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"La lutte contre le terrorisme et l'extrémisme", principal objectif des Etats-Unis au Mali selon l'ambassadeur Hankins

Dennis B Hankins au bureau de VOA Afrique à Bamako, le 23 août 2019. (VOA/Kassim Traoré)

A l'issue, vendredi, d'une visite au bureau de VOA Afrique à Bamako, l'ambassadeur des Etats-Unis au Mali, Dennis B. Hankins a parlé de la situation dans le centre du pays, l'apport des USA et de la mission des Nations Unies au Mali, la MINUSMA.

VOA Afrique : Les Etats-Unis sont l’un des principaux partenaires techniques et financiers du Mali. Pouvez-vous nous parler de vos efforts dans la résolution de la crise dans le centre du pays ?

Dennis B. Hankins : J'ai tendance à dire que presque toutes les activités des Etats-Unis se situent entre la lutte contre le terrorisme et la lutte contre l'extrémisme. Et dans ce sens, nous voyons que les extrémistes dans le centre ont profité des faiblesses.

Nous savons que la nécessité de sécuriser la région, ce n'est pas seulement une question militaire et de police, mais ausi une question des services de bases. C'est dans ce sens que, mieux nous pouvons aider les Maliens à fournir les services d'éducation et de santé, moins les extrémistes peuvent provoquer les populations.

Estimez-vous que vous faites assez pour résoudre la crise ?

D.B.H: Je pense que nous faisons notre maximum, mais le fait qu'il y a toujours une crise veut dire que, soit nous, soit les Maliens, soit les autres partenaires, nous n'en avons pas encore suffisamment fait, parce qu'il y a toujours la crise. Cela dit, pendant ces derniers mois, nous devrons saluer les activités du gouvernement au centre du pays. Il y a eu renforcement de la présence sécuritaire, les deux visites du Premier ministre ont été bien notées, avec tous nos contacts dans le centre.

Ils ont bien apprécié les visites du gouvernemente parce que cela a montré vraiment les actions du gouvernement pour le centre. Il y a aussi le fait que le Premier ministre n'a seulement parlé avec la police et les militaires, mais avec toutes les communautés pour voir quels sont les problèmes à la base.

Nous allons aider le gouvernement dans ce sens.

Est ce que le gouvernement fait assez pour mettre fin à la crise au centre ?

D.B.H: Je dirai que, pendant les deux derniers mois, j'ai vu de vrais efforts, même si je vois que les ressources - sur le plan sécurité, l'équipement et la formation, la capacité de maintenir les troupes dans la région - sont limitées. On voit que c'est la moitié des forces combattantes qui sont au centre.

Le gouvernement a vraiment tenu son engagement. Ce n'est pas suffisant. Nous voyons une fenêtre d'opportunités dans la région. Mais je suis sûr que maintenant, c'est la saison des pluies, et quand la pluie va s'arrêter, je suis presque que sûr que la Katiba du Macina va lancer des attaques. Il va essayer de détruire le progrès accompli.

Nous espérons que les actions du gouvernement, avec notre appui, vont renforcer la capacité des communautés à faire face. Je sais que c'est calme dans la région, mais je suis au courant qu'il y a des personnes qui meurent chaque jour à cause de la violence.

Il y a des gens qui veulent manipuler leur communauté. Je vois que ce ne sont pas seulement les terroristes. Il y a les trafiquants de drogue, il y a des trafiquants de cigarettes, ils ne veulent pas la stabilité dans la région. Ils sont au Nord et au centre. Ils veulent l'instabilité pour faire leurs affaires.

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La contestation malienne lève le préalable d'une démission du président IBK

Rassemblement de plusieurs dizaines de milliers de personnes à Bamako réclamant le départ du président Ibrahim Boubacar Keïta, le 19 juin 2020.

Le mouvement de contestation contre le président malien a indiqué mercredi ne plus faire de la démission de ce dernier un préalable à un dialogue avec le pouvoir pour sortir d'une crise politique qui alarme la communauté internationale.

