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L'Arabie saoudite va se doter du plus grand fonds souverain au monde

Le roi saoudien Salman à Erga Palace à Riyadh , Arabie Saoudite 20 avril , ici 2016.

Riyad va vendre en bourse moins de 5% du géant pétrolier Aramco et se doter d'un fonds souverain de 2.000 milliards de dollars, le plus important au monde, dans le cadre d'un plan de réformes annoncé lundi.

Ces annonces ont été faites par le vice-prince héritier Mohammed ben Salmane qui a souligné la nécessité pour le royaume saoudien -première économie du monde arabe et premier exportateur de brut- d'en finir avec la dépendance vis-à-vis du pétrole.

Le plan, présenté par le prince Mohammed comme "une feuille de route" pour le développement du royaume durant les 15 prochaines années, est destiné à diversifier l'économie saoudienne qui dépend à plus de 70% du pétrole au moment où les prix du brut sont en chute libre depuis environ deux ans.

"Nous envisageons de vendre moins de 5% d'Aramco. La taille d'Aramco est très grande", a dit le fils du roi en référence à la première compagnie pétrolière au monde. Cela constituerait la plus grosse capitalisation boursière au monde.

Par ailleurs, a-t-il ajouté, "nous envisageons de créer un fonds souverain de 2.000 milliards de dollars", dont "les actifs proviendront de la vente d'une petite partie d'Aramco".

Mohammed ben Salmane a affirmé qu'il s'agirait du "plus grand fonds d'investissement au monde, et de loin".

Il détrônera le Fonds souverain norvégien qui pesait lundi matin 866 milliards de dollars, soit près de 2,5 fois moins que le fonds saoudien envisagé.

"Ce fonds va contrôler plus de 10% de la capacité d'investissement dans le monde (...) et le volume de ses avoirs représentera plus de 3% des actifs existants", a dit le prince saoudien, également ministre de la Défense.

Agé de 30 ans, le prince préside aussi le Conseil des affaires économiques et de développement, organe qui supervise Saudi Aramco, pilier économique du royaume qui contrôle des réserves prouvées de plus de 261 milliards de barils et emploie plus de 61.000 personnes.

Initiateur du vaste plan de réformes baptisé "Vision saoudienne à l'horizon 2030", il a défendu l'ouverture d'Aramco au capital local et étranger qui, selon lui, va assurer "la transparence" dans la gestion du géant pétrolier.

"Nous avons tous une dépendance maladive vis-à-vis du pétrole en Arabie saoudite, ce qui est dangereux. Cela a entravé le développement de plusieurs secteurs ces dernières années", a-t-il martelé, dans une allusion apparente aux critiques concernant la privatisation partielle d'Aramco.

Après Aramco, "ce sera au tour des filiales d'être introduites en bourse", a poursuivi le prince, en tablant sur une économie saoudienne qui ne dépend "plus du pétrole mais (qui tire) ses revenus des investissements".

L'économie saoudienne, la plus importante du monde arabe, devrait croître au rythme de 1,2% cette année, contre 3,4% en 2015.

L'effondrement des cours pétroliers a obligé les monarchies du Golfe dont l'Arabie saoudite à prendre des mesures sans précédent portant sur la réduction des subventions sur les carburants et l'imposition de nouvelles taxes indirectes.

Avec AFP

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L'activité économique pourrait redémarrer en mai aux Etats-Unis

Le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin parle du coronavirus dans la salle de presse James Brady de la Maison Blanche, le jeudi 2 avril 2020, à Washington. (Photo AP / Alex Brandon)

Les entreprises américaines, contraintes d'arrêter leur activité dans un effort pour contenir la pandémie du coronavirus, pourraient "redémarrer" au mois de mai, a estimé jeudi le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin.

A la question d'un animateur de CNBC: "Pensez-vous que nous puissions reprendre une activité économique" le mois prochain ? Le ministre de Donald Trump a répondu: "Je le pense".

"A partir du moment où le président (Donald Trump) est à l'aise sur les questions de santé et que nous faisons tout ce qui est nécessaire pour que les entreprises américaines et les travailleurs américains puissent être ouverts aux affaires et qu'ils aient la liquidité dont ils ont besoin pour faire fonctionner leur entreprise", a-t-il ajouté.

Donald Trump, qui brigue un second mandat, n'a pas caché sa volonté de redémarrer l'activité aussi vite que possible.

"Le président demande des conseils à tous, à l'intérieur et à l'extérieur du gouvernement", a déclaré jeudi à des journalistes le principal conseiller économique de la Maison Blanche, Larry Kudlow.

"Le président s'est entretenu avec ses conseillers économiques", a-t-il ajouté, soulignant qu'"il n'y a(vait) rien de formel".

Il a également émis l'idée, interrogé sur la chaîne Fox Business, de prendre en charge les investissements des entreprises américaines qui relocaliseraient leur activité de Chine vers les Etats-Unis.

De nombreux commerces, restaurants, petites entreprises ont dû arrêter net leur activité il y a près d'un mois, plongeant le pays dans une grave récession.

En trois semaines, 16,7 millions de personnes ont rempli un dossier de demande d'allocations chômage pour la première fois, du jamais-vu.

Plus tôt jeudi, le docteur Anthony Fauci --l'épidémiologiste en charge au niveau fédéral-- a apporté une lueur d'espoir en estimant que les Américains pourraient peut-être prendre des vacances d'été, mais sous conditions, alors que le pays espère atteindre dans les prochains jours le pic de la pandémie de Covid-19.

"Cela pourrait être au rendez-vous", a répondu dans un entretien sur CBS le directeur de l'Institut américain des maladies infectieuses, représentant de la communauté scientifique dans le groupe de travail de la Maison Blanche qui conseille Donald Trump sur l'épidémie.

