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La médecine esthétique en pleine croissance


Chirurgiens utilisant le robot da Vinci à l'hôpital universitaire de Genève en Suisse le 13 novembre 2008.

La médecine esthétique ne connaît pas la crise, tirée par la demande asiatique et des techniques plus abordables, selon les professionnels réunis en congrès à Paris.

L'an dernier, le marché de la médecine et de la chirurgie esthétiques a progressé de 8,3% pour atteindre 9,1 milliards de dollars, en dépit d'un "environnement économique difficile", selon une étude publiée vendredi.

Cette croissance devrait se maintenir jusqu'en 2020, permettant au secteur d'atteindre 12,7 milliards de dollars, ajoute l'étude, réalisée à l'occasion de l'IMCAS (International Master Course on Aging Skin).

"Cela devient beaucoup plus accepté socialement de faire une intervention pour se sentir mieux, avoir une meilleure apparence", avance Nolan Karp, chirurgien à New York et membre du conseil d'administration de l'American Society for Aesthetic Plastic Surgery (ASAPS).

La demande grimpe surtout en Asie, où les classes moyennes se développent et où le désir d'afficher des traits "occidentaux" ne faiblit pas.

La zone Asie-Pacifique - 22% du marché aujourd'hui - devrait croître de 12% par an en moyenne et dépasser le poids de l'Europe en 2020, avec un quart du marché, contre 23% pour le Vieux continent.

La Corée du Sud est déjà le troisième marché mondial, derrière les Etats-Unis et le Brésil, avec 1,2 million d'interventions en 2015, selon l'International Society of Aesthetic Plastic Surgery (ISAPS).

Si l'augmentation mammaire et la liposuccion sont les opérations les plus populaires sur le continent américain et dans une bonne partie de l'Europe, en Corée comme dans le reste de l'Asie, la chirurgie des paupières ("débridage" des yeux), la rhinoplastie et le remodelage des pommettes et du menton tiennent le haut du pavé.

- Les machines remplacent le bistouri -

La croissance du secteur est aussi tirée par les interventions non-chirurgicales, sans anesthésie générale, plus rapides et avec moins de risques de complications.

Les chirurgiens ont dû s'adapter: "aujourd'hui, 80% de mon activité est non chirurgicale", contre seulement 10% il y a dix ans, explique Benjamin Ascher, chirugien plastique à Paris et directeur scientifique de l'IMCAS.

Le remodelage corporel (injections ciblées de graisse, notamment) et les injections de toxines (type Botox) et d'acide hyaluronique (AH) sont "les segments de marché les plus dynamiques", selon l'IMCAS.

Les injections de toxines et d'AH, utilisées principalement pour "rajeunir" l'aspect du visage, représentent à elles seules plus du tiers du secteur (38%).

Les "machines" qui traitent, soit par la chaleur (lasers et autres rayons), soit par le froid (cryolipolyse pour éliminer les cellules graisseuses), "arrivent juste après en termes de tendances", souligne le Dr Ascher.

La robotique fait aussi son entrée, en particulier dans la reconstruction mammaire après une ablation du sein.

L'Institut Gustave-Roussy, à Villejuif (Val-de-Marne) teste ainsi la dernière version du robot Da Vinci, constitué d'une mini caméra et de quatre bras articulés, déjà autorisé pour d'autres interventions mais pas encore celle du sein.

Guidé par le chirurgien, il permet une incision plus petite, une cicatrice "moins visible", sur le côté du thorax et non sur la poitrine, "plus de précision dans le geste", mais aussi "moins de problèmes d'infections et de douleurs" après l'opération, a assuré Nicolas Leymarie, chirurgien-plasticien à Gustave-Roussy.

Pour les greffes capillaires, les robots sont utilisés en mode automatique pour prélever les follicules capillaires un à un, de façon très précise, avant que le chirurgien n'intervienne pour les réimplanter.

Cette technologie s'adresse plus particulièrement aux hommes, clientèle qui pèse déjà 15% du marché de la médecine et de la chirurgie esthétique.

Hormis l'amélioration de la technique des implants, une nouvelle molécule donne des résultats prometteurs pour doper la pousse des cheveux, selon le Dr Bernard Mole, chirurgien esthétique à Paris qui souligne le "potentiel énorme de ce marché". Le traitement reste toutefois cher et prend du temps.

Avec Afp

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