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La Russie dénonce une "guerre économique" lancée par Washington

Le Premier ministre Dmitri Medvedev lors d'une réunion à Hanoi, Vietnam, le 7 novembre 2012.

La Russie a dénoncé une "guerre économique" lancée par Washington où Donald Trump a promulgué mercredi de nouvelles sanctions contre Moscou, signe de "la faiblesse totale" du président américain selon le Premier ministre russe Dmitri Medvedev.

Ces sanctions voulues par le Congrès américain constituent "une déclaration de guerre économique totale contre la Russie" et marquent "la fin des espoirs russes pour une amélioration des relations avec la nouvelle administration américaine", a affirmé M. Medvedev sur sa page Facebook mercredi soir.

Selon lui, "l'administration Trump a montré sa faiblesse totale en cédant le pouvoir exécutif au Congrès de la manière la plus humiliante".

Même son de cloche dans la presse russe, le quotidien populaire Komsomolskaïa pravda estimant qu'"il ne s'agit plus des sanctions, mais de savoir qui est le vrai maître de la maison à Washington".

"L'amélioration des relations avec la Russie devient désormais une question devie et de mort pour le 45e président américain. S'il n'arrive pas à dire +non+ à l'opposition maintenant, le prochain projet de loi pourrait être une motion de défiance à son propre égard", assure le journal.

Donald Trump a promulgué mercredi les nouvelles sanctions économiques contre la Russie voulues par le Congrès, tout en prenant ses distances avec ce texte "très imparfait" qui contrecarre sa volonté d'améliorer les relations avec Moscou.

Les élus américains ont adopté ces sanctions la semaine dernière à une majorité écrasante et Donald Trump a donc décidé de ne pas y opposer son veto, car le Congrès, quasi-unanime sur le sujet, aurait pu facilement passer outre.

"En limitant la marge de manoeuvre de l'exécutif, cette loi entrave la capacité des Etats-Unis à conclure de bons accords pour le peuple américain et va rapprocher la Chine, la Russie et la Corée du Nord", a-t-il estimé au sujet d'un mécanisme inédit introduit par les parlementaires, qui se sont arrogé le droit de s'interposer si jamais il décidait de suspendre des sanctions existantes contre Moscou.

"Malgré ces problèmes, je promulgue cette loi au nom de l'unité nationale", a-t-il ajouté.

Mesure "dangereuse"

Les nouvelles sanctions, qui frappent notamment le secteur énergétique russe, visent à punir Moscou après les accusations d'ingérence dans l'élection présidentielle américaine, ainsi que pour l'annexion de la Crimée et son attitude en Ukraine. Le texte sanctionne aussi l'Iran et la Corée du Nord.

La Russie, qui n'avait pas attendu la signature du président américain pour riposter, a dénoncé une mesure "dangereuse qui risque de miner la stabilité" dans le monde et n'a pas exclu "d'autres mesures de rétorsion".

L'Iran, également visé par les sanctions, a affirmé que l'accord nucléaire avait été "violé" et prévenu qu'il allait "réagir en conséquence de manière appropriée".

Le Kremlin a pour sa part assuré que cette promulgation "ne change rien" pour Moscou, en rappelant que la Russie "avait déjà pris des mesures de rétorsion".

En effet, dès vendredi, sans attendre la signature de Donald Trump, Moscou avait annoncé une réduction draconienne de la présence diplomatique américaine sur son territoire: Washington devra diminuer à partir du 1er septembre des deux tiers le personnel de son ambassade et de ses consulats.

L'élection à la Maison Blanche du magnat de l'immobilier avait laissé entrevoir une possible amélioration des relations entre Washington et Moscou, qui ne s'est toutefois pas concrétisée, sur fond d'accusations d'ingérence russe dans l'élection présidentielle américaine et de soupçons de collusion entre l'équipe du candidat Trump et la Russie.

"Les relations sont au plus bas depuis la fin de la Guerre froide, et peuvent encore se détériorer", a répété mardi le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson, qui doit rencontrer son homologue russe Sergueï Lavrov en tête-à-tête au cours du weekend en marge d'une réunion à Manille.

"Nous espérons qu'il y aura une coopération entre nos deux pays sur les principaux dossiers internationaux, de manière à ce que ces sanctions ne soient plus nécessaires", a déclaré le président Trump dans son communiqué.

Il s'est aussi attaché à rassurer ses alliés européens, qui craignent pour leur approvisionnement en gaz russe et dénoncent une action unilatérale.

"La nouvelle formulation prend en compte les remarques de nos alliés européens, qui ont été des partenaires résolus en matière de sanctions contre la Russie", a assuré Donald Trump.

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker s'est dit "globalement satisfait" de cet assouplissement, mais a promis de "riposter" rapidement si les sanctions "devaient dans la pratique léser des entreprises européennes".

Avec AFP

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Le groupe État islamique revendique les attentats de Pâques au Sri Lanka

Enterrement d'une victime des attentats-suicides dans un cimetière près de l'église Saint-Sébastien à Negombo, au Sri Lanka, le 23 avril 2019.

Le groupe jihadiste État islamique (EI) a revendiqué mardi les attaques suicides contre des églises et hôtels de luxe qui ont fait plus de 320 morts et 500 blessés le dimanche de Pâques au Sri Lanka, attentats parmi les plus meurtriers depuis le 11 septembre 2001.

"Les auteurs des attaques ayant visé des ressortissants des pays de la Coalition (anti-EI) et les chrétiens au Sri Lanka avant-hier sont des combattants de l'EI", a annoncé l'organisation jihadiste sur son agence de propagande Amaq.