Le mouvement dit du 5 juin a persisté à dire que le président Ibrahim Boubacar Keïta devrait quitter le pouvoir. Mais il a affirmé son "esprit d'ouverture au dialogue", et la démission du chef de l'Etat ne figure pas dans une liste d'exigences communiquée lors d'une conférence de presse.

En tête de ces exigences figurent la dissolution du Parlement et la formation d'un gouvernement de transition dont le mouvement désignerait le Premier ministre.

A défaut, le mouvement "se réserve le droit légitime à la désobéissance civile", mais pacifique, et appellera à une nouvelle manifestation le 10 juillet, a dit aux journalistes l'un de ses leaders, Choguel Maïga.

La contestation à laquelle fait face Ibrahim Boubacar Keïta, président depuis 2013, préoccupe les alliés du Mali, inquiets de son potentiel déstabilisateur dans un pays confronté au jihadisme et à une série de défis majeurs, dans une région elle-même tourmentée.

Cinq pays du Sahel et la France réunis mardi en sommet en Mauritanie ont exprimé cette préoccupation dans leur communiqué final, et appelé au dialogue. Le président français Emmanuel Macron, dont le pays engage plus de 5.000 soldats au Mali et dans la région contre le jihadisme, avait affirmé "l'urgence de mettre en oeuvre rapidement les mesures visant à apaiser le climat politique".

Une coalition hétéroclite composée de responsables religieux et des personnalités de la société civile comme du monde politique a fait descendre dans les rues de la capitale Bamako des dizaines de milliers de personnes à deux reprises en juin, avec la démission du président parmi les revendications.

Une démission autre que forcée paraît inenvisageable à ce stade. Cette exigence passait pour un obstacle majeur à un dialogue.

Des chefs d’Etat du G5 Sahel se réunissent avec Macron

Des chefs d’Etat du G5 Sahel se réunissent avec Macron
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La France et ses alliés sahéliens tiennent sommet contre les jihadistes

Le président mauritanien Mohamed Ould Ghazouani à son arrivée à l'aéroport de Ouagadougou, le 13 septembre 2019, à la veille du début du sommet du G5 en Afrique de l'Ouest. (Photo par ISSOUF SANOGO / AFP)

Les présidents de cinq pays du Sahel et de la France sont arrivés mardi à Nouakchott pour faire le point sur leur combat contre les jihadistes six mois après avoir décidé d'intensifier l'effort commun pour reconquérir le terrain perdu dans la région.

L'hôte mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani et ses homologues burkinabè, malien, nigérien, tchadien et français tiennent sommet six mois après s'être réunis à Pau (sud-ouest de la France) sous la pression d'une série de revers des armées de la région face aux jihadistes, de la mort de 13 soldats français et de remises en question de l'intervention française.

Ils se retrouvent dans le contexte inédit de la pandémie qui a longtemps fait douter de leur présence physique à cette réunion d'un jour. Malgré les masques et la profusion de précautions sanitaires, le climat est annoncé moins tendu que six mois plus tôt.

Emmanuel Macron, à son atterrissage pour son premier déplacement hors d'Europe depuis le début de l'épidémie, a déclaré que la France et ses alliés avaient "durant ces six derniers mois connu de vrais succès dans la lutte contre le terrorisme avec la neutralisation de chefs redoutés". Il a salué une "montée en gamme de l'intervention des armées sahéliennes".

Le sommet visera à "consolider (les) acquis", a-t-il dit, tout en affirmant la nécessité de "faire davantage en matière de retour de l'Etat", en particulier "au Mali, au Burkina, dans un contexte - on le sait - très compliqué".

Sahéliens et Français revendiquent les lourdes pertes infligées aux jihadistes en 2020 et la forte baisse des leurs.

Les experts, toutefois, continuent à dresser un sombre tableau. Chacun conserve à l'esprit la précarité de la situation et des gains réalisés, qui peuvent être annihilés en l'absence de progrès sur des fronts autres que militaire, comme la reconstruction civile ou la réconciliation.

