commissaire à Bujumbura travaillait déjà au ralenti.

Le gouvernement avait alors décidé de suspendre sa collaboration avec ce bureau et de résilier l'accord régissant ses activités, l'accusant de "complicité" dans la rédaction d'un rapport de l'ONU imputant au pouvoir burundais des "violations graves" des droits de l'homme et mettant en garde contre de possibles "crimes contre l'humanité".

"Tout semble indiquer que le gouvernement écarte peu à peu tous les témoins gênants (...), ce qui ne nous rend guère optimistes pour l'avenir", a regretté la source onusienne.

C'est également en octobre 2016 que le Burundi était devenu le premier pays à se retirer de la Cour pénale internationale - retrait devenu effectif un an plus tard -, après l'ouverture d'un examen préliminaire sur des accusations de meurtres, tortures et autres exactions commises au Burundi.

La CPI a depuis ouvert une enquête en octobre 2017 sur la situation au Burundi.

Le Burundi est en crise depuis que le président Pierre Nkurunziza a annoncé en avril 2015 sa candidature à un troisième mandat controversé. Il avait été réélu en juillet de la même année.

Les violences qui ont accompagné la crise auraient fait au moins 1.200 morts et déplacé plus de 400.000 personnes entre avril 2015 et mai 2017, d'après les estimations de la Cour pénale internationale,

Avec AFP

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Libération de membres de l'Église adventiste

Les juges de la Cour constitutionnelle, à Bujumbura, Burundi, 31 mai 2018. (Facebook/iBurundi)

L'Eglise adventiste du 7e jour a annoncé la libération vendredi de deux dirigeants et de 21 membres de sa branche au Burundi, arrêtés début mai pour s'être opposés à une décision gouvernementale de leur imposer un leader, dans un communiqué parvenu samedi à l'AFP.

"Nous avons reçu des nouvelles très encourageantes et sommes heureux d'indiquer que tous les détenus adventistes au Burundi ont été relâchés", a annoncé le bureau de Ted Wilson, président de l'Église adventiste, dans un communiqué daté de Silver Spring aux États-Unis, et parvenu à l'AFP samedi.

"Nous remercions le gouvernement du Burundi pour son rôle, et plus particulièrement l'un des membres du Parlement, Honorable Justin Niyobuhungiro, pour avoir facilité les libérations", poursuit le texte.

Un pasteur de l'église a expliqué sous couvert de l'anonymat qu'un troisième pasteur arrêté mercredi avait lui aussi été remis en liberté.

"Les pasteurs et les autres ont été relâchés hier (vendredi) peu après 18H00, après avoir été entendus par un magistrat du parquet général de la République (...) il a reçu un ordre venu d'en haut de les relâcher", selon la même source, une information confirmée par une source judiciaire.

L'Église adventiste du 7e jour avait dénoncé mercredi le "harcèlement" dont elle fait l'objet de la part du gouvernement du Burundi depuis six mois et l'arrestation du pasteur Lamec Barishinga et d'un de ses adjoints, Lambert Nitunga, accusés de "rébellion".

Les deux prélats avaient été arrêtés parce que Lamec Barishinga, nommé en novembre 2018 comme président de la branche burundaise de cette église, a refusé de céder sa place à son prédécesseur, le pasteur Joseph Ndikubwayo, réputé proche du pouvoir, et que le ministre burundais de l'Intérieur voulait maintenir en fonction.

Dans son communiqué vendredi, l'église dit espérer "une amélioration de cette situation délicate" et appelle ses fidèles à continuer de prier pour qu'une solution soit trouvée.

L'Église adventiste compte quelque 150.000 membres au Burundi et est l'une des plus anciennes du pays.

La justice burundaise saisie les biens d’une trentaine d'opposants et activistes en exil

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La situation de la presse toujours préoccupante selon l’UJB

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Un commissaire de la Céni appelle "à barrer la route" aux médias indépendants

Des journalistes célèbrent la Journée mondiale de la liberté de la presse à Bujumbura au Burundi, le 3 mai 2015. avec du ruban adhésif sur la bouche se rassemblent à l'occasion de

Un commissaire de la Commission électorale nationale indépendante du Burundi (Céni) a appelé mardi à "barrer la route" aux médias indépendants avant les élections de 2020, les accusant d'avoir conduit le pays au "chaos" au cours du processus électoral de 2015,

"Vous avez été témoins des événements de 2015; ce sont surtout les médias indépendants qui avaient reçu de l'étranger la mission de semer le chaos" dans le pays, a accusé Jean Anastase Hicuburundi, commissaire chargé des Opérations électorales et du contentieux au sein de la Céni.

Il a tenu ces propos mardi au cours d'une "réunion d'échange" avec les partis politiques agréés, la société civile et les confessions religieuses, en présence de nombreux journalistes à Bujumbura.

"Ce sont eux qui ont fait qu'on a eu un mouvement de frondeurs au sein du (parti au pouvoir) CNDD-FDD, l'insurrection populaire, les réfugiés et d'autres maux qui ont paralysé le pays", a-t-il énuméré au cours de cette réunion à Bujumbura, selon SOS Médias Burundi, l'un des rares médias indépendants encore présent au Burundi.

Tous ces propos ont été confirmés à l'AFP par deux personnalités présentes sur place.

"Ils ont tout fait pour mettre le pays à genoux", a insisté le membre de la Céni, issu du parti au pouvoir au Burundi.

Le Burundi est en crise depuis que le président Pierre Nkurunziza a annoncé en avril 2015 sa candidature à un troisième mandat. Il avait été réélu en juillet de la même année.

Les violences et la répression qui ont accompagné la crise auraient fait au moins 1.200 morts et déplacé plus de 400.000 personnes entre avril 2015 et mai 2017, d'après les estimations de la Cour pénale internationale, qui a ouvert une enquête.

M. Hicuburundi a accusé ces médias d'avoir repris leur oeuvre de déstabilisation à une année des élections générales prévues en 2020.

"Aujourd'hui c'est de l'arrestation des membres du (parti d'opposition) Congrès national pour la liberté dont on parle, demain ils parleront d'autres complots en rapport avec les droits de l'homme", a-t-il dénoncé, demandant "au CNC (Conseil national de la communication, organisme public) de barrer la route à ces médias qui ne veulent pas suivre le schéma tracé par le gouvernement".

Les médias indépendants du Burundi étaient parmi les plus florissants de la région jusqu'à la crise de 2015, où plusieurs radios et télévisions ont été détruites et une centaine de journalistes contraints à l'exil.

Le Burundi occupe la 159e place sur 180 dans le dernier classement RSF de la liberté de la presse.

Le président Nkurunziza récompense sa fille de 12 ans

Le président burundais Pierre Nkurunziza s'exprime après la signature d'une nouvelle constitution adoptée par référendum à Bugendana, au Burundi, le 7 juin 2018.

Le président burundais Pierre Nkurunziza a récompensé mercredi 1er mai sa fille de 12 ans, Naomie, à côté des "travailleurs" burundais considérés comme les plus méritants de l’année, a rapporté la radiotélévision nationale du Burundi (RTNB).

"Le chef de l’Etat Pierre Nkurunziza offre une enveloppe (d’argent) à sa fille Naomie Nkurunziza, qui s’est bien comportée au foyer", a indiqué la RTNB dans un tweet publié dans la nuit de mercredi à jeudi, sans préciser le montant.

"Elle est laborieuse, et aime la culture burundaise et le sport, dixit Pierre Nkurunziza", a ajouté la RTNB, reprenant les mots utilisés par le chef de l’État lors des festivités officielles de la fête du travail, au stade de Rumonge, à environ 80 km au sud de Bujumbura.

Le président burundais a pris l’habitude de distinguer depuis une dizaine d’années le 1er mai les "travailleurs" les plus méritants de l’année. Outre sa fille, il a récompensé de hauts cadres de l’Etat, des agriculteurs, l'équipe nationale de football, un judoka, des gouverneurs et des administrateurs de commune, qui ont excellé dans leurs domaines respectifs.

M. Nkurunziza a déjà récompensé de la sorte ces dernières années un de ses fils, Jonathan, qui n'avait que cinq ans à l’époque, son épouse Denise Bucumi et une de ses bonnes d’enfant.

"Les prix de Nkurunziza à son épouse et à ses enfants me rappellent le dictateur (ougandais) Idi Amin Dada accordant des décorations militaires à son fils de 5 ans! Que de ressemblances entre ces deux dictateurs ubuesques et sanguinaires", a tweeté jeudi Pacifique Nininahazwe, l’une des figures de la société civile en exil.

En récompensant sa fille, M. Nkurunziza a voulu signifier que "la reconnaissance n'est pas une affaire de l'Etat ou des organisations, que c'est plutôt un réflexe que tout le monde devrait avoir", a réagi auprès de l’AFP son porte-parole Jean-Claude Karerwa Ndenzako, ajoutant que l'argent donné à sa fille était "tiré de sa propre poche".

Le Burundi est en crise depuis que M. Nkurunziza a annoncé en avril 2015 sa candidature à un troisième mandat controversé. Il avait été réélu en juillet de la même année.

Les violences qui ont accompagné la crise ont fait au moins 1.200 morts et déplacé plus de 400.000 personnes entre avril 2015 et mai 2017, d'après les estimations de la Cour pénale internationale, qui a ouvert une enquête.

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