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République du Congo

La justice française ordonne la vente aux enchères d'un avion du président congolais Denis Sassou Nguesso

Le 3 septembre 2019, le Président de la République du Congo, Denis Sassou Nguesso, arrive pour une visite au Palais de l'Elysée à Paris. (Photo AFP)

"Le jet privé du président Sassou Nguesso…va être vendu comme un vulgaire meuble", lit-on dans le quotidien français Le Point.

Selon le quotidien, un juge français a ordonné la vente aux enchères du jet pour rembourser des dettes dues à un homme d'affaires.

L'avion, un Falcon 7X selon Le Point, a une valeur estimée à entre 20 et 30 millions d'euros (plus de 19 milliards FCFA environ). Il a été saisi le 8 juin à Bordeaux, en France, où il devait subir des révisions.

L'affaire remonte à plus de 20 ans, lorsque l'homme d'affaires Mohsen Hojeij, originaire du Liban, a intenté un procès en France en affirmant que les autorités congolaises ne voulaient pas lui verser 1 milliard d’euros promis dans un contrat de marché public.

Au tribunal, les avocats représentant la République du Congo avaient fait valoir que la dette n'était pas valable, mais même si elle l'était, l'avion ne pourrait pas être saisi car il est une propriété officielle du gouvernement congolais, avec une immunité contre toute saisie.

Mais, selon Le Point, ces arguments n'étaient pas convaincants.

Le tribunal français a estimé que la dette était valide parce qu'elle avait déjà été confirmée avant même le procès par deux panels d’arbitration.

Le tribunal a également jugé que l'avion ne pouvait pas bénéficier de l'immunité de saisie parce que le président Sassou Nguesso l'utilise surtout pour ses voyages personnels, généralement entre Brazzaville, la capitale, et Oyo, sa ville natale.

Enfin, le tribunal a annoncé que depuis 2016, une loi française supprime l'immunité des biens des dignitaries étrangers dans des cas liés à la dette. Il s’agit de la "la loi Sapin 2", selon Le Point.

Totalisant plus de 30 ans à la tête de l'État congolais, le président Denis Sassou Nguesso, 76 ans, a été nommé dans plusieurs affaires dites de "biens mal acquis".

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La mort d'une jeune femme suscite indignation et colère dans la ville congolaise de Nkayi

Un homme tient un panneau pour demander justice, à Nkayi au Congo-Brazzaville, le 30 septembre 2020. (VOA/Arsène Séverin)

Le décès de Merveille Bazonzila, 23 ans, a suscité une grosse colère de la population de Nkayi, une cité sucrière située à environ 300 kilomètres dans le sud ouest de la République du Congo.

Selon les parents de la défunte et certains témoins, ce décès est survenu suite aux sévices subis dans un poste de gendarmerie.

La jeune femme, souffrante d’une épilepsie chronique, avait été interpellée par la gendarmerie pour n'avoir pas porté de masque facial. Elle a été tabassée sur place avant d’être embarquée dans un véhicule.

Selon un co-détenu, Merveille Bazonzela, 23 ans, a été libérée dans la nuit, alors qu’elle commençait à agoniser.

"Le matin, on a appris qu’elle était décédée dans sa chambre. Nous avons tout de suite pensé que c’était suite aux sévices subis à la gendarmerie", témoigne un voisin.

Le corps sans vie de la jeune femme a été transporté à la gendarmerie.

"Nous avons fait le désordre : on a cassé les fenêtres et les véhicules des gendarmes, avant de se rendre au marché pour semer le même trouble. Nous étions vraiment fâchés", ajoute-t-il.

Ce décès a ensuite enflammé les réseaux sociaux, chacun allant de son interprétation. La famille de la jeune femme a démenti les rumeurs selon lesquelles Merveille Bazonzila était enceinte et sourde.

Affaire Merveille Bazonzila: journée sans masque anti-Covid à Nkayi
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Pour apaiser la situation, le maire de Nkayi, Gaston Mampassi, s’est rendu à la gendarmerie où se trouvait encore le corps de la défunte.