De telles avancées sont jugées indispensables pour sortir la sous-région de la spirale des violences commencée en 2012 dans le nord du Mali.

Nouakchott est présenté, côté français, comme l'occasion de préparer l'avenir sur la lancée de Pau et de poursuivre l'effort consistant à associer à la lutte le plus grand nombre de partenaires, en particulier européens, par exemple au sein de Takuba, un groupement de forces spéciales censées accompagner les Maliens au combat.

Les chefs d'Etat du G5 Sahel, M. Macron, et des représentants d'organisations internationales (Union africaine, Francophonie, ONU, Union européenne) s'entretiendront d'abord à huis clos.

- "Gouvernement complaisant" -

Motif de satisfaction pour la France, la réunion sera ensuite élargie aux chefs de gouvernement allemand, espagnol et italien, par visioconférence pour la plupart.

A Pau, les présidents s'étaient entendus pour resserrer les rangs et de concentrer leur action contre l'organisation Etat islamique dans la "zone des trois frontières" (Mali, Burkina, Niger) sous un commandement conjoint de la force française Barkhane et de la Force antijihadiste du G5 Sahel.

Depuis, la France a augmenté les effectifs de Barkhane de 500 militaires pour les porter à 5.100. Elle et ses partenaires ont multiplié les offensives dans la zone des trois frontières, revendiquant la "neutralisation" de centaines de jihadistes.

Autre succès enregistré: dans le nord du Mali, où les forces spéciales françaises, aiguillées par un drone américain, ont tué le chef d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), l'Algérien Abdelmalek Droukdal.

Ces succès n'empêchent pas les groupes jihadistes d'étendre leur emprise au Burkina, qui s'enfonce dangereusement. Au Burkina, au Mali, au Niger, les accusations d'exactions contre les civils se multiplient contre les armées nationales.

La communauté internationale suit aussi avec préoccupation les évolutions politiques.

Au Burkina, des zones entières menacent d'être privées à la fin de l'année du scrutin présidentiel, qui risque donc d'être contesté. On élira aussi un nouveau président au Niger en 2020. Quant au Mali, son président est confronté à une contestation intérieure dont l'issue inquiète ses voisins ouest-africains et ses alliés.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a renouvelé lundi pour un an la mission de plus de 13.000 Casques bleus au Mali.

Le vote a été l'occasion pour les Etats-Unis de dire que "la sécurité continue à se détériorer au Mali où les groupes terroristes étendent leur territoire, alimentent les conflits intercommunautaires et tuent qui bon leur semble". Ils s'en sont aussi pris à un "gouvernement complaisant".

Le mandat des Casques bleus au Mali renouvelé à effectifs constants

Les soldats canadiens des Nations Unies s'apprêtent à quitter une base à Gao le 1er août 2018.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a renouvelé lundi pour un an la mission des Casques bleus au Mali, sans modifier leurs effectifs et sur fond de contestation croissante à Bamako à l'égard du président Ibrahim Boubacar Keïta, selon des diplomates.

Alors que des divergences d'appréciation sur l'adéquation de la mission au défi sécuritaire opposaient ces derniers mois les Etats-Unis à la France, la résolution rédigée par Paris sur la prolongation jusqu'au 30 juin 2021 de la mission a été adoptée à l'unanimité des 15 membres du Conseil.

Elle prévoit que les effectifs de l'opération Minusma pourront continuer à aller jusqu'à 13.289 militaires et 1.920 policiers. Le coût annuel de la mission est d'1,189 milliard de dollars.

Sur l'insistance de Washington, premier contributeur financier à l'ONU, la résolution demande au secrétaire général de l'Organisation, Antonio Guterres, "de développer une feuille de route à long terme" à remettre fin mars 2021 détaillant "les conditions" qui permettraient "d'ouvrir la voie à une possible stratégie de sortie pour la mission".

