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Lancement à Dakar d'une école de cybersécurité à vocation africaine

Les chefs des diplomaties française et sénégalaise ont inauguré mardi à Dakar une école de "cybersécurité"

L'établissement est destiné à renforcer les capacités des Etats africains à lutter contre les cyber-attaques, la diffusion de messages extrémistes et les groupes terroristes, ont rapporté des journalistes de l'AFP.

"Aucun pays ne peut se prémunir à lui seul des cyber-attaques", a souligné le ministre sénégalais des Affaires étrangères, Sidiki Kaba, lors d'une cérémonie officielle en présence de son homologue français, Jean-Yves Le Drian.


La création de l'Ecole nationale en cybersécurité à vocation régionale (ENVR) "invite au renforcement de la coopération, seul moyen de prévenir et de réduire les cyber-attaques par la définition et l'acquisition de la technologie la plus appropriée pour protéger des informations stratégiques et favoriser le partage d'informations sur les groupes terroristes", a dit M. Kaba.

"Les phénomènes d'usage d'internet à des fins terroristes, pour le financement du terrorisme et la diffusion de discours extrémistes encourageant à la radicalisation, constituent des menaces pour la stabilité de ces Etats", a expliqué dans un communiqué le ministère français des Affaires étrangères. "L'utilisation d'internet à des fins criminelles pour extorquer de l'argent ou détourner des systèmes de transfert constituent également un défi à la sécurité. En outre, le cyber-espace ne connaissant pas de frontière, cette criminalité peut potentiellement affecter les Etats au-delà du continent africain".

La création de l'école avait été annoncée en 2017 lors de la 4e édition du Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique, dont la 5e édition devait s'achever mardi.

L'école est provisoirement installée à Dakar, dans les locaux de l'Ecole nationale d'administration (ENA), avant son prochain déménagement à Diamnadio, ville nouvelle en construction à une trentaine de kilomètres de la capitale sénégalaise.

Le nouvel établissement dispensera des enseignements en sécurité informatique, en cyber-criminalité, en renseignement numérique et en cyber-gouvernance pour des membres des forces de l'ordre, de la justice et d'entreprises privées. Il vise aussi à renforcer la "coopération franco-africaine de sécurité et de défense" et à la création d'un "pôle de référence en Afrique", selon les autorités françaises.

"Internet ne peut pas être une zone de non-droit qui échappe au contrôle de nos sociétés", a souligné Jean-Yves Le Drian, en estimant que l'école "permettra de renforcer les capacités des Etats africains à exercer leur souveraineté sur le cyber-espace".

Avant de se rendre au Forum de Dakar, M. Le Drian a par ailleurs assisté dans la capitale à la signature de trois conventions entre l'Agence française de Développement (AFD) et les ministères sénégalais des Finances et de l'Environnement pour soutenir le Sénégal dans la lutte contre les effets du changement climatique.

Avec AFP

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Pour de nombreux jeunes sénégalais, c'est "Barcelone ou la mort"

Des bateaux de pêche se tiennent dans les eaux de Ndiebene-Gandiol près de la ville de Saint-Louis au nord du Sénégal, le 8 août 2018.

Au Sénégal, la marine nationale a interpellé une pirogue avec une centaine de personnes en partance pour l’Espagne pendant que les gardes côtes espagnoles venaient au secours d’une deuxième pirogue qui a pris feu en pleine mer, faisant officiellement plus d’une dizaine de morts.

Difficile d’en finir avec l’émigration clandestine avec des jeunes plus que jamais déterminés à braver la mer malgré les multiples opérations des forces de sécurité.

Le phénomène "Barça wala Barsakh" (Barcelone ou la mort) est à nouveau très prisé par des jeunes en manque d’opportunités d’emploi et qui subissent de plein fouet la pression sociale.

"L'État du Sénégal a une très grande responsabilité mais les familles aussi", selon Youssou Mbengue, président des Sénégalais de retour de la Libye.

Ancien émigré lui-même rentré de la Libye, Youssou Mbengue explique que bon nombre des candidats sont poussés par leurs familles. Malgré tout, estime-t-il, il revient aux jeunes eux-mêmes de prendre conscience des périls de cette aventure en mer.

Pour le sociologue Mory Fall, les jeunes sont victimes du manque d’emplois en plus de cette pression sociale qui est à la base de l’émigration clandestine. Les jeunes préfèrent braver la mort pour éviter d’être la risée de la société.

"Ça c’est une forme de cri du désespoir de la jeunesse africaine", analyse le sociologue.

De son point de vue, c’est une forme de pression qui ne dit pas son nom car même si "toute la famille est polie de sorte qu’on te dit absolument rien, il y a une forme de pression morale qui fait que tu as envie de sortir, d’aller chercher quelque chose pour revenir avec à la maison".

Cheikh Ahmadou Bamba Fall consulte les dernières données sur les migrations irrégulières, au Sénégal, le 28 octobre 2020.
Cheikh Ahmadou Bamba Fall consulte les dernières données sur les migrations irrégulières, au Sénégal, le 28 octobre 2020.

Pour offrir des alternatives aux jeunes, plusieurs associations sont sur le terrain pour essayer de contrecarrer ce phénomène. Le Village du migrant est une de ces entités. Son travail ne se limite pas à la sensibilisation, comme l’indique son président, Cheikh Ahmadou Bamba Fall.

"Notre spécialité est de former d’abord les jeunes parce qu’on peut pas dire travail ou emploi sans formation. Former les jeunes gratuitement, leur donner des diplômes et de trouver des partenariats avec des entreprises ou d’autres structures pour insérer les jeunes", détaille le volontaire.

Il précise que l’association forme actuellement une cinquantaine de jeunes à Keur Massar, dans la grande banlieue de Dakar. Au départ, explique-t-il, ils suivent une formation gratuite en informatique, en bureautique et en maintenance. "Après ce lot qu’on forme actuellement on va démarrer une autre formation sur l’aspect mécanique, soudure et tôlerie", souligne-t-il.

Sur le terrain, le phénomène de l’émigration clandestine a repris de plus belle avec des départs fréquents de centaines de migrants depuis les côtes sénégalaises.

Le Sénégal s'inquiète de la "recrudescence" des tentatives d'émigration clandestine
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