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La Tunisie vote sa première loi contre le racisme

Un migrant africain s'entretient avec un responsable du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) à bord du navire "Sarost 5" amarré dans le port de Zarzis, dans le sud de la Tunisie, le 1er août 2018.

Le parlement tunisien a voté une loi attendue de longue date criminalisant les propos racistes, l'incitation à la haine et les discriminations, une avancée qualifiée d'"historique" par les associations défendant les minorités.

"C'est un tournant très important dans l'histoire de la Tunisie, équivalent à l'abolition de l'esclavage", a déclaré à l'AFP le président du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES), Messaoud Romdhani.

En Tunisie, l'esclavage a été aboli par le pouvoir beylical dès 1846.

La loi n°11/2018 sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale prévoit des peines allant de un mois à un an de prison et jusqu'à 1.000 dinars (300 euros) d'amende pour des propos racistes.

"L'incitation à la haine", les "menaces racistes", la "diffusion" et "l'apologie du racisme" ainsi que la "création" ou la "participation à une organisation soutenant de façon claire et répétitive les discriminations" sont passibles de un à trois ans de prison, et jusqu'à 3.000 dinars (1.000 euros) d'amende.

L'amende peut monter à 15.000 dinars (environ 5.000 EUR) pour les personnes morales.

Il a été voté à l'issue de longs débats, par 125 voix pour, une contre et cinq abstentions.

Ce texte, le premier dans la loi tunisienne à rendre criminels les actes racistes, était réclamé de longue date par les association de défense des minorités.

"Il s'agit d'un moment historique pour la Tunisie", a estimé l'Association tunisienne de soutien aux minorités (ATSM), indiquant qu'elle veillerait à la bonne application du projet de loi.

"C'est un pas de géant, mais il reste beaucoup à faire pour concrétiser cette loi dans une société où il y a du racisme envers les 10% de Tunisiens noirs et les Africains subsahariens, qui souffrent d'insultes et d'attaques parfois violentes", a renchéri M. Romdhani. "Il s'agit de punir mais aussi de transmettre le respect, par l'éducation notamment".

Des associations se font régulièrement l'écho d'agressions visant des personnes en raison de leur couleur de peau. En août, une femme ivoirienne qui avait réagi à des insultes à Tunis avait été violemment frappée, semant la peur parmi les nombreux Ivoiriens de son quartier.

Avec AFP

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Nouvelle série de pourparlers libyens en Tunisie sous l'égide de l'ONU

L'envoyée intérimaire de l'ONU en Libye, Stephanie Williams, lors de l'ouverture du Forum de dialogue politique libyen organisé à Gammarth à la périphérie de la capitale tunisienne, en présence du président tunisien Kais Saied, le 9 novembre 2020.

Soixante quinze représentants libyens ont entamé des pourparlers politiques près de Tunis lundi, sous l'égide de l'ONU qui s'est dite "optimiste" d'aboutir à un accord sur un gouvernement unifié et l'organisation d'élections dans le pays en conflit.

Les pourparlers réunissent à Gammarth, au nord-est de Tunis, 75 Libyens de tous les bords sélectionnés par l'ONU, y compris parmi les principaux camps rivaux. Objectif: sortir leur pays du chaos dans lequel il a sombré après la chute du régime de Mouammar Kadhafi, tué par des rebelles en 2011.

La Libye est aujourd'hui déchirée entre deux autorités rivales: le Gouvernement d'union nationale (GNA) dans l'Ouest, basé à Tripoli et reconnu par l'ONU, et un pouvoir incarné par Khalifa Haftar, homme fort de l'Est soutenu par une partie du Parlement élu et son président, Aguila Saleh.

"C'est un moment historique (...). Un rendez-vous avec l'Histoire", a déclaré le président tunisien Kais Saied à l'ouverture des pourparlers. Le consensus est réalisable "si les forces étrangères s'abstiennent de toute ingérence" en Libye.

Pour M. Saied, "ceux qui seront impliqués dans la phase de transition doivent s’engager à ne pas se présenter" aux élections générales, à "rédiger une Constitution provisoire" et à "fixer les dates des prochaines élections".

Depuis septembre, les deux camps rivaux, encouragés par l'ONU, sont retournés à la table des négociations avec des réunions thématiques au Maroc, en Egypte en Suisse et en Tunisie, pour tenter de mettre en place une feuille de route sur la transition dans le pays.

Ces séries de discussions ont été possibles après l'arrêt des combats entre les forces rivales en juin, après la mise en échec de l'offensive lancée par les pro-Haftar pour prendre le contrôle de Tripoli.

Le but des pourparlers de Tunisie est de choisir un conseil présidentiel de trois membres représentant la Cyrénaïque (Est), la Tripolitaine (Ouest) et le Fezzan (Sud) -les grandes régions libyennes-, et un chef de gouvernement chargé de former un cabinet unifié.

"Il y a là une occasion pour mettre fin au conflit tragique" et "façonner l'avenir de la Libye", a dit dans un discours enregistré le patron de l'ONU Antonio Guterres, diffusé au début des pourparlers.

En octobre, les parties en conflit ont signé un accord de cessez-le-feu historique en Libye, ouvrant la voie à une reprise de la production pétrolière, économiquement vitale, et à des progrès dans les négociations politiques.

"Les élections doivent être l'objectif ultime ici", a martelé dimanche la cheffe par intérim de la Mission d'appui des Nations unies en Libye (Manul), Stephanie Williams, présente aux négociations de Gammarth.

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