A l'approche du scrutin de novembre, le président américain espère une reprise alors que l'économie était, juste avant la pandémie, sa carte maîtresse pour la campagne.

Le coronavirus a affecté plus de 450.000 personnes et fait plus de 16.200 décès aux Etats-Unis, selon le comptage de Johns Hopkins University.

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Nouvel appel de l'ONU en faveur des femmes et des filles

Femmes et enfants séparant la terre du grain renversé par un camion dont le conducteur a perdu le contrôle, dans la forêt de Machinga au Malawi, 24 mai 2016. (AP Photo/Tsvangirayi Mukwazhi)

"Près de 60% des femmes dans le monde travaillent dans l'économie informelle, gagnant moins, épargnant moins, et font face à un plus grand risque de tomber dans la pauvreté" avec le Covid-19, a averti l'ONU, appelant à "les mettre au coeur" de la reconstruction des économies.

La pandémie "a des effets économiques et sociaux dévastateurs pour les femmes et les filles", souligne dans un communiqué le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, à l'occasion de la sortie d'un rapport soulignant que "des millions d'emplois de femmes ont disparu".

"Des adolescentes qui ne vont plus à l'école pourraient ne jamais y retourner", ajoute le chef des Nations Unies, craignant que "les progrès perdus ne mettent des années à revenir".

Antonio Guterres avait déjà lancé dimanche un appel aux gouvernements pour qu'ils protègent davantage les femmes et filles de la violence conjugale et familiale dans la période de confinement généralisé imposé par le Covid-19 à travers le monde.

Controverse Trump-OMS: Antonio Guterres affirme que l'heure est à l'"unité"

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Opérations de paix: double défi pour l'ONU, Covid-19 et maintien des Casques bleus

Le siège de la Monusco à Kinshasa en République démocratique du Congo, le 10 avril 2017.

L'ONU est confrontée pour ses 110.000 Casques bleus déployés dans une quinzaine d'opérations de paix dans le monde à un double défi: les protéger de la pandémie du Covid-19 mais surtout éviter que des pays ne retirent leurs contingents.

L'une des craintes est "un effet de débandade" car des pays "peuvent avoir l'inquiétude légitime de dire +je ne reste pas dans cet endroit+ ou +je ne laisse pas mes hommes sur place car s'ils sont contaminés, il ne pourront pas être bien pris en charge+", résume pour l'AFP un diplomate sous couvert d'anonymat.

En anticipation de l'arrivée du virus dans les pays où une opération de paix est en cours et pour ne pas contribuer à sa propagation, l'ONU a gelé depuis le 6 mars des rotations de Casques bleus dans certains pays, une décision étendue lundi jusqu'au 30 juin et qui s'applique désormais à tous les contingents.

A travers le monde, des mises en quarantaine pour toutes les personnes identifiées positives ont aussi été engagées depuis plusieurs semaines dans les camps abritant des Casques bleus.

Des mesures de précaution ont aussi été prises pour les patrouilles, pour que "les militaires ne se contaminent pas entre eux et ne contaminent pas non plus les populations", indique-t-on au siège de l'ONU où le souvenir de la contamination au choléra de la population haïtienne (quelque 10.000 morts à partir de 2010) par des militaires népalais reste ancré dans les mémoires.

Au-delà de la lutte contre le Covid-19, et alors que l'Afrique où sont concentrées nombre de missions de paix - Mali, Centrafrique, Soudan du Sud, Darfour, République démocratique du Congo... - attend dans les semaines à venir d'être réellement frappée par la pandémie, l'enjeu pour l'ONU est surtout de maintenir la paix.

Les mesures contre la maladie "ont un impact sur les opérations", admet un diplomate sous couvert d'anonymat. Or il faut absolument les poursuivre sauf à devoir affronter "une catastrophe totale si les opérations s'effondrent avec le départ de Casques bleus", renchérit un autre diplomate, aussi sous anonymat.

- "Sens de l'éphémère" -

Dans cette logique, le secrétaire général de l'ONU appelle depuis le 23 mars à un "cessez-le-feu mondial et immédiat" dans les pays en conflit mais la concrétisation sur le terrain tarde à venir. Sa supplique est aussi un encouragement implicite aux pays contributeurs de troupes à ne pas faire leurs valises.

Mardi, l'Union européenne, important pourvoyeur de policiers et militaires, est venue appuyer ce maintien des troupes dans les missions de paix, en promettant de ne pas rapatrier les siennes.

"Nous voudrions souligner qu'en dépit de la pression que fait peser la pandémie sur nos systèmes, nous restons engagés plus que jamais dans l'action des Casques bleus à travers le monde", souligne ainsi un message adressé au chef de l'ONU.

"Les missions de paix des Nations Unies (...) doivent être en mesure de poursuivre leurs activités en soutien des pays hôtes dans cette période particulièrement difficile", estime également l'UE.

Certains diplomates à l'ONU veulent croire à une réponse africaine à la pandémie qui pourrait "surprendre" l'Occident et faciliter un maintien des Casques bleus.

"Les pays africains sont beaucoup plus préparés psychologiquement et en termes de systèmes sanitaires à des épidémies", note une source diplomatique européenne, en évoquant Ebola et l'épidémie de rougeole massive qui frappe actuellement la RDcongo.

En Occident, "l'homme est devenu suffisant, prétentieux", ce qui explique "son désarroi encore plus grand quand il est confronté à une crise comme celle d'aujourd'hui", abonde un diplomate africain.

"Les Africains sont plus forts en termes de résilience mentale, ont le sens de l'éphémère, la foi en Dieu, le dieu musulman, le dieu chrétien, et cela va être leur force", prédit-il, en se félicitant aussi d'une "solidarité beaucoup plus développée" sur le continent africain que dans le monde occidental.

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