A la mi-juin, les Etats-Unis avaient demandé le début d'une planification de retrait progressif de la Minusma mais, selon plusieurs diplomates, cette demande a été jugée "prématurée" par les partenaires de Washington au vu de la situation sur le terrain.

La résolution "exhorte" le gouvernement malien et les groupes armés signataires de l'Accord de paix de 2015 du Mali à "continuer d'accélérer (sa) mise en oeuvre" avec des "mesures irréversibles à prendre de manière urgente".

Le Conseil de sécurité veut notamment voir des progrès dans le domaine du désarmement et de la réintégration d'ex-membres de groupes armés, une réforme constitutionnelle et le développement du nord du pays.

Il réclame aussi "le rétablissement d'une présence étatique et d'autorités dans le centre du Mali" avec des forces de sécurité et la traduction devant la justice des auteurs des massacres commis dans cette région en 2019 et 2020. La résolution fixe pour la première fois des critères qui permettront d'évaluer les progrès dans cette zone.

Selon l'ONU, les violences dans le centre du Mali, visé par des attaques jihadistes et théâtre de conflits inter-communautaires et d'abus commis par des forces de sécurité, ont entraîné la mort de près de 600 personnes depuis janvier.

En dépit de la présence militaire de la Minusma, de forces françaises et africaines, huit ans après le début d'insurrections indépendantistes et jihadistes dans le nord en 2012, les attaques des groupes liés à Al-Qaïda et au groupe Etat islamique se sont développées dans le centre du Mali et se sont aussi étendues aux pays voisins.

Le parti du chef de l'opposition malienne enlevé presse le président IBK de s'expliquer

La direction politique de l'URD et le collectif face à la presse sur l'enlèvement de a libération de Soumaïla Cissé. (Kassim Traoré /VOA)

Le parti du chef de l'opposition parlementaire malienne, enlevé il y a près de 100 jours, a pressé lundi le président malien Ibrahim Boubacar Keïta de s'expliquer sur le sort de son leader.

Soumaïla Cissé, deuxième à trois reprises d'élections présidentielles, a été kidnappé le 25 mars, alors qu'il était en campagne pour les législatives dans la région de Tombouctou, dans le Nord-Ouest du pays en guerre.

A défaut de preuve formelle et de revendication, les soupçons pèsent sur le groupe jihadiste d'Amadou Koufa, affilié à Al-Qaïda.

Le parti de M. Cissé, l'Union pour la République et la démocratie (URD), a interpellé le chef de l'Etat lors d'une conférence de presse organisée alors que les rumeurs d'une libération ont proliféré récemment.

L'URD a rappelé des propos tenus par le président Keïta le 16 juin et selon lesquels M. Cissé était en vie et serait "bientôt" libre.

Ce "+bientôt", c'est quand, Monsieur le président?", demande l'URD dans une déclaration lue devant la presse, où elle souligne l'espoir suscité par les propos présidentiels et le temps écoulé depuis.

"Si le président a des nouvelles du genre concernant la situation de Soumaïla Cissé, il devrait informer sa famille au lieu de faire des annonces pareilles", a déclaré aux journalistes Abdrahamane Diarra, président du mouvement des jeunes du parti, au côté d'autres responsables de l'URD.

L'URD a mis en cause la responsabilité du pouvoir qui avait décidé de maintenir les législatives, malgré la situation sécuritaire dégradée, à laquelle était venue s'ajouter l'apparition du Covid-19. M. Cissé avait fait "confiance aux assurances données par les autorités", a dit le parti.

L'incapacité à obtenir la libération de Soumaïla Cissé est l'un des griefs de la contestation à laquelle le président malien est confronté depuis les législatives et qui inquiète ses alliés étrangers.

Le sort de M. Cissé figurait parmi les préoccupations de dizaines de milliers de manifestants qui sont descendus dans la rue à deux reprises en juin pour réclamer la démission du président, avec la persistance de la violence, le marasme économique et le soupçon de corruption systémique.

L'URD appelle à un rassemblement jeudi pour la libération de M. Cissé.

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