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Une réfugiée congolaise à la voix d'or émeut le Brésil

Le Christ Rédempteur, Rio de Janeiro, Brésil, le 1er août 2017

Il y a deux ans, Isabel Antonio fuyait son pays, la République Démocratique du Congo, déchirée par la guerre civile. Mardi dernier, la jeune fille de 16 ans chantait devant des millions de téléspectateurs émus, dans l'émission "The Voice Brasil".

Après deux mois de compétition, elle a fini par être éliminée mais sa victoire est ailleurs. "C'était très important de participer à cette émission, non seulement pour moi, mais pour d'autres enfants réfugiés. J'espère servir d'exemple et porter un message d'espoir au milieu de la souffrance", confie-t-elle à l'AFP, dans un portugais au léger accent.

Mercredi, au lendemain de son dernier passage aux studios de TV Globo, Isabel a profité de sa venue à Rio de Janeiro pour voir la mer pour la première fois.

Sur la promenade de la plage d'Ipanema, la jeune Congolaise au sourire radieux est arrêtée tous les dix mètres par des fans qui demandent à être pris en photo avec elle.

"Bravo, tu chantes super bien et tu es une gagnante quoi qu'il arrive!", s'écrie Rafael, 26 ans, qui vend des glaçons.

Depuis qu'elle a chanté dans "Heal the World", tube de Michael Jackson contre les souffrances des enfants du monde entier, Isabel est devenue un symbole de la cause des réfugiés au Brésil.

- 'Trois jours dans la brousse' -

Originaire de Kinshasa, sa vie a basculé en 2015, quand elle a été séparée de sa famille à cause de la guerre civile.

"J'ai dû fuir avec ma petite soeur et nous avons perdu la trace de ma mère. Nous sommes restées trois jours cachées dans la brousse", raconte-t-elle, touchant nerveusement ses longues tresses.

Les deux jeunes filles ont finalement été retrouvées par des missionnaires brésiliennes, qui les ont amenées en Angola, puis à Rio.

"Je ne voulais pas partir parce que je voulais retrouver ma mère. Mais j'ai fini par accepter parce que sinon, je risquais de mourir", précise Isabel.

En RDC, la guerre civile qui fait rage depuis des années a déplacé des centaines de milliers de personnes, dont plus de 500.000 réfugiés dans des pays voisins.

Une fois au Brésil, les deux soeurs ont su grâce à un registre tenu par l'organisation catholique Caritas que leur mère et leurs quatre autres frères et soeurs avaient fait le même parcours quelques semaines plus tôt et se trouvaient à Sao Paulo.

Leur père a fini par les rejoindre fin 2015. Il est devenu éboueur dans la capitale économique du Brésil et la mère, femme de ménage.

- Une chorale comme tremplin -

C'est à Sao Paulo qu'Isabel a découvert son talent pour la musique, au sein de la chorale "Somos Iguais" ("Nous sommes égaux").

Ce projet, fondé par la bénévole Daniela Guimaraes, était censé être un passe-temps pour les enfants de réfugiés pendant que leurs mères étaient sensibilisées aux risques de cancer du sein.

"Ils chantaient tellement bien que j'ai senti qu'il fallait aller plus loin", explique Daniela, qui a fait appel au célèbre chef d'orchestre Joao Carlos Martins pour inculquer sa passion de la musique à ces enfants venus de RDC, d'Angola, de Syrie et d'Haïti.

La chorale a ainsi acquis une certaine renommée avec des spectacles dans plusieurs villes brésiliennes et TV Globo a décidé d'inviter cinq de ses membres à participer au casting de "The Voice Kids", la version enfant de l'émission de télé-réalité.

Isabel a été retenue, mais, comme elle venait d'avoir 16 ans, elle a été propulsée parmi des concurrents adultes bien plus expérimentés.

Mais sa voix en or a enchanté le public comme le jury et lui a permis de rester en lice jusque la dernière étape avant les phases finales.

"Isabel représente les voix de tous les autres enfants de notre chorale et elle a su profiter de cette opportunité pour incarner les rêves de tous les réfugiés", conclut Daniela Guimaraes, en marchant le long de la plage avec elle.

"Quand je chante, j'ai l'impression d'être une autre personne. Je ne suis plus la petite Isabel qui souffrait et pensait qu'elle allait mourir", confie la jeune congolaise.

De retour à Sao Paulo après son aventure télévisée, Isabel, qui rêvait d'être médecin quand elle était petite, espère profiter de sa notoriété pour continuer sa carrière dans la chanson.

