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Tchad

52 militaires tchadiens tués dans une opération contre Boko Haram

Des soldats tchadiens sur des chars lors de leur retour du Niger voisin où ils combattaient le mouvement islamiste Boko Haram, à N’Djamena, 11 décembre 2015.

L'opération militaire lancée contre le groupe jihadiste Boko Haram au lac Tchad a coûté la vie à "52 militaires tchadiens", a annoncé à l'AFP le porte-parole de l'armée tchadienne, affirmant qu'un millier de jihadistes ont été tués.

Déployée le 31 mars, l'armée tchadienne a achevé son opération mercredi, chassé les jihadistes de son sol et se trouve "en profondeur sur le territoire du Niger et du Nigéria, en attendant que leurs troupes prennent le relais" dans cette région frontalière, a assuré le porte-parole, le colonel Azem Bermendoa Agouna.

"1.000 terroristes ont été tués, 50 pirogues motorisées détruites", a-t-il affirmé.

Il s'agit du premier bilan chiffré de l'opération "Colère de Bohoma", lancée par le président Idriss Déby Itno après la mort d'une centaine de soldats tchadiens dans une attaque de Boko Haram contre la base de Bohoma le 23 mars.

Après cette attaque, considérée comme l'une des plus meurtrières de l'histoire de l'armée tchadienne, le président Déby avait décidé de prendre la tête des opérations. Samedi, il affirmait à la télévision nationale, qu'il n'y avait plus "un seul jihadiste sur l'ensemble de la zone insulaire", en référence à la constellation d'îlots parsemés sur le lac Tchad, vaste étendue d'eau marécageuse, de plus en plus asséchée.

Depuis plusieurs mois, à partir de certains de ces îlots, le groupe Boko Haram a intensifié ses attaques contre les quatre pays qui entourent le lac: le Tchad, le Nigeria, le Niger et le Cameroun.

Ces quatre pays organisent depuis 2015 au sein de la Force multinationale mixte (FMM) leur lutte contre le groupe jihadiste né au Nigeria en 2009, mais le Tchad, qui a mené sa riposte en dehors de ce cadre, n'a pas caché ses frustrations après l'attaque de la base de Bohoma.

"Le Tchad est seul à supporter tout le poids de la guerre contre Boko Haram", s'est plaint le président Déby ce week-end. "J'ai rencontré le commandant de la FMM et lui ai demandé de prendre le relais", a-t-il ajouté.

Face à l'intensification des attaques, le Tchad avait déjà redéployé sur son territoire en janvier 1.200 de ses soldats intégrés à la FMM sur le sol nigérian.

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L'eau potable reste un luxe pour beaucoup à N'Djaména

Le président tchadien Idriss Déby a reçu officiellement le titre de maréchal du Tchad lors d'une cérémonie à l'Assemblée nationale le 11 août 2020 à N'Djaména, à l'occasion du 60e anniversaire de l'indépendance du Tchad. (Photo par Renaud MASBEYE BOYBEYE

Le 8 août 2016, le président tchadien avait promis de renforcer les projets en cours d’exécution sur le plan énergétique mais aussi de donner de l’eau potable à ses concitoyens.

Des citoyens tchadiens n’ont pas oublié et rappellent les nombreuses promesses jamais tenues, notamment celle de porter l’accès à l’eau potable de 53% à 83% au moins et de rendre l’énergie disponible et abordable au peuple tchadien.

Pour Caman Bédaou Oumar, l’eau et l’énergie demeurent un problème crucial. "Le coût de l’eau a été multiplié par 6 au moins. Il y a des consommateurs qui vont résilier leur contrat", a déclaré Caman Bédaou Oumar.

Selon le directeur général technique de l’hydraulique et de l’assainissement au ministère de tutelle, Tahir Abdelaziz Awam, il y a eu beaucoup d’améliorations pour l’accès à l’eau potable.

"A ce jour, le Tchad est autour de 63 à 64% et peut même dépasser dans les mois à venir parce que depuis 2015 beaucoup des projets sont arrêtés faute de financement", explique-t-il.

Il dit ne pas être à mesure de donner une réponse exacte en ce qui concerne l’augmentation du mètre cube d’eau.

Pour Freeman Sandjimbeye, chargé de communication de l’Association des femmes dynamiques pour le développement socio-sanitaire, la promesse du chef de l’Etat est encore bien loin du vécu réel des populations.

