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La route des Balkans fermée aux migrants, la pression monte en Grèce

Réfugiés et migrants marchent pour atteindre la frontière de la Macédoine, à proximité du village grec d’Idomeni, dans le nord, le mardi 23 février 2016. (AP Photo / Petros Giannakouris)

La route des Balkans s'est fermée mercredi après la décision de la Slovénie de ne plus laisser passer de réfugiés par son territoire, une mesure destinée à décourager de nouveaux migrants de prendre la route de l'Europe mais qui accentue le risque de crise humanitaire en Grèce.

"La route (des Balkans) pour l'immigration clandestine n'existe plus", s'est félicité le Premier ministre slovène Miro Cerar, dont le pays a fermé dans la nuit ses frontières aux migrants sans visa, aussitôt imité par la Croatie, la Serbie et la Macédoine.

Sauf exceptions "humanitaires", seuls sont désormais autorisés à entrer en Slovénie les migrants désirant demander l'asile dans ce pays, une infime minorité parmi les quelque 850.000 personnes qui ont débarqué sur les îles grecques l'an passé, depuis les côtes Turques, pour rejoindre le nord de l'Europe, principalement l'Allemagne.

Lundi, après des tractations laborieuses à Bruxelles, les pays membres de l'Union européenne n'avaient pas voulu décréter officiellement la fermeture de cette route où, depuis l'été, s'était de fait mis en place un corridor "humanitaire" laissant passer les candidats à l'asile.

La décision de Ljubljana augmente un peu plus la pression sur l'Union européenne et la Turquie pour finaliser un accord destiné à juguler le flux de réfugiés traversant la mer Egée pour arriver en Grèce.

Le volet le plus spectaculaire de cette ébauche d'accord, contesté par les ONG et qui ne fait pas l'unanimité parmi les 28, verrait la Turquie accepter la réadmission sur son territoire de tous les migrants arrivés clandestinement en Grèce, y compris les Syriens qui fuient la guerre dans leur pays. En échange, les Européens s'engageraient, pour chaque Syrien renvoyé, à transférer un réfugié Syrien depuis la Turquie vers le territoire de l'UE.

Le gouvernement autrichien s'est félicité de l'initiative slovène, estimant qu'elle dissuaderait dans un proche avenir davantage de migrants de prendre la route de l'exil en Europe.

"On retire aux gens l'incitation à se rendre en Europe. C'est la fin du laisser-passer, qui a attiré un nombre toujours plus important de migrants", a estimé le chef de la diplomatie autrichienne, Sebastian Kurz, à la télévision publique.

"La politique d'+invitation+ a donné de faux espoirs aux gens et explique qu'aujourd'hui des gens soient coincés en Grèce", a ajouté le ministre, dans une allusion à l'annonce par la chancelière allemande Angela Merkel l'été dernier que son pays accepterait massivement les réfugiés syriens.

- La Grèce 'sous pression' -

Dans l'immédiat, la fermeture de la route des Balkans accroît le risque de crise humanitaire en Grèce, où plus de 36.000 migrants sont bloqués, dont environ 13.000 à Idomeni, à la frontière macédonienne, dans des conditions exécrables.

De fait, après des restrictions en série imposées ces dernières semaines aux frontières de cette route balkanique, de la Macédoine à l'Autriche, le nombre de migrants admis s'était réduit déjà à peau de chagrin.

"La Grèce est sous pression", a reconnu M. Cerar. "Elle n'a jusqu'à présent pas rempli ses engagements, ou presque pas. Maintenant, la Grèce doit agir, et nous allons tous l'y aider", a-t-il estimé.

L'Union européenne a décidé la semaine dernière d'allouer 700 millions d'euros à ses Etats membres, notamment la Grèce, pour faire face à l'afflux de migrants.

Les autorités grecques vont maintenant tenter de "convaincre les réfugiés bloqués sur son territoire de rejoindre temporairement des centres d'accueil à travers le pays", a indiqué à l'AFP une source gouvernementale.

Les dirigeants européens doivent étudier et finaliser le plan d'action avec la Turquie pour les réfugiés d'ici un prochain sommet prévu les 17 et 18 mars dans la capitale belge.

Mardi, les premiers ministres turc Ahmet Davutoglu et grec Alexis Tsipras ont affiché leur "approche commune" dans ce dossier.

Le Conseil européen et la Commission européenne doivent présenter mercredi matin au Parlement européen les résultats du sommet UE-Turquie.

Le président du Conseil européen Donald Tusk y a vu un net progrès. "Le temps des migrations irrégulières en Europe est révolu", s'est-il félicité.

Mais le Haut-commissaire aux réfugiés de l'ONU, Filippo Grandi, s'est dit "profondément préoccupé par tout arrangement qui impliquerait le retour indiscriminé de gens d'un pays à un autre".

La Turquie a promis d'accélérer la mise en œuvre d'un accord de "réadmission" datant de 2002, qui prévoyait qu'elle reprenne à partir de juin les migrants "économiques" pour les expulser vers leurs pays d'origine.

A Bruxelles, Ankara a aussi exigé le doublement de 3 à 6 milliards d'euros de l'aide promise par l'Europe pour l'accueil des 2,7 millions de Syriens déjà sur son sol.

Avec AFP

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Le président Marcelo Rebelo de Sousa réélu au Portugal

Le président du Portugal, Marcelo Rebelo de Sousa, au Palais de l'Elysée, en France, le 14 juillet 2019.

Sans surprise, les Portugais ont reconduit dimanche leur président, le conservateur modéré Marcelo Rebelo de Sousa, à l'issue d'un scrutin réalisé en pleine tourmente sanitaire et marqué par une importante percée de l'extrême droite.

L'actuel chef de l'Etat, un ancien professeur de droit de 72 ans, devenu célèbre en tant que commentateur politique à la télévision, a obtenu 60,7% des voix, selon des résultats partiels portant sur la quasi-totalité des circonscriptions.

Dans son discours de victoire, il a promis de faire de la lutte contre la pandémie sa "première priorité", en remerciant les électeurs pour leur "confiance renouvelée dans des conditions tellement plus difficiles" que celles d'il y a cinq ans, lors de sa première élection.

Avec 13% des suffrages, l'ex-eurodéputée socialiste Ana Gomes est arrivée en deuxième position, devançant in extremis le candidat d'extrême droite André Ventura, qui a engrangé 11,9% des voix.

Grâce à ce résultat, le fondateur du parti antisystème "Chega" ("ça suffit") confirme l'assise de la droite populiste dans un pays qui a connu une longue dictature fasciste, mais semblait jusqu'ici passer à côté d'une mouvance qui a fait des émules ailleurs dans le monde.

Ce juriste de 38 ans avait d'abord créé la surprise en entrant au Parlement lors des élections législatives de fin 2019, avec un score de 1,3%, soit près de 70.000 voix.

"Progression de l'ultra-droite"

"Pour la première fois, un parti ouvertement antisytème a rompu le champ de la droite traditionnelle, avec près d'un demi-million de voix", s'est félicité dimanche cet allié de la Française Marine Le Pen et de l'Italien Matteo Salvini.

Il n'a toutefois pas atteint l'objectif qu'il s'était fixé de battre la socialiste Ana Gomes, qui a fait campagne sans le soutien de son parti, ni du Premier ministre Antonio Costa qui le dirige, en promettant de faire barrage à M. Ventura.

"Si je n'avais pas été candidate, nous aurions encore plus à regretter la progression de l'ultra-droite", a affirmé cette ancienne diplomate et militante anticorruption âgée de 66 ans.

Le taux d'abstention s'est élevé à 60,6%, un record historique pour une élection présidentielle depuis l'avènement de la démocratie, en 1974.

Le président du Portugal Marcelo Rebelo de Sousa (à dr.) et son homologue angolais Joao Lourenco se serrent la main à l'issue d'une conférence de presse commune au palais présidentiel de Belém à Lisbonne, jeudi 22 novembre 2018.
Le président du Portugal Marcelo Rebelo de Sousa (à dr.) et son homologue angolais Joao Lourenco se serrent la main à l'issue d'une conférence de presse commune au palais présidentiel de Belém à Lisbonne, jeudi 22 novembre 2018.

Mais candidats et analystes redoutaient une participation encore plus faible en raison de l'explosion des cas de coronavirus que connaît actuellement le Portugal, dont les dix millions d'habitants sont soumis depuis une dizaine de jours à un deuxième confinement général.

Selon les données collectées par l'AFP, c'est le pays au monde ayant signalé au cours des deux dernières semaines le plus grand nombre de contagions et de décès par Covid-19 en rapport avec sa population, dépassé seulement par l'enclave britannique de Gibraltar.

Files d'attentes

Après les commerces et les restaurants, le gouvernement s'est résolu à fermer les écoles vendredi, tandis qu'un nouveau record de décès quotidiens a encore été battu dimanche, portant le bilan total depuis le début de la pandémie à près de 10.500 morts.

Toute la journée, de nombreux électeurs ont dû faire de longues files d'attente devant les bureaux de vote, en se tenant à distance avant de pouvoir y entrer un par un.

"Même si c'est important de venir voter alors qu'on est en confinement, cela n'a aucun sens de sortir de la maison et de se regrouper avec des milliers de personnes", a regretté Luis Araujo, un électeur qui a voté dans un école de Lisbonne.

En fin de campagne, le président sortant avait demandé aux électeurs de se mobiliser pour éviter un second tour et "épargner aux Portugais le prolongement de l'élection pendant trois semaines cruciales" pour freiner l'épidémie.

Au cours de son premier mandat, Marcelo Rebelo de Sousa a cohabité sans accroc majeur avec le gouvernement socialiste minoritaire d'Antonio Costa.

Au Portugal, le chef de l'Etat n'a aucun pouvoir exécutif mais joue un rôle d'arbitre en cas de crise politique, et il peut dissoudre le Parlement pour convoquer des élections législatives anticipées.

"Les agents de la santé qui refusent de se faire vacciner posent un risque"

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370 personnes secourues par un navire humanitaire

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Venezuela: Maduro demande à Biden de "tourner la page"

Venezuelan President Nicolás Maduro removes his mask as he prepares to speak about his annual report to the nation before legislators in the National Assembly, Caracas, Jan. 12, 2021.

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a appelé samedi son nouvel homologue américain Joe Biden à "tourner la page", se déclarant prêt à ouvrir "une nouvelle voie" dans les relations diplomatiques rompues il y a deux ans entre Caracas et Washington.

"Nous sommes prêts à suivre une nouvelle voie dans nos relations avec le gouvernement de Joe Biden, sur la base du respect mutuel, du dialogue, de la communication et de la compréhension", a déclaré M. Maduro dans un discours adressé à ses partisans.

"Le Venezuela, ce Venezuela du XXIe siècle, bolivarien et révolutionnaire, est prêt à tourner la page" des querelles diplomatiques avec l'administration de Donald Trump qui a imposé de multiples sanctions économiques au Venezuela, dont un embargo sur le pétrole depuis 2019, première ressource du pays, afin de renverser le régime socialiste de M. Maduro qualifié de "dictateur".

Les Etats-Unis avaient également reconnu, comme plus de 50 pays dans le monde, l'opposant Juan Guaido. Celui-ci s'était autoproclamé président par intérim du Venezuela le 23 janvier 2019 et avait accusé M. Maduro d'avoir "frauduleusement" remporté l'élection présidentielle de 2018, boycottée par l'opposition.

"Il y a deux ans, j'ai dû réagir avec force et dignité et, d'ici même, j'ai procédé en tant que chef de l'Etat à la rupture de toutes les relations politiques et diplomatiques avec le gouvernement américain de l'époque", a poursuivi M. Maduro depuis le balcon du palais présidentiel de Miraflores. "Trump est parti!", s'est-il félicité.

Dès la victoire de Joe Biden à la présidentielle américaine en novembre, Nicolas Maduro l'avait félicité et s'était dit "prêt au dialogue et à la bonne entente avec le peuple et le gouvernement des Etats-Unis". Des appels réitérés en décembre.

- Soutien américain à Guaido -

Antony Blinken, désigné par Joe Biden pour être son secrétaire d'Etat, a toutefois déclaré que la Maison Blanche continuerait à reconnaître Juan Guaido. Le futur chef de la diplomatie américaine a par ailleurs qualifié M. Maduro de "dictateur brutal".

Ce soutien renouvelé au chef de l'opposition vénézuélienne est intervenu malgré la nouvelle majorité chaviste au Parlement, issue des élections du 6 décembre boycottées par l'opposition, qui les dit frauduleuses. Elles n'ont pas été reconnues par les Etats-Unis, l'Union européenne ni plusieurs plusieurs pays d'Amérique latine.

Même si un allègement des sanctions ne semble pas à l'ordre du jour, les analystes estiment que l'administration Biden se montrera sans doute plus modérée que la précédente et qu'elle plaidera en faveur d'une médiation internationale en vue d'une transition progressive du pouvoir au Venezuela.

Juan Guaido, de son côté, défend la continuité de l'ancien Parlement d'opposition et, avec elle, de sa position de chef du congrès, dont il a revendiqué la présidence par intérim.

Le président de la nouvelle Assemblée nationale, Jorge Rodriguez, a répété samedi les accusations de corruption à l'encontre de Juan Guaido, sur la base de plaintes publiées par le quotidien américain Washington Post concernant des irrégularités présumées liées à des fonds et des actifs du Venezuela d'un total de 40 milliards de dollars bloqués à l'étranger.

Selon l'ONU, plus de cinq millions de Vénézuéliens ont quitté leur pays depuis 2015 pour fuir la grave crise politique et économique que traverse le pays avec une inflation incontrôlée de +4.000% sur un an.

Décès de Larry King, célèbre journaliste américain

Larry King à la soirée d'ouverture de la série de films "Champion" à Los Angeles, Californie, États-Unis, le 9 août 2013.

Le célèbre journaliste et animateur de télévision américain Larry King est mort à 87 ans, a annoncé samedi sa compagnie, Ora Media.

"Avec une profonde tristesse, Ora Media annonce le décès de notre cofondateur et ami Larry King, qui est mort à l'âge de 87 ans au centre médical Cedars-Sinai à Los Angeles", peut-on lire dans un communiqué de la compagnie publié sur le compte Twitter officiel de cette figure légendaire de la télévision américaine.

La mort de M. King a également été confirmée par son fils, Chance, samedi matin, selon la chaîne CNN, où il avait animé l'émission "Larry King Live" pendant plus de 25 ans.

Début janvier, M. King avait été hospitalisé à cause de la maladie covid-19, a ajouté la chaîne.

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