"La situation a été trouble, et il n’était pas facile de maîtriser cette foule", relate le maire. "On peut dire que la situation est revenue au calme", assure Gaston Mampassi.

La justice a aussitôt ouvert une enquête.

Une délégation de l’Observatoire congolais des droits de l’Homme (OCDH) arrivée sur les lieux, appelle à accélérer cette procédure.

"Que la justice fasse un effort d’identifier les auteurs de ce crime, et qu’ils répondent de leurs actes devant la justice. Les relever de leurs fonctions ne suffit pas, ils doivent être jugés", plaide Monica Ngalula, responsable juridique de l’OCDH.

Affaire Merveille Bazonzila: journée sans masque anti-Covid à Nkayi

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Levée du couvre-feu: "on a plus de temps pour travailler"

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Les Congolais demandent la levée du couvre-feu à Pointe-Noire et à Brazzaville

Couvre-feu à Brazzaville dès 20 heures, ici hôpital Makelekele, le 21 septembre 2020. (VOA/Arsène Séverin).

Les populations appellent les autorités à alléger voire supprimer le couvre-feu de 20 heures à 5 heures du matin, instauré depuis six mois dans le cadre de la lutte contre la pandémie de covid-19. Les populations estiment que cette mesure les empêche d'exercer leurs occupations quotidiennes.

Dans les quartiers de Brazzaville et de Pointe-Noire, les populations demandent simplement la levée de cette mesure.

L’activiste Charlin Kinouani arbore un tee-shirt qui dénonce la pratique du couvre-feu dès 20h. "Là j’ai lancé une action citoyenne qui s’appelle ‘image expressive’. Elle vise principalement la levée du couvre-feu", affirme-t-il, insistant que le couvre-feu constituait "un poison pour les libertés individuelles et collectives".

Pour l’universitaire et acteur politique Vivien Manangou, le couvre-feu n’a plus sa raison d’être. "Vous voyez déjà que lorsque vous allez dans les rues, les populations n’en peuvent plus. Donc aujourd’hui, le couvre-feu à 20 heures à Brazzaville et à Pointe-Noire ne se justifie plus ni sur le plan économique, ni sur le plan scientifique, ni sur le plan social", dénonce-t-il.

D’autres citoyens se plaignent du poids du couvre-feu dans la réalisation de leurs occupations quotidiennes. Nombreux témoignent de leur mésaventure pendant la période de couvre-feu.

"Je suis arrivé à un poste de la gendarmerie, on nous a demandés soit de repartir d’où on vient soit de se constituer prisonniers. Nous sommes une vingtaine avec des mamans qui pleuraient qui voulaient vite rentrer pour aller faire la cuisine pour leurs enfants", témoigne Chansard Ziavoula.

"Le transport devient difficile, parce qu’il n’y a plus de bus. Il faut débourser plus pour un taxi", déplore Mavanga.

Le Congo est sous état d’urgence sanitaire, renforcé par un couvre-feu depuis le mois d’avril.

A Brazzaville et à Pointe-Noire, le couvre-feu commence dès 20h, donnant l’aspect de villes fantômes.

Des ONG locales dénoncent l’atteinte des libertés fondamentales. Le défenseur des droits de l’Homme Joe Washington Ebina affirme que le couvre-feu asphyxie les populations.

"Les marchés de Fond Tié-Tié à Pointe-Noire, de Dragages, de Ta Nkeoua, de Ta Ngoma à Brazzaville, qui font vivre beaucoup de familles. Mais cette activité est bloquée. Le couvre-feu n’est plus adapté par rapport à la situation", déplore M. Ebina qui souligne également "la panique" qui s’en suit dès qu’il est 19h, car chacun voudrait très rapidement rentrer chez soi.

Pour le moment, les autorités n’ont pas encore réagi.

La semaine prochaine, la coordination nationale de gestion de la pandémie à Covid-19 devrait se réunir, et une réponse pourrait certainement être apportée aux nombreuses et insistantes plaintes des Congolais.

Les Brazzavillois appellent les autorités à supprimer le couvre-feu

Les Brazzavillois appellent les autorités à supprimer le couvre-feu
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