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La justice nigériane confisque de nouvelles propriétés de l'ex-ministre du Pétrole


L'ex-ministre nigériane du Pétrole Diezani Alison-Madueke à Houston, 4 mars 2014

La justice nigériane a ordonné mardi la confiscation à titre provisoire de quatre propriétés appartenant à l'ex-ministre du Pétrole d'une valeur de 7 millions de dollars, que les juges soupçonnent de provenir de détournements massifs de fonds publics.

La décision de la Haute cour fédérale de Lagos concerne des habitations dans plusieurs villes du pays, appartenant à Diezani Alison-Madueke, cible de nombreuses enquêtes et saisies de propriétés ordonnées par la Commission des crimes économiques et financiers (EFCC).

L'EFCC a argué devant le juge que Mme Alison-Madueke et son cousin, Donald Chidi Amamgbo, avaient acheté ces immeubles grâce à des sociétés écrans.

Pendant des perquisitions au domicile de M. Amamgbo, les enquêteurs ont trouvé des documents prouvant qu'il était le propriétaire de 18 sociétés et propriétés en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis et au Nigeria.

Dans son témoignage devant les enquêteurs, M. Amamgbo a assuré qu'il avait enregistré ces sociétés écrans pour acheter les résidences de l'ancienne ministre. Son témoignage a été lu, mardi, devant la Haute cour.

Il a également révélé qu'Alison-Madueke lui avait versé un prêt immobilier d'environ 2,8 millions d'euros en liquide.

Ce procès fait partie d'une série d'affaires portées devant la justice par l'EFCC et impliquant Mme Alison-Madueke, qui a été ministre du Pétrole sous l'ancien président Goodluck Jonathan de 2010 à 2015 et présidente de l'Opep.

Début août, la justice nigériane avait déjà saisi l'un de ses immeubles de Lagos, dans le quartier huppé de Banana Island, d'une valeur d'environ 37,5 millions de dollars.

Mme Alison-Madueke est actuellement en liberté sous caution à Londres après avoir été arrêtée dans le cadre d'une autre enquête britannique sur un vaste scandale de corruption internationale et de blanchiment d'argent.

Son nom a également été cité dans une plainte pour corruption visant deux hommes d'affaires nigérians aux Etats-Unis et dans une enquête en Italie concernant un contrat pétrolier de 1,3 milliard de dollars (1,1 milliard d'euros) avec les majors ENI et Shell.

Le président Muhammadu Buhari a été élu en 2015 sur la promesse de lutter contre la corruption endémique et l'impunité qui minent le Nigeria.

De nombreuses propriétés ont été saisies et des comptes en banque gelés, mais peu d'affaires ont abouti devant les tribunaux depuis deux ans.

Avec AFP

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