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La justice iranienne minimise la contestation du port du voile


Une Iranienne protestant contre le hijab obligatoire.

La remise en cause de l'obligation du port du voile par certaines femmes en Iran est "puérile", selon le procureur général, Mohammad Jafar Montazeri, qui minimise l'importance de cette contestation.

"Il s'agit d'une affaire insignifiante qui n'a rien de préoccupant", a déclaré M. Montazeri, cité par l'agence Isna après la publication inédite sur les réseaux sociaux de photos apparemment prises ces derniers jours à Téhéran et montrant une dizaine de femmes tête nue dans la rue, leur voile pendu au bout d'une perche en signe de défi.

Interrogé sur le cas d'une de ces jeunes femmes, aujourd'hui emprisonnée, M. Montazeri a répondu, selon Isna: "C'était une idée puérile sortie de la tête d'une jeune fille qui a enlevé son voile alors que d'autres mènent leurs activités quotidiennes sans faire d'histoires".

Les contestatrices ont suivi l'exemple d'une Iranienne arrêtée fin décembre après être montée tête nue sur une armoire électrique dans une artère animée de Téhéran en arborant son voile au bout d'une perche.

La jeune femme a été libérée après environ un mois de détention, selon l'avocate Nasrin Sotoudeh, figure de l'activisme en faveur des droits humains en Iran.

Me Sotoudeh a indiqué mardi que la justice avait fixé à près de 112.000 dollars la caution pour la libération d'une autre contestatrice arrêtée cette semaine, estimant que cela montrait "l'intention" des autorités de la maintenir en détention.

Selon Isna, M. Montazeri estime que les manifestantes solitaires avaient "agi par ignorance" et qu'"elles pourraient avoir été influencées à partir de l'étranger".

Dans une série de messages sur Twitter, Azar Mansouri, femme politique réformatrice mais arborant un style vestimentaire traditionaliste, a noté qu'au cours des dernières décennies, toutes les tentatives de contrôler la manière de s'habiller des femmes avaient échoué.

"Les femmes montrent leur opposition à toute approche contraignante précisément par leur façon de s'habiller", a-t-elle écrit.

Mercredi, deux photos diffusées sur Twitter ont montré des femmes en tchador semblant apporter un soutien aux contestatrices. L'une tenait un panonceau disant: "J'aime le voile islamique, mais je suis contre le voile islamique obligatoire."

La loi en vigueur en Iran depuis la Révolution islamique de 1979 impose aux femmes de sortir tête voilée et le corps couvert d'un vêtement ample plus ou moins long.

Le zèle de la police des mœurs à faire respecter cette loi a nettement diminué depuis l'élection, en 2013, du président Hassan Rohani, conservateur modéré, et de plus en plus de téhéranaises prennent des libertés en laissant apparaître nettement leur chevelure.

Avec AFP

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