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La société civile dénonce les arrestations intempestives au Tchad


L'entrée principale de la maison d'arrêt de N'Djamena, Tchad, le 17 février 2017. (VOA/André Kodmadjingar)

Au Tchad, trois leaders de de la société civile arrêtés par l’ANS (Agence nationale de sécurité) sont toujours détenus dans des prisons secrètes. Les organisations pour la défense des droits de l’Homme exigent leurs libérations.

Arrêtés les 6, 12 et 14 avril dernier par les agents de l’ANS, les trois leaders de la société civile notamment Nadji Kaina, Bertrand Solloh Ngandjeï du Mouvement Citoyen IYINA et Dingamnayel Nely Versinis du collectif tchadien contre la vie chère ne sont pas présentés à un juge, ni à leur avocat.

Cette situation préoccupe leurs parents et les défenseurs des droits de l’Homme.

Me Midaye Guerimbaye est le président de la Ligue tchadienne des Droits de l’Homme. Pour lui, le Tchad est un pays informel. "Nous venons de découvrir qu'un décret du président donne le pouvoir à l'agence nationale de sécurité de procéder à des arrestations et de garder les citoyens", explique-t-il.

Si les infractions pour lesquelles les trois leaders détenus ne sont pas notifiés, tout porte à croire, selon le mouvement citoyen "Iyina", que l’arrestation de son porte-parole Nadjo Kaina serait liée à son engagement dans la campagne internationale "Tournons la page pour l’alternance démocratique en Afrique", section du Tchad.

L'ANS est une équipe de militaires sans formation, et nous demandons la libération de nos collègues".
Hamed Gombo Hamed, coordonnateur du collectif citoyen "Tourner la page"

Pour les observateurs avertis, l’ANS relève directement de la présidence et donc seul le président Déby est habilité à se prononcer sur le sort des détenus. Les institutions de la république ont montré leur limite face aux agissements de ses agents qui terrorisent la population.

"L'ANS est une équipe de militaires sans formation, et nous demandons la libération de nos collègues", dénonce Hamed Gombo Hamed, coordonnateur du collectif citoyen "Tourner la page".

Certains responsables des organisations des droits de l’Homme et les leaders des jeunes se disent inquiets de la situation et craignent pour leur sort.

André Kodmadjingar, correspondant à N'djamena

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