"Si vous prenez le 7e arrondissement qui est le plus grand arrondissement de N’Djamena avec 10 quartiers, beaucoup utilisent et consomment l’eau des forages. Ça veut dire que le président Deby a échoué dans sa promesse", a-t-il déploré.

Mahamat Zene Bada, secrétaire-général du parti au pouvoir, affirme que cette question de l’eau potable restera encore au centre du prochain quinquennat parce qu’il faut des moyens colossaux pour y parvenir.

Opportune Aymadji, députée et porte-porte de la majorité présidentielle à l’Assemblée nationale, fait le même constat et propose une alternative.

"Je crois que le problème est resté intacte à mon avis et que dans les jours à venir il faut se tourner vers les énergies renouvelables qui peuvent donner de l’eau et de l’électricité en même temps et qui peuvent être plus accessibles aussi aux populations. Parce que nous avons du soleil, 12 mois sur 12 et nous en avons même de trop", souligne-t-elle.


Le président tchadien Idriss Déby reçoit le grade de maréchal

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Les Tchadiens célèbrent le 60ème anniversaire de l’indépendance de leur pays

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Le président Idriss Déby Itno devient maréchal pour les 60 ans de l'indépendance

Idriss Déby Itno, président de la république du Tchad, le 21 août 2019. (VOA/André Kodmadjingar).

Le Président Idriss Déby Itno a été officiellement élevé à la dignité de maréchal du Tchad au cours d'une cérémonie à l'Assemblée nationale mardi, jour du 60e anniversaire de l'indépendance du Tchad.

"Je continuerai d'être le premier garant de la liberté de mes concitoyens", a promis le président Déby, 68 ans dont 30 passés au pouvoir, lors d'une cérémonie au Palais de la démocratie, siège de l'Assemblée nationale à N'Djamena où l'anniversaire de l'indépendance a à peine été mentionné.

Le parlement tchadien où le parti présidentiel possède une large majorité absolue, avait voté en juin l'élévation du président au titre de maréchal, ce que ce dernier avait lui-même confirmé par un décret.

"Vous êtes une icône et un symbole pour le Tchad", a affirmé le président de l'Assemblée nationale, Haroun Kabadi.

Le parlement lui a accordé le titre de maréchal après une vaste opération contre le groupe jihadiste Boko Haram en avril qu'il a lui même dirigée.

"C'est le mérite des faits d'arme qui me vaut cette distinction, que je dédie à tous mes frères d'armes", a indiqué le président, ajoutant: "la menace du terrorisme est toujours là et elle est implacable".

"Un titre mérité"

Par cette cérémonie, le Tchad rend la dignité que mérite le chef de guerre Idriss Deby Ino par le biais de ses représentants à l’assemblée nationale a déclaré à VOA Afrique le député de l’opposition Ousman Chérif Khamdjan, vice-président du groupe parlementaire "les démocrates".

"Cette consécration est un titre mérité compte tenu du rôle singulier et historique que le président de la république a joué pour la nation tchadienne en particulier et le continent africain en général a indiqué Ouman Chérif en ajoutant que cet homme qui est à la destinée de notre pays est capable de faire la paix, mais aussi de conduire une guerre salvatrice quand il est nécessaire. Il invite les académies militaires du monde entier se planche et étudient les faits et gestes et les parcours de ce grand militaire et stratège du continent africain".

Docteur Sitack Yombatina Béni rejette cette affirmation. Pour lui, cette distinction viole la loi fondamentale et détruit la fête de l’indépendance. Car précise-t-il le président Déby est dans un mandat civile où il s’est mis en disponibilité donc il n’est plus militaire.

Pour Sitack, "quand on prend la mise en disponibilité on n’a pas de salaire, à un grade, et à un avancement. Hors poursuit le juriste, le président triche avec les textes civiles et militaires et il viole même la Constitution de la République dont il est lui-même garant. Non seulement il se fait célébrer mais il détruit la fête du 11 août qui est une histoire du Tchad qu’on ne peut pas effacer. Dorénavant qu’est ce qu’on veut que la génération célèbre s’interroge-t-il ? L’avènement du tout 1er maréchal au Tchad ou on célèbre la fête de l’indépendance du Tchad?"

Mahamat Zene Bada, secrétaire général du MPS, parti au pouvoir, a un avis contraire. Pour lui, vu son parcours militaire, le général Deby mérite mieux que cet hommage national.

"Je l’affirme avec force que le fait Idriss Déby Itno pour moi c’est même peu, parce qu’il n’y a pas un autre grade que le Maréchalat et l’Assemblée nationale a muri cela avant de le faire. Idriss Deby Itno n’est pas Maréchal pour lui, il est Maréchal du Tchad", a martelé le secrétaire général du MPS.

