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La situation des déplacés du village Ediki au Cameroun

Au centre, Ayah Ayah Abiné, venu remettre les dons aux déplacés à Mbanga, Cameroun, le 22 avril 2018. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

Au Cameroun, le village Ediki dans le sud-ouest en zone anglophone est vidé de ses populations qui ont fui les violences des hommes armés non identifiés qui ont envahi leur village. Dans la localité de Mbanga, à 303 km de Yaoundé, ces populations ont trouvé refuge.

Les pleurs d’un bébé, le regard apeuré d’une maman portant au rein son enfant, la mine resserrée d’une femme d'une quarantaine sonnée. À Mbanga, les déplacés sont inquiets de leur avenir.

Mbangaa vu déferler en trois jours, les 13, 14 et 15 avril, par voie ferroviaire, des centaines de ressortissants du village Ediki, située dans la région du sud-ouest en zone anglophone.

Tous ont fui des tirs d’armes à feu entendus dans leur village.

Une famille de déplacés du village Ediki désormais à Mbanga, Cameroun, le 22 avril 2018. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)
Une famille de déplacés du village Ediki désormais à Mbanga, Cameroun, le 22 avril 2018. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

>> Lire aussi : 200 personnes fuient des violences en zone anglophone au Cameroun

"Alors que je m’apprêtais à faire à manger à mes enfants, j’ai suivi les coups de feu. Mon mari m’a demandé de prendre les enfants pour fuir", confie Bridgett Ekwalle à VOA Afrique.

Joseph Ambe a fait savoir que ce mouvement de panique "c’est chacun qui cherchait à prendre fuite. Certains ont sauté dans le train, et d’autres jusqu’à l’heure actuelle sont certainement encore en brousse".

L’air quelque peu débité, depuis les incidents du village, Dorothy Kende se souvient avoir vu "une foule de populations courir vers moi. Les gens provenaient du carrefour du village et tous disaient, il faut courir ! J’ai aussi couru pour prendre mes petits enfants".

La Croix rouge camerounaise mobilisée pour les premiers secours à Mbanga, Cameroun, le 22 avril 2018. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)
La Croix rouge camerounaise mobilisée pour les premiers secours à Mbanga, Cameroun, le 22 avril 2018. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)


Arrivés à Mbanga, fortuitement par voie ferroviaire aux alentours "de 21 heures vendredi 13 avril", selon le sous-préfet de la ville, Amstrong Voh Buikame, c’est dans la salle de réunion du RDPC, le parti au pouvoir, que les déplacés du village Ediki ont été momentanément recasés.

Et des moyens de fortune ont été mis à leur disposition, pour le séjour dans la ville, impliquant ainsi au premier chef, la croix rouge camerounaise.

"Nous avons veillé à ce que les personnes à risque soient rapidement prises en charge, c’est-à-dire les enfants, les femmes enceintes. Nous leur avions aussi garantis d’une eau de bonne qualité, des repas froids et chauds. Ils sont tous en bonne santé hormis quelques cas internés à l’hôpital de district de Mbanga", a confié à VOA Afrique, Leopold Njeme, responsable départemental de la croix rouge du Mungo.

Les enfants du village Ediki parmi les déplacés à Mbanga, Cameroun, le 22 avril 2018. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)
Les enfants du village Ediki parmi les déplacés à Mbanga, Cameroun, le 22 avril 2018. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

On compte deux nouveau-nés parmi les déplacés du village Ediki. Ils sont venus au monde, une semaine avant l’attaque du village.

Les mamans arrivées en état choc, ont été admises à l’hôpital de district de Mbanga. L’une des mamans porte des jumeaux.

Sur le site d’accueil, le sort de ces déplacés a fait naître un élan de solidarité nationale.

Les dons de toute nature proviennent de toutes part. Des vêtements envoyés par la croix rouge de la région du littoral. De l’argent frais aussi depuis la diaspora de la ville de Mbanga.

Ce jour, par exemple, la fondation d’un ancien magistrat anglophone, Paul Ayah Abiné, emprisonné puis libéré au début de la crise anglophone, est venue remettre des denrées alimentaires par l’entremise de son fils.

"La fondation Ayah Ayah reviendra avec plus de dons et appelle d’autres camerounais à soutenir ces compatriotes", souligne son président Ayah Ayah Abiné.

Cependant, ajoute-t-il, "nous espérons que ces ressortissants du département de la Mémé vont rentrer chez eux et que la crise va aussi prendre fin bientôt".
Pour les autorités de la ville de plus réservées à parler aux médias, le pire a été évité, la gestion de ces déplacés est désormais sous contrôle, rassurent-elles.

Hormis quelques départs en famille ou chez les proches, environs, 80 personnes déplacées du village Ediki, séjourneront encore à Mbanga pour quelque temps.

Le retour dans leur lieu de résidence respectif n’étant pas prévu pour demain.

Toutes ces personnes craignent pour leur vie. Une délégation nationale de la croix rouge camerounaise s’est rendue à Mbanga pour mieux évaluer la situation humanitaire des déplacés.

