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La lutte sénégalaise, entre pay-per-view et MMA


Des lutteurs se couvrent de sable alors qu'ils se préparent à commencer leur programme d'entraînement à Petit Mbao, au Sénégal, le 29 mars 2021.
Des lutteurs se couvrent de sable alors qu'ils se préparent à commencer leur programme d'entraînement à Petit Mbao, au Sénégal, le 29 mars 2021.

La lutte sénégalaise cherche désormais son public à Barcelone et à New York en se projetant en "live" grâce au pay-per-view. Les lutteurs eux se rêvent en stars planétaires, attirés par les "arts martiaux mixtes" (MMA).

Sport national au Sénégal, la lutte encore appelée "lamb" est en train de se réinventer. L’érosion des sponsors avec l’augmentation concomitante des cachets des lutteurs contraint les promoteurs à envisager une stratégie plus large, qui va au-delà du Sénégal. D’autant que la discipline suscite toujours autant d’engouement.

Le système du pay-per-view (PPV) ou paiement à la carte a ainsi été introduit à destination du public pour la première fois le 31 mars 2018, à l’occasion du combat Balla Gaye 2 à Gris Bordeaux. Il s’agissait d’accéder à la retransmission de la rencontre via sa tablette ou son téléphone portable contre l’achat préalable d’un pass de 1500 FCFA.

La révolution du pay-per-view

L’expérience proposée par le promoteur Luc Nicolaï a rencontré un succès mitigé. Elle a notamment été marquée par des ratés de diffusion, des piratages de la plateforme dédiée au PPV ou encore le partage du même accès entre plusieurs internautes.

Ces débuts difficiles du PPV dans la lutte sénégalaise ont toutefois fourni quelques signes d’encouragement pour la suite. Malgré quelques oppositions, l’offre tend désormais à se populariser avec son adoption à la fois par le public local mais aussi celui de la diaspora.

Gaston Mbengue, surnommé le Don King de la lutte au Sénégal, promoteur du grand combat Bombardier-Eumeu Sène du 27 mars 2022, reconnaît ainsi que la vente de tickets électroniques par PPV a rapporté plus de 100 millions FCFA de recettes. "En ce qui me concerne, j’estime que le PPV est une bonne chose. Ça permet aux lutteurs de gagner beaucoup plus d’argent", abonde Balla Gaye II, actuel détenteur du titre de roi des arènes.

L’attraction du MMA

Les arts martiaux mixtes (MMA en anglais), pourtant bien différents du "lamb" sénégalais, attirent les lutteurs pour sa promesse de revenus plus importants ainsi que par sa notoriété internationale.

De Siteu à Reug Reug, sans oublier l’incontournable Bombardier, toutes les célébrités de la lutte avec frappe rêvent d’une carrière au sein de cette discipline qui combine à la fois la boxe classique, le karaté, le jiu-jitsu, etc., et ce depuis son premier gala organisé à Dakar le 14 décembre 2019.

Reug Reug a notamment marqué les esprits par sa victoire par KO technique au deuxième round contre le Russe Batradz Gazzaev chez les poids lourds le 29 septembre 2022 à Singapour. Cinq jours plus tôt, Bombardier s’illustrait en terrassant le champion brésilien Zuluzinho.

Ces deux lutteurs visent désormais à figurer dans le top 10 du MMA africain, aux côtés des Nigérians Israel Adesanya et Kamaru Usman, et du Camerounais Francis Ngannou.

D’ores et déjà, la très populaire lutte sénégalaise semble construire son avenir sur le chemin tout à fait inattendu du pay-per-view et du MMA.

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