Menace sécuritaire

Fin mars, le groupe Boko Haram avait tué près de cent militaires tchadiens dans une base militaire à Bohoma, dans la région du Lac.

La zone du lac Tchad, à la frontière du Nigeria, du Tchad, du Cameroun et du Niger, est devenue le repère de jihadistes qui profitent des abris constitués par les nombreux îlots éparpillés sur cette vaste étendue marécageuse.

Venu lui-même sur le terrain pour organiser la contre-attaque, baptisée "Colère de Bohoma", le président Déby avait affirmé avoir chassé les jihadistes du territoire national, même s'il a reconnu le 8 août que "Boko Haram fera encore beaucoup de dégâts" au Tchad à partir des pays frontaliers.

"La lutte contre le terrorisme est un imperatif vital et demeurera au centre de nos préoccupations", a souligné le Président Déby lors de la cérémonie.

A l'occasion de l'indépendance, il a par ailleurs signé lundi un décret graciant 538 prisonniers.

Parmi eux, le général Abdelkader Baba Laddé, condamné en décembre 2018 à huit ans de prison ferme pour "détention illégale d'armes", "association de malfaiteurs", "incendie volontaire" ou encore "viol".

Chef rebelle tchadien, Baba Laddé, actif en Centrafrique, avait été arrêté en décembre 2014 par les Casques bleus de la mission de l'ONU dans ce pays, puis extradé vers le Tchad en janvier 2015.

Détenus tchadiens retrouvés morts: la thèse de l'empoisonnement écartée

Les soldats tchadiens gardent des prisonniers dans la cour d'une prison de gendarmerie, Ndjamena, 13 février 2008.

Les 44 prisonniers morts en détention au Tchad en avril n'ont pas été empoisonnés mais ont succombé à de mauvaises conditions de détention, selon une enquête de la Commission nationale des droits de l'Homme rendue vendredi.

"Ce sont les conditions de détention (cellule exiguë, chaleur, la soif et la faim) qui sont à l'origine du décès des 44 détenus", souligne le rapport de cette institution nationale indépendante.

Selon le rapport de la Commission, qui écarte cette thèse, les geôlier "n'ont daigné porter dans ces conditions assistance à personne en danger malgré les cris de détresse et les prières récitées par les détenus toute la nuit de 20H00 à 06H00 du matin".

Le ministre de la Justice tchadien, Djimet Arabi a déclaré prendre acte des conclusions du rapport et précisé qu'une enquête judiciaire est ouverte. "Au moment venu s'il y a de sanctions à prendre contre des personnes à qui les responsabilités sont imputées, ces personnes seront sanctionnées", a-t-il assuré

Mi-avril, les autorités avaient annoncé avoir retrouvé les corps de 44 détenus dans un centre de détention de la gendarmerie de la capitale N'Djamena, sur 58 "membres de Boko Haram" faits prisonniers au cours d'une vaste opération militaire sur le lac Tchad.

Le parquet de N'Djamena avait alors assuré qu'une autopsie avait décelé une substance "létale" dans le corps des victimes. Le ministre de la Justice tchadien, Djimet Arabi, avait évoqué un possible "suicide collectif" par empoisonnement.

"Au moment venu s'il y a de sanctions à prendre contre des personnes à qui les responsabilités sont imputées, ces personnes seront sanctionnées", a-t-il assuré.

Fin juin, l'une des principales associations tchadiennes de défense des droits de l'Homme avait affirmé que les 44 détenus n'étaient pas des membres du groupe jihadiste Boko Haram mais de simples civils.

Le rapport rendu vendredi confirme que "les détenus ont été arrêtés bien après l'opération de l'armée".

Selon des proches des victimes interrogés par la Commission, les détenus étaient "pour la plupart des chefs de famille partis à la recherche de la pitance quotidienne" ou en visite chez des membres de leur famille.

Les quatorze détenus survivants ont aussi été interrogés. La plupart disent avoir été arrêtés pour avoir violé l'état d'urgence et notamment l'interdiction de déplacement instaurés dans la région du lac Tchad avant l'opération militaire.

En cellule, ils racontent avoir été quelques-uns à recevoir des dates pour manger mais "certains tombaient". Ils disent avoir alors "commencé à réciter la prière de la mort (chahada) pendant que d'autres criaient et frappaient pour attirer l'attention des geôliers".

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