Des kamikazes ont provoqué un carnage le dimanche de Pâques dans trois hôtels de luxe et trois églises, en pleine messe, à Colombo et ailleurs dans le pays. Les autorités ont attribué le bain de sang au mouvement islamiste local National Thowheeth Jama'ath (NTJ), qui ne l'a pas revendiqué, et cherchent à savoir s'il a bénéficié d'un soutien logistique international.

Les éléments de l'enquête dont l'AFP a eu connaissance mardi permettent d'éclaircir la chronologie et les circonstances de ces Pâques sanglantes.

Sur les huit explosions de bombes au total ce jour-là, les six premières, en début de matinée, sont des attentats suicides contre trois églises et trois hôtels de luxe, le Cinnamon Grand Hotel, le Shangri-La et le Kingsbury. Deux explosions ultérieures, survenues en début d'après-midi à Colombo, sont le fait de suspects qui se sont donné la mort pour échapper à l'arrestation.

Deux frères sri-lankais musulmans, figurant parmi les kamikazes, ont joué un rôle-clé dans ce déchaînement de violence, au cours duquel un autre attentat suicide a échoué dans un quatrième hôtel de luxe à Colombo, ont révélé mardi des sources proches de l'enquête.

Selon les policiers, ces deux frères, d'une vingtaine d'années et dont les noms n'ont pas été révélés, opéraient une "cellule terroriste" familiale et jouaient un rôle-clé au sein du NTJ. Les enquêteurs ignorent toutefois encore si les attaques sont le fait de cette seule "cellule", ou d'équipes séparées mais coordonnées.

Un quatrième hôtel de luxe de la capitale sri-lankaise, adjacent aux trois frappés, figurait sur la liste des objectifs du dimanche de Pâques. Pour une raison inconnue, le sac à dos rempli d'explosifs du kamikaze chargé de cette cible n'a pas explosé et il a pris la fuite, ont indiqué des sources policières à l'AFP.

Cerné par les forces de l'ordre quelques heures plus tard dans la banlieue sud de Dehiwala, le suspect s'est alors fait exploser, causant la mort de deux passants. À peu près au même moment, dans le nord de la ville, à Orugodawatta, la femme d'un des frères kamikazes a actionné des explosifs lorsque les forces de l'ordre sont arrivées à leur résidence familiale, tuant avec elle-même ses deux enfants et trois policiers.

- Larmes et deuil -

Le Sri Lanka a rendu mardi un hommage poignant aux 321 morts des attentats, selon un nouveau bilan. Parmi les tués figurent au moins 39 étrangers - dont une personne de nationalité française, selon Colombo - et 45 enfants et adolescents.

L'île de 21 millions d'habitants est restée silencieuse durant trois minutes à 08H30 locales (03H00 GMT), heure de la première explosion d'un kamikaze deux jours auparavant, à l'église catholique Saint-Antoine de Colombo.

Des Sri-Lankais laissaient libre cours à leur douleur mardi lors de messes en hommage aux morts de ces attentats, les pires violences qu'ait connu le pays depuis, il y a dix ans, la fin de la guerre civile entre la majorité cinghalaise et la rébellion indépendantiste tamoule.

Anéantis, des proches de victimes s'effondraient dans les bras de leurs voisins.

"Nous n'avons pas ressenti une telle tristesse depuis la guerre", a assuré Rashmi Fernando, une femme de 36 ans, qui participait à l'une de ces cérémonies.

Le gouvernement a décrété une journée de deuil national. Les magasins vendant de l'alcool sont fermés, les drapeaux sont en berne et les radios et télévisions doivent adapter leur programmation musicale.

À l'église Saint-Antoine, des dizaines de personnes ont prié en silence, des bougies à la main, certaines retenant à grand peine leurs larmes. À l'issue des trois minutes de silence, la foule a entamé une prière à voix haute.

À une trentaine de kilomètres plus au nord, dans la localité de Negombo, une messe commémorative a eu lieu à l'église Saint-Sébastien, autre lieu d'un attentat suicide. Des cercueils étaient portés à tour de rôle sur des tables, devant des proches secoués de sanglots.

"Il y a tant de corps que nous ne pouvons pas les présenter tous en même temps", a expliqué à l'AFP Anthony Jayakody, évêque auxiliaire de Colombo qui célébrait la messe.

- Rivalités au sommet de l'État -

Les premiers éléments de l'enquête montrent que ces attentats ont été commis en représailles au récent massacre des mosquées de Christchurch en Nouvelle-Zélande (50 morts), a annoncé mardi le vice-ministre sri-lankais de la Défense Ruwan Wijewardene.

L'organisation NTJ avait fait il y a dix jours l'objet d'une alerte diffusée aux services de police, selon laquelle elle préparait des attentats suicides contre des églises et l'ambassade d'Inde à Colombo.

D'après le porte-parole du gouvernement, cette alerte n'avait pas été transmise au Premier ministre Ranil Wickremesinghe ou à d'autres ministres de haut rang. Un élément qui pourrait relancer la crise au sommet de l'État sri-lankais.

La police est en effet de la juridiction du président Maithripala Sirisena, en conflit ouvert avec son chef de gouvernement. Il l'avait limogé à l'automne mais avait été forcé de le réinvestir après sept semaines de chaos politique. Les deux têtes de l'exécutif se vouent une animosité réciproque.

Environ 1,2 million de catholiques vivent au Sri Lanka, un pays majoritairement bouddhiste (70%) qui compte aussi 12% d'hindous et 10% de musulmans.

Les ambassades étrangères au Sri Lanka ont recommandé à leurs ressortissants d'éviter tout déplacement non impératif. Les États-Unis ont, dans leurs conseils aux voyageurs, évoqué la possibilité de nouvelles attaques.

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