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La justice estime qu'un salarié ne peut être licencié pour une chanson anti-apartheid en Afrique du Sud


Des membres du Syndicat national des ouvriers métallurgistes d'Afrique du Sud (Numsa) manifestent dans les rues de Durban, le 1er juillet 2014.

La Cour constitutionnelle sud-africaine a annulé le licenciement de neuf salariés par une entreprise locale sous le seul prétexte qu'ils avaient repris un chant de la lutte anti-apartheid à connotation raciale pendant une grève.

Lors d'un arrêt de travail, ces employés en colère de la société privée de collecte de déchets Duncanmec avaient entamé la chanson "Monte sur le toit et crie que ma mère se réjouit qu'on frappe les Boers", les descendants des colons hollandais.

La direction de l'entreprise avait expliqué à la Cour les avoir renvoyés au motif que la chanson constituait une attaque raciste et discriminatoire envers ses représentants et qu'elle n'avait pas sa place sur le lieu de travail.

Au nom des salariés licenciés, le syndicat Numsa avait pour sa part jugé "ridicule" cet argument et jugé normal que des salariés en grève "chantent des chansons de la lutte (anti-apartheid) pour s'encourager".

La plus haute instance juridique sud-africaine leur a donné raison en estimant, dans son arrêt rendu jeudi, que le terme "boer" utilisé par les grévistes était "inapproprié" mais qu'il ne pouvait être considéré comme "raciste et offensant".

Près d'un quart de siècle après la fin officielle de l'apartheid, les chansons de la lutte contre le régime blanc raciste sont toujours régulièrement chantées lors de manifestations, de grèves mais aussi d'événements plus intimes comme des funérailles.

En 2011, Julius Malema, leader du parti de gauche radicale des Combattants pour la liberté économique (EFF), avait été condamné pour incitation à la haine raciale pour sa reprise de la chanson "Tuez le Boer", vieil hymne de la lutte anti-apartheid.

Avec AFP

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