Avec AFP

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Le sortant Azali grandissime favori de la présidentielle aux Comores

Le président des Comores, Azali Assoumani, arrive à un bureau de vote lors du référendum constitutionnel, à Mitsoudje, près de Moroni, Comores, le 30 juillet 2018

Le président du petit archipel des Comores Azali Assoumani sollicite dimanche son maintien à la tête du pays dans un scrutin lourd de tensions avec l'opposition, qui l'accuse de dérive autoritaire et redoute un "hold-up électoral".

Au pouvoir depuis 2016, M. Azali, 60 ans, fait figure de grandissime favori au terme d'une campagne qu'il a écrasée de tous les moyens de l'Etat.

Sûr de sa force, le chef de l'Etat sortant a rassemblé vendredi plusieurs milliers de personnes dans la capitale Moroni autour du slogan "un seul jour, un seul tour, un seul homme". "Nous gagnerons cette élection dès le 24 mars", a-t-il assuré à ses partisans.

"Il a une vision pour le pays, lui seul est capable d'offrir un avenir meilleur à tous", s'est enthousiasmée une de ses fidèles, Fatoumia Alibazi, chapeau bleu à larges bords aux couleurs de son champion sur la tête.

La machine Azali s'est mise en marche avec la réforme constitutionnelle approuvée par référendum l'an dernier.

Très controversée, elle a étendu d'un à deux mandats de cinq ans la durée de la présidence attribuée successivement à chacune des trois îles de l'archipel (Grande-Comore, Mohéli, Anjouan).

Ce système a donné un coup de canif au fragile équilibre institutionnel instauré en 2001 pour mettre fin aux crises séparatistes et aux coups d'Etat à répétition qui agitaient l'archipel depuis son indépendance en 1975.

- 'Mascarade' -

L'opposition a hurlé au loup mais rien n'y a fait. Au contraire. M. Azali a riposté à la contestation en embastillant nombre de ses détracteurs, à commencer par son ennemi de toujours, l'ancien président Ahmed Abdallah Sambi, accusé de corruption.

Sur sa lancée, l'ex-putschiste, élu en 2016, a remis son quinquennat en jeu dès cette année. En cas de succès, il pourrait garder les rênes du pays jusqu'en 2029.

L'opposition espère bien l'en empêcher. Mais, prise de cours par l'accélération du calendrier politique, elle s'est lancée dans la bataille en ordre dispersé. Et la Cour suprême l'a encore fragilisée en écartant quelques-uns de ses champions de la route du président.

Patron de l'Union de l'opposition, l'ancien vice-président Mohamed Ali Soilihi a été interdit de scrutin. Assigné à résidence, il ne décolère pas.

"Cette élection est une grosse mascarade", se lamente-t-il. "Le scénario est écrit d'avance: le 24 mars au soir, il y aura une déclaration de victoire (d'Azali Assoumani) au premier tour, c'est un passage en force."

C'est l'antienne reprise par tous les adversaires du président. "Tout le monde est contre lui, si le scrutin est transparent, il ne peut pas gagner", assure lui aussi le candidat du parti Juwa, l'avocat Mahamoudou Ahamada, 48 ans. "Azali n'a d'autre choix que de voler les élections".

Plus que la crainte de fraudes, les partisans de l'opposition reprochent au pouvoir sortant la pauvreté persistante de la population et le train de vie des dirigeants du pays.

- 'Plus que Macron' -

"Tu ne peux pas m'expliquer que je vais avoir une vie sans électricité, sans eau. C'est pas possible", se lamente Mahmoud Mze, chômeur de 48 ans. "Et lui (M. Azali), il gagne 34.000 euros par mois, plus que (le président français Emmanuel) Macron. Ca ne va pas !"

Privée par la réforme de présidence tournante en 2021, l'île d'Anjouan, la plus pauvre de l'archipel, bouillonne.

En octobre, des civils armés hostiles au président ont fait le coup de feu avec l'armée pendant six jours à Mutsamudu, la capitale de l'île, avant de s'évaporer mystérieusement dans la nature.

En campagne à Anjouan, le colonel Soilihi Mohamed, dit "Campagnard" pour ses origines rurales, a mis en garde contre les risques d'un passage en force du président.

"Le peuple va s'exprimer par une révolution dans les urnes", prédit l'ancien officier, aussi raide que le sortant est bonhomme. Mais "si jamais le président tente de faire autrement, on risque une révolution populaire".

La menace fait sourire le ministre de l'Intérieur Mohamed Daoudou, qui promet "la transparence totale".

"Il y a trop de mensonges de l'opposition, notre pays n'est pas une dictature", déclare le secrétaire général de la Mouvance présidentielle, Ali Mliva Youssouf.

Plus de 800 observateurs de la société civile comorienne, financés par l'Union européenne (UE), sont annoncés dans les 731 bureaux de vote du pays pour garantir la régularité du scrutin. Les premiers résultats sont attendus lundi.

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