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Ouganda : 8 morts et 15 disparus dans le chavirage d'un bateau

Des bateaux transportant des réfugiés congolais traversent les eaux du lac Albert à Sebagoro, en Ouganda, le 15 février 2018.

Au moins huit personnes ont été tuées et 15 autres sont portées disparues et présumées mortes après le chavirage dimanche d'un bateau sur le lac Albert, dans l'ouest de l'Ouganda, alors qu'elles se rendaient à un match de football, a-t-on appris lundi de source policière.

Ces 23 personnes étaient membres ou supporteurs d'une équipe locale de football, a expliqué à l'AFP un porte-parole de la police régionale, Julius Allan Hakiza.

"Pour l'instant, nous avons retrouvé huit corps, cinq femmes et trois hommes. Jusqu'à 15 personnes sont portées disparues et une unité de la Marine est sur place mais nous ne pensons pas trouver de survivants", a-t-il déclaré.

"L'équipe de football et leurs supporteurs allaient de l'embarcadère de Fofo à celui de Runga pour un match de football quand le bateau a chaviré", a-t-il ajouté.

Selon la police, le mauvais temps et la surcharge du bateau sont à l'origine de l'accident.

Un responsable administratif du village de Fofo, Baker Ogen, a affirmé à l'AFP que "30 personnes sont décédées dans cette tragédie et elles venaient toutes de ma zone".

"Le bateau était rempli de nos joueurs et supporteurs. Il y avait plus de 60 personnes et 32 ont survécu", a-t-il ajouté, précisant que six membres de l'équipe dont l'entraîneur avaient été tués.

Les naufrages sont relativement courants sur le lac Albert, que se partagent l'Ouganda et la République démocratique du Congo (RDC).

En mars 2014, le naufrage d'un bateau ramenant des réfugiés congolais d'Ouganda en RDC y avait fait 210 morts et disparus.

Katumbi veut défendre "la paix et les intérêts congolais"

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Jacob Zuma de retour devant le tribunal

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Sylvestre Ilunga Ilunkamba, nouveau Premier ministre de la RDC

Le nouveau Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba, Kinshasa, 20 mai 2019. (Twitter/Corneille Lubaki)

Le nouveau président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a nommé lundi un Premier ministre près de quatre mois après son investiture, l'ex-ministre Sylvestre Ilunga Ilukamba, a annoncé le porte-parole du président, Kasongo Mwema Yamba Yamba.

Actuel directeur général de la Société national des chemins de fer (SNCC), M. Ilunga Ilukamba a été nommé en vertu de l'accord politique entre M. Tshisekedi et son prédécesseur, Joseph Kabila, a-t-il été précisé.

Ce professeur en sciences économiques appliquées, a été présenté lors de sa nomination à la présidence de la RDC.

Il a promis de tout faire pour faire fonctionner harmonieusement la coalition au niveau du gouvernement et contribuer à l’amélioration de la vie de nos concitoyens en toute transparence.

Le chef d'état-major appelle au respect du calendrier pour la présidentielle de juillet

Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian (à gauche), s'est entretenu avec le chef d'état-major algérien Ahmed Gaid Salah à son arrivée à l'aéroport international Houari-Boumediene d'Alger, le 20 mai 2014.

Le chef d'état-major de l'armée, de facto homme fort de l'Algérie, a appelé lundi au respect du calendrier de la présidentielle prévue le 4 juillet pour élire un successeur à Abdelaziz Bouteflika, massivement rejeté par la rue.

"La tenue de l'élection présidentielle permettra d'éviter de tomber dans le piège du vide constitutionnel et de tout ce qui s'en suivra comme dangers et dérapages aux conséquences désastreuses", a estimé le général Ahmed Gaïd Salah, selon le texte d'un discours prononcé lors d'une visite sur le terrain et reçu par l'AFP.

Le général Gaïd Salah a appelé à "accélérer la création et l'installation de l'instance indépendante pour l'organisation et la supervision" du scrutin qui mettra "un terme" aux agissements de "tous ceux qui tentent de faire perdurer cette crise", née de la volonté acharnée du président Bouteflika et de son entourage de briguer un 5e mandat.

Après avoir renoncé à briguer un nouveau mandat après 20 ans à la tête de l'Etat, M. Bouteflika, sous les pressions conjuguées de la rue et de l'armée, a finalement démissionné le 2 avril, laissant l'intérim, conformément à la Constitution, au président de la Chambre haute, Abdelkader Bensalah, qui a convoqué une présidentielle pour le 4 juillet.

Replacée au centre du jeu politique, l'armée exige depuis le respect de ces délais constitutionnels alors que le mouvement de contestation exige le départ de l'ensemble des acteurs du "système", dont M. Bensalah, mais aussi le général Gaïd Salah, et la mise en place d'institutions de transition ad hoc pour réformer le pays.

Un temps vu comme un allié de la contestation pour le rôle décisif joué dans le départ de M. Bouteflika, après en avoir été un soutien indéfectible durant 15 ans, le général Gaïd Salah est depuis plusieurs semaines la cible des manifestants pour son refus de sortir du cadre de la Constitution.

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