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Un référendum sera organisé pour réformer la Constitution au Togo


Manifestants posant avec une pancarte sur laquelle est écrit "retour à la constitution de 92, vote de la diaspora, 50 ans ça suffit!", à Lomé, le 6 septembre 2017. (VOA/Kayi Lawson)

L'opposition togolaise ayant boycotté le vote parlementaire de la révision constitutionnelle, le texte proposé par le gouvernement n'a remporté que deux tiers des voix et non les quatre-cinquième requis, le renvoyant de facto à un vote par référendum.

Les Togolais seront bientôt convoqués pour un référendum. Le projet de loi envoyé par le gouvernement, portant révision de la Constitution, a été adopté mardi 19 septembre, par la majorité parlementaire en l’absence des députés de l’opposition.

Selon l'article 144 de la Constitution, le projet de révision constitutionnelle est considéré comme adopté, s'il est voté à la majorité des 4/5e des députés(...)", a déclaré Dama Dramani, président de l'Assemblée, en clôturant la séance.

"A défaut de cette majorité, le projet de loi, adopté à la majorité des 2/3 des députés composant l'Assemblée nationale est soumis au referendum", a-t-il souligné, ajoutant que "la parole sera donc donnée au peuple pour confirmer ce vote".

Atchadam Tikpi, Lomé, Togo, le 25 aout 2017 (VOA/Kayi Lawson)
Atchadam Tikpi, Lomé, Togo, le 25 aout 2017 (VOA/Kayi Lawson)

Dans une réaction à la prochaine consultation référendaire, le président du PNP, Atchadam Tikpi, a indiqué à VOA Afrique que les Togolais ne sont pas prêts pour aller au référendum pour que ce vote connaisse le même sort que celui des élections antérieures.

"Au Togo, ce ne sont pas ceux qui gagnent les élections qui gouvernent", a-t-il déclaré.

Le projet de loi envoyé par le gouvernement porte sur trois articles (52, 59 et 60) relatifs au mode de scrutin et à la limitation des mandats.

Dimanche, la Conférence des évêques du Togo a appelé au retour de la constitution de 1992, pour soutient-elle préserver la paix et la cohésion sociale.

Pour rappel, vendredi lors de l’étude du projet à la commission des lois, les députés de l’opposition ont fait 47 amendements pour le retour à la constitution originelle de 1992, qui stipule "en aucun cas, nul ne faire plus de deux mandats".

Des amendements rejetés en bloc, a déclaré Isabelle Amégavi, présidente du groupe parlementaire ANC-ADDI (opposition).

Dès demain, des manifestations de rue sont annoncées, aussi bien du côté de l’opposition que de celui du parti au pouvoir.

Les 6 et 7 septembre, des centaines de milliers de personnes étaient descendues dans les rues de Lomé et d'autres villes à l'appel de l'opposition.

Le président Gnassingbé a succédé en 2005 à son père, Gnassingbé Eyadéma, qui est resté près de 40 ans au pouvoir, avec l'appui de l'armée et en modifiant la Constitution.

De violentes manifestations et une féroce répression avaient suivi. Il a été réélu en 2010 et en 2015, lors de scrutins très contestés.

Kayi Kawson, correspondante à Lomé

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