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Gabon

Le bois précieux à l'origine d'un scandale va être vendu aux enchères

Les gens visitent la Société Nationale des Bois du Gabon (SNBG) à Owendo, port de Libreville le 11 octobre 2012.

Cent-vingt-cinq conteneurs de kevazingo, un bois précieux très prisé en Asie, dont la saisie fin février au Gabon avait créé un scandale politique, vont être vendus aux enchères, a annoncé le ministre de l'Environnement.

Les autorités gabonaises ont transféré dimanche vers un parc à bois 125 des 353 conteneurs de kevazingo qui avait été saisis au port d'Owendo à Libreville, selon un communiqué du gouvernement publié dimanche soir.

Sous l'autorité du ministre de la forêt et de l'environnement, Lee White, ces 1.500 m3 de bois vont être "revalorisé puis vendus au bénéfice de l'Etat", ce qui pourrait rapporter 45 milliards de francs CFA (environ 40,6 millions d'euros) à l'Etat gabonais, selon le ministère.

En transférant le kevazingo du port au parc à bois, les autorités ont "pour objectif de convertir ce bois illégal en bois légal autorisé à la vente", a expliqué le ministre dans un communiqué.

La coupe de kevazingo est en effet interdite. La découverte de ces conteneurs de bois illégaux fin février, puis leur disparition quelques semaines plus tard, avaient mis à jour la complicité de plusieurs hauts responsables politiques et mené aux limogeages du vice-président du pays et du ministre des Eaux et forêts.

Après ce scandale, le président Ali Bongo Ondimba avait procédé à un remaniement ministériel, nommant notamment M. White, un Britannique naturalisé gabonais réputé pour être un écologiste intransigeant, à la tête du ministère des Forêts.

Le kévazingo est un bois rare d'Afrique centrale, considéré comme sacré par certaines communautés locales et très apprécié en Asie, notamment pour la réalisation de parquets, escaliers, meubles de luxe.

Représentant 60% du PIB (hors hydrocarbures), le secteur forestier est l'un des piliers historiques de l'économie du Gabon, un pays recouvert à près de 80% par la forêt.

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La longue marche de l’Afrique vers l'autosuffisance alimentaire

Deux agriculteurs éthiopiens collectent du blé dans leur champ à Abay, au nord de la capitale éthiopienne d'Addis-Abeba, le 21 octobre 2009. (REUTERS/Barry Malone)

Au Sénégal, où les premières livraisons de cacahuètes ont été raflées par des importateurs chinois, les producteurs locaux ont bénéficié d’une meilleure offre de prix de la part des négociants asiatiques, tandis que les huiliers du terroir se sont retrouvés à court d’arachide.

Et pour cause. Les acheteurs chinois proposent 300 FCFA par kilo de cacahuètes en coque, tandis que les huileries sénégalaises offrent environ 200 FCFA. Les Chinois sont accusés de concurrence déloyale et il est reproché au gouvernement de faire profiter les commerçants chinois des fruits d'une récolte subventionnée par le contribuable sénégalais.

Les exportations ont doublé en cinq ans pour passer à 200.000 tonnes en 2019. La Chine estime que sa demande favorise le développement agricole local, et affirme, en qualité de premier importateur des cacahuètes sénégalaises, participer à la création de richesses.

Quatre huileries, dont la Société Nationale de Commercialisation des Oléagineux (Sonacos), se retrouvent dans une position inédite… à cours de cacahuètes dans le pays des arachides. Par conséquent, près de 2.000 emplois seraient menacés. Déjà, la Sonacos s'est séparée de centaines de saisonniers et a annulé de nombreux recrutements.

Pour le gouvernement, il n'y a pas lieu de s'alarmer. « Il y a un million de producteurs qui sont contents », a déclaré le ministre sénégalais de l'agriculture, Moussa Baldé.

Dans le même temps, le Nigeria se débat sur une autre denrée de première nécessité, le riz, dont le prix a plus que doublé suite à la fermeture des frontières le 20 août dernier pour lutter contre les exportations illicites. Sur le grand marché de Garki à Abuja, le sac de riz est passé de 8.000 à 16.000 nairas, jusqu’à 19.000 dans certains cas, constate le correspondant de VOA Afrique, Gilbert Tamba.

Prix exhorbitant du riz au Nigeria
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En Afrique Centrale, le Gabon, qui importe aussi une grande quantité de riz asiatique, soutient des initiatives privées, comme le projet rizicole du Dr Yonnelle Moukoumbi Déa en banlieue de Libreville. L’objectif consiste à mettre au point des semences adaptées au climat local et résistant à la maladie.

Par ailleurs, l'initiative « Gabonaise des réalisations agricoles et des initiatives des nationaux engagés » (GRAINE), un partenariat public-privé lancé en 2014 pour booster la production locale, a retenu 30 variétés de riz sur 121 testées.

Dans la province du Haut-Katanga en République démocratique du Congo, c'est par le maïs qu'on compte atteindre l'autosuffisance alimentaire. Selon les producteurs locaux, il faut plus de 15.000 hectares pour faire face au déficit alimentaire dans la province, qui importe notamment cette graminée de la Zambie voisine. En octobre 2019, le gouvernement provincial a indiqué vouloir atteindre l’autosuffisance et limiter les importations, ce qui a fait flamber les prix sur les marchés.

Ailleurs en Afrique, certains pays ont recours à la technologie pour combler les lacunes et accroître la productivité agricole.

C'est le cas au Zimbabwe, où les autorités encouragent la pratique de l'insémination artificielle dans l'élevage du bétail. L'objectif visé est de mettre de meilleures races à la disposition des agriculteurs à un coût abordable.

Au Kenya, pionnier du numérique, des investisseurs privés ont recours à la technologie pour offrir des prêts aux petits exploitants en vue d'accroitre leur rendement.

« L’Afrique dispose d’assez de ressources pour passer du statut d’importateur à celui d’exportateur de nourriture », avait déclaré en septembre 2017 la présidente de l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (Agra), Agnès Kalibata, lors d'un forum à Abidjan.

Un constat éclairé, qui n’en nécessite pas moins des efforts colossaux pour rendre cette vérité efficiente.

Le Gabon mise sur la riziculture pour atteindre l'autosuffisance alimentaire

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De Brazzaville à Djibouti, les principales affaires des "biens mal acquis"

Manifestation contre le président Denis Sassou Nguesso à Brazzaville, République du Congo, le 27 septembre 2015 (LAUDES MARTIAL MBON / AFP)

Rappel des principales affaires des "biens mal acquis", après la condamnation lundi en appel de Teodorin Obiang, fils du président équato-guinéen, à trois ans de prison avec sursis et 30 millions d'euros d'amende.

- Premières plaintes -

Le 27 mars 2007, trois associations déposent des plaintes visant des chefs d'État africains accusés d'avoir acquis en France un patrimoine considérable avec de l'argent public détourné de leurs pays. L'enquête préliminaire est classée sans suite en novembre.

En décembre 2008, une nouvelle plainte vise le Gabonais Omar Bongo (décédé en 2009), le Congolais Denis Sassou Nguesso et l'Équato-Guinéen Teodoro Obiang Nguema.

La Cour de cassation annonce, deux ans plus tard, que la justice peut enquêter sur le patrimoine des trois chefs d'État et de certains de leurs proches.

- Nombreuses saisies -

Le 28 septembre 2011, des voitures de prestige de la famille Obiang sont saisies dans un immeuble parisien appartenant à son entourage.

Un mandat d'arrêt international est lancé en 2012 contre Teodorin Obiang. La justice saisit son hôtel particulier à Paris, d'une valeur de 100 à 150 millions d'euros.

Il est mis en examen (inculpé) en mars 2014 pour blanchiment de détournement de fonds publics, abus de biens sociaux et abus de confiance.

En septembre 2015, les juges saisissent plusieurs propriétés, dont une luxueuse demeure dans la région parisienne, soupçonnant un neveu de Sassou Nguesso d'en être le propriétaire. Le président Sassou Nguesso contre-attaque en février 2016, portant plainte pour "escroquerie au jugement".

En avril 2016, sont saisis des biens immobiliers à Paris et Nice, sur la Riviera française, appartenant à la famille du président gabonais Ali Bongo - fils d'Omar Bongo -, ainsi que deux appartements à Paris au nom d'Antoinette Sassou Nguesso, l'épouse du président congolais.

- Mises en examen -

En juin 2016, Rifaat al-Assad, oncle en exil du président syrien Bachar al-Assad, soupçonné de s'être frauduleusement bâti un empire immobilier estimé à 90 millions d'euros en France, est mis en examen.

Le 5 septembre, Teodorin Obiang, vice-président de son pays depuis mai 2012, est renvoyé en correctionnelle.

Le 8 mars 2017, Wilfrid Nguesso, un neveu de Denis Sassou Nguesso, est mis en examen pour "blanchiment de détournement de fonds publics". La fille et le gendre du président, puis un autre neveu et la mère de ce dernier le sont quelques semaines plus tard.

Le 27 août, le juge d'instruction annonce son intention de clore le volet gabonais portant sur la fortune détenue en France par la famille Bongo, sans avoir prononcé aucune mise en examen, prélude donc à non-lieu. Mais quelques mois plus tard, un nouveau juge relance les investigations.

- Obiang condamné -

Le 27 octobre 2017, Teodorin Obiang est condamné à 3 ans de prison avec sursis et 30 millions d'euros d'amende avec sursis. Il fait appel.

En décembre 2018, la justice ouvre une enquête visant l'entourage du président de Djibouti Ismaïl Omar Guelleh, à la suite d'une plainte déposée par l'ONG Sherpa et le Collectif européen de la diaspora djiboutienne (CEDD), sur l'acquisition de propriétés immobilières à Paris.

- Nouveaux procès -

Le 15 avril 2019, la justice renvoie Rifaat al-Assad en correctionnelle pour "blanchiment en bande organisée", fraude fiscale aggravée et détournements de fonds publics syriens. Quatre ans de prison, dix millions d'euros d'amende et la confiscation de ses biens immobiliers français sont requis lors de son procès, en décembre. Le jugement est fixé au 30 avril 2020.

Jugé en appel en décembre, Teodorin Obiang est condamné le 10 février 2020 à trois ans de prison avec sursis et 30 millions d'euros d'amende, cette